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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 11:04

Another Country (Un autre pays) James BaldwinPrincess Erika Feuilleton littéraire www.legrigriinternati

 

Rufus Scott « hurlait de son instrument la musique de ses vingt ans ». Il s’est jeté dans l’eau  noire et glacée du fleuve. « Un nègre, disait son père, vit toute son existence sur un rythme, il meurt sur ce rythme, il baise sur ce rythme. » Ida Scott cherche son frère. Et se présente chez Cass et Richard Silenski, romancier qui déçoit sa femme. Elle sait qu’il ne sera jamais un grand écrivain contrairement à Vivaldo dont il est jaloux. Tous les trois l’ont vu la veille de sa mort pour fêter la signature du roman de Richard. Eric, exilé en France depuis deux ans, est acteur et vit avec Yves. Il rentre au pays pour un rôle. Lui aussi est un ami de Rufus ou plutôt, « Rufus avait osé le connaître ». Ellis est un producteur de télévision, il veut adapter le dernier roman de Richard. Il veut aussi aider Ida qui se lance dans la chanson et à la recherche du malheur qui poursuivait son frère. Comment personne n’a pu soulager sa solitude ? Après ses turpitudes avec Leona (ils se battaient sans cesse), devenue épave, internée (elle se baladait nue dans les rues en cherchant son bébé), puis renvoyée dans son Sud natal, Rufus avait disparu des semaines. En ce temps-là, Vivaldo traînait avec Jane, plus âgée, toujours saoule, elle lui occupait trop l’esprit et le corps pour qu’il se rende compte de quelque chose. « L’amour est un domaine dont il ignorait absolument tout »  jusqu’à ce qu’il retrouve Ida. Elle n’a jamais aimé de Blanc. Elle l’apostrophe souvent : « Vous autres, vous ne saviez rien de Rufus ». Pourtant « il a subi les mêmes souffrances, absolument les mêmes. »

Vivaldo n’aime pas le dernier roman de Richard. C’était son maître au début, puis Richard est devenu un « individu de second ordre ». Cass sait qu’il a toujours été ainsi, c’est elle qui l’a forgé à son goût. Richard a vendu son roman pour être une épaule pour Cass… Depuis son retour, elle couche avec Eric. Qui couchera avec Vivaldo à l’occasion… Avant, quand  Vivaldo traînait à Harlem, c’était pour « déposer son fardeau et donner de l’argent ». Maintenant qu’Ida et lui sont amants, « comment vivre avec elle, comment vivre sans elle ? » Ida maudit souvent Leona, « cette salope de blanche qui vit encore alors que son frère est mort ». Elle n’en veut pas à Vivaldo d’être blanc, elle lui explique juste qu’il ne saura jamais ce que signifie être noir. C’est parce qu’elle est noire qu’elle comprend mieux que quiconque  ce qui est arrivé à son frère. Elle aurait pu le prédire même en étant à des kilomètres. « Jamais les garçons ne voyaient Eric comme lui les voyaient tous ».  Yves lui rappelle Rufus. Une candeur maltraitée. Yves le rejoindra plus tard, il l’a expliqué à Cass dès la première fois. Ils n’ont pas d’avenir ensemble de toute façon. Elle veut juste aimer un homme qu’elle admire. Elle admirait Richard auparavant…C’est ce qu’elle dira en lui avouant le tromper avec Eric. Eric… Lui qui craignait Vivaldo… Ida est la maîtresse d’Ellis, elle pensait pouvoir gérer deux amants blancs à la fois. Mais pas tomber amoureuse de celui qui ne sert à rien, celui qui n’a pas empêché la mort de son frère…

Dans Un autre pays, tout est complexe, douloureux et rédempteur au même moment. James Baldwin n’est pas un écrivain noir homosexuel. Ses héros sont fragiles, torturés, avec un appétit de vivre qui les dévore et les tue parfois. Ils se touchent, se rencontrent, s’interrogent, s’abandonnent et Baldwin sait comment l’écrire à m’en faire couler des larmes. Ida c’est moi, Eric c’est moi, Rufus c’est moi, Cass c’est moi. James c’est moi.

Texte – Princess Erika

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