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Le Gri-Gri International           Satirique africain francophone

Né au Gabon en 2001

Côte d’Ivoire : la démocratie version Françafrique - Entretien avec Grégory Protche - Michelcollon.info

Publié le 27 Juin 2012 par www.michelcollon.info www.legrigriinternational.com in Côte d'Ivoire - Élections 2010

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Avec l'aide de Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara a pris la présidence ivoirienne

Novembre 2010. Au terme du second tour des élections présidentielles qui opposait Laurent Gabgbo à Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire plonge dans le chaos. Avec l’aide la France et des Nations unies, c’est finalement l’opposant au président sortant qui prend les rennes du pays. Faut-il toutefois parler d’élections ou de coup d’Etat ? La paix est-elle revenue en Côte d’Ivoire maintenant que le pays n’est plus dans l’œil du cyclone médiatique ? Gbagbo pourrait-il être jugé devant la CPI ? Quel rapport entre la crise ivoirienne, la guerre en Libye et la partition du Mali ? Nous avons posé ces questions à Grégory Protche, spécialiste de la Côte d’Ivoire et auteur d’un livre salutaire : « On a gagné les élections mais on a perdu la guerre ». Dans son célèbre discours à Cotonou, Sarkozy avait promis de bâtir une relation nouvelle avec l’Afrique et de ne pas collaborer avec les gouvernements corrompus. Paris tenu ?


D’après la version officielle, Gbagbo, en bon dictateur et en mauvais perdant, a refusé de reconnaitre sa défaite aux élections. Finalement, grâce à un petit coup de pouce de la France, la démocratie a pu triompher en Côte d’Ivoire et Ouattara est devenu président. Mais vous contestez la légitimité de ces élections. Pourquoi ?

Tout d’abord, parce que l’élection de Ouattara ne s’est pas imposée au terme d’un processus démocratique mais par la force. En Côte d’Ivoire, la crise électorale n’a pas pu être résolue par un procédé très courant et employé il y a peu en Haïti et en 2000 aux USA : le recompte des voix. Ce recompte, Laurent Gbagbo l’avait proposé à plusieurs reprises dès décembre 2010. Mais le camp Ouattara s’y est opposé à chaque fois. Et le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a eu une réaction étonnante en déclarant que recompter les voix serait une injustice. Cette rigidité de l’ONU, inqualifiable et inexplicable, est responsable en grande partie de milliers de morts.

Vous dites aussi que ce scrutin a été forcé. Pourquoi Laurent Gbagbo ne voulait-il pas organiser les élections alors que son mandat avait officiellement pris fin en 2005 ? Depuis 2002, Laurent Gbagbo et l’Etat ivoirien ne contrôlaient plus que 40% du territoire national. Le reste du pays était aux mains d’une rébellion sponsorisée par la France et le Burkina Faso, le petit Etat africain servant en quelque sorte de courroie de transmission. Petit État africain qu'on retrouve, étonnamment présent, aux premières loges de la crise malienne aujourd'hui...

Or, pour organiser les élections, il fallait que les rebelles soient désarmés. Cette condition avait été fixée dans les accords d’Accra et de Ouagadougou entre les rebelles et Laurent Gbagbo. Les soldats rebelles devaient réintégrer l’armée régulière ivoirienne ou la société civile. Ca n’a jamais été fait, en dépit des engagements pris par la France et la Nations unies.

Lire la suite de l'entretien réalisé par Grégoire Lalieu ici

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