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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 16:50
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Omaro « Bombino » Moctar est un jeune guitariste chanteur touareg , natif de la région d’Agadez dans le Nord du Niger, passage sur les routes des grandes caravanes de chameaux entre l’Afrique du Nord et de l’Afrique Occidentale, entre le Sahara et  la Méditerranée.
Pour mieux comprendre sa musique il est intéressant de se pencher sur son parcours.
En 1990 ; quand éclate la révolte touareg il  suit sa famille qui s’exile en Algérie, et commence la guitare en autodidacte, reprenant les chants rebelles touaregs.
En 1993, retour à Agadez, où il se perfectionne aux cotés de Haja Bebe, guitariste du parti touareg et joue dans son groupe. C’est là qu’il hérite du surnom de Bombino, dérivé de l’italien bambino, en raison de son jeune âge. Musicien professionnel dés 15 ans il joue à l’occasion des fêtes et des meetings politiques ; il voyagera encore, en Algerie, en Lybie, découvrira les héros de la guitare rock, Hendrix en tête, avant de retourner chez lui.

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En 2006 les choses s’accélèrent, lors d’une tournée en Amérique organisée par une ONG il a la chance d’enregistrer « Hey negrita » des Stones avec Charlie Watts et Keith Richards (pour l’album World Stone: The Rolling Stones Project Volume 2) , il sert aussi de guide à l’actrice Angelina Jolie en visite au Niger.
Mais arrive la seconde rébellion touareg dans laquelle il s’engage, 2 de ses musiciens sont d’ailleurs exécutés et il se réfugie au Burkina Faso, nouveau coup de pouce du destin il  rencontre le cinéaste Ron Wyman qui tourne un doc sur les touaregs (« Agadez, la musique et la rébellion ») et qui séduit par sa musique l’emmène enregistrer dans son studio du Massachusetts. C’est là que naîtra l’album Agadez, son premier album à sortir de ses frontières . La paix revenue, Bombino rentre chez lui en 2010 où il terminera l’album.

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On le voit un parcours mouvementé, marqué par la guerre et la musique, par la défense de l’identité touareg, de sa langue et sa culture.
La musique de ce  fils du désert est un métissage de toutes ces influences : le blues originel du Mississippi, celui de John Lee Hooker ou Muddy Waters; celui plus fin de la côte Ouest et de T-Bone Walker ; les sons hallucinés que tirait de sa guitare Jimi Hendrix ; les maîtres africains, Ali Farka Touré en tête ; et bien sur les chants arabes et  berbères.
Guitariste subtil, il balance des riffs incisifs, secs, hypnotiques et poétiques, chaloupés comme le pas du chameau qui enveloppent son chant doux et envoûtant qui exprime la complainte d’un peuple.  On pense aux groupes touaregs, Tamikrest, Etran Finatawa ou aux pionniers de Tinariwen, à Amar Sundy et Roland Tchakounté aussi. Les instruments traditionnels comme le calabash  côtoient la guitare électrique comme un  symbole de ce melting pot culturel, de cette alchimie qui s’opère entre modernisme et savoir ancestral.
Que ce blues du désert est délicieux et rafraîchissant, sitôt le cd glissé dans le lecteur, c’est décollage immédiat, direction le Sahara, regardez au loin, une caravane passe, un chien aboie, le soleil tombe sur les dunes, une oasis se profile… mais n’est ce pas un mirage…



Texte - Rockin-JL from the Deblocnot

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