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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 12:15

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« Agir pour les libertés »

Depuis quelques semaines la Côte d’Ivoire est secouée de façon de plus en plus violente :
- nouveaux massacres dans l’Ouest, en particulier dans la région martyre de Duekoué,
- attaques « quasi-militaires » à Akouedo, Agboville, Dabou principalement,
- saccages du siège du FPI et du journal « Le Temps »,
- enlèvements arbitraires et arrestations extra-judiciaires.

Cette liste, non exhaustive, révèle cruellement l’engrenage infernal dans lequel le pays est en train de s’enfermer pour le malheur, d’abord, de tous les Ivoiriens et de toutes les Ivoiriennes qui viennent de traverser une décennie terrible.

Le Pouvoir mis en place le 11 avril 2011, dans les conditions que l’on sait, s’arc-boute sur son seul argument, dont il devrait savoir qu’il a fait long feu depuis longtemps, qui est d’accuser les « pro-Gbagbo », qu’ils soient « miliciens », « exilés en mal de Coup d’Etat », « ex-FDS » ou que sais-je encore, au gré de leur imagination fertile en la matière. Aveuglé par sa « bunkerisation » des esprits, ce Pouvoir ne peut concevoir que la lutte politique est d’abord celle des idées et du respect de l’autre. Toute la vie publique du président Gbagbo est guidée par ces valeurs et il est grand temps, dans l’intérêt du pays, de retrouver le vrai sens de ces valeurs et, dans le droit fil de son enseignement, d’« agir pour les Libertés ».

Agir pour les Libertés, c’est s’imposer à soi-même de respecter les règles élémentaires de la démocratie : idées politiques, croyances religieuses ou autres, bon usage du suffrage universel, en un mot, apprendre à vivre ensemble. Ce n’est pas livrer son pays à une minorité sans scrupules, agissant pour son propre intérêt et non pas le bien des citoyens et dont la seule réponse, en toute circonstance, est celle de la violence sous toutes ses formes.

Agir pour les Libertés, c’est libérer tous les prisonniers politiques, leur rendre la jouissance légitime de leurs biens et de l’exercice de leurs activités professionnelles. Ce n’est pas maintenir des centaines, sinon des milliers de personnes dans des enfermements précaires et douloureux, les priver, eux et leurs familles, des moyens de subsistance élémentaires.

Agir pour les Libertés, c’est donner à la jeunesse de son pays l’éducation nécessaire pour assurer son futur et celui de la nation. Ce n’est pas conduire, par une politique scandaleusement discriminatoire, le système éducatif à sa ruine et à celle de l’avenir de sa jeunesse.

Agir pour les Libertés, c’est préserver le tissu économique et social, en encourageant l’initiative personnelle et en assurant le bon équilibre entre les employeurs et les employés. Ce n’est pas accaparer les leviers de l’appareil productif au bénéfice de quelques uns, en particulier au mépris des règles de la bonne gouvernance.

Agir pour les Libertés, c’est développer de véritables Forces de Défense et de Sécurité, au service de tous les citoyens sur le plan intérieur et les protégeant des risques d’agression extérieure. Ce n’est pas laisser prospérer des groupes armés autonomes qui, sous le vernis craquelé de « FRCI », terrorisent les populations quand ils ne sont pas, entre eux, en conflit ouvert.

Agir pour les Libertés, enfin, c’est démontrer chaque jour sa volonté de travailler au bien être du pays et de ses habitants, en respectant la séparation des pouvoirs et favorisant l’harmonie nationale. Ce n’est pas s’ériger impunément « Grand Ordonnateur » de tout en foulant aux pieds le Bien Commun de tous, la Constitution, alors que l’on devrait en être le garant.

En fevrier 1992, dans Le Monde Diplomatique, Achille Mba « découvre » le livre de « la figure de proue de l’opposition ivoirienne (…) dont l’analyse se situe aux antipodes des lieux communs et de la vacuité habituelle des opposants africains. Son rêve est celui d’un pays démocratique offrant des perspectives sûres à sa jeunesse ». Cet homme c’est Laurent Gbagbo qui vient de publier Côte d’Ivoire : agir pour les Libertés dans lequel il écrit :
« Aujourd’hui plusieurs partis existent officiellement en Côte d’Ivoire. Et ce simple fait est en lui-même une révolution (…) Le combat est-il achevé ? Bien sur que non. Nous n’avons conquis que le multipartisme, il reste à conquérir la démocratie, le pouvoir d’Etat et démontrer notre capacité à gérer le pays ». Nous sommes en 1991. Dix ans plus tard, par le seul combat des idées et le suffrage universel, Laurent Gbagbo exercera le pouvoir d’Etat et mettra immédiatement en œuvre ses idées : budget sécurisé pour garantir la capacité de l’Etat à faire face à ses engagements, réconciliation nationale, après le Coup militaire de 1999, aboutissant à un gouvernement d’union, mise en place de l’école gratuite, projet d’Assurance Maladie Universelle (AMU), etc, etc…

C’est cet espoir d’une Côte d’Ivoire digne et prospère que les dirigeants d’aujourd’hui, auteurs du Coup d’Etat manqué de septembre 2002, mettront des années à détruire, avec l’aide obscure de certains dirigeants occidentaux dont l’Histoire devra déterminer les motivations réelles, pour finalement engager le pays dans la tourmente actuelle. Et le comble de l’indécence à été atteint quand Laurent Gbagbo, le seul et authentique dirigeant démocrate de l’Histoire de la Côte d’Ivoire à été transféré à la Cour Pénale Internationale.

Il est encore temps « d’agir pour les Libertés » en arrêtant cette spirale infernale et en replaçant le débat sur le terrain du Droit et des idées. La Côte d’Ivoire est multiethnique et pluriculturelle : c’est sa force et sa chance et le président Gbagbo l’avait bien compris. D’ailleurs les résultats électoraux de novembre 2010 le démontraient. Seul le vote en sa faveur montrait réellement un enracinement national, au-delà des clivages, si souvent stigmatisés, des votes « ethniques ou religieux ».

Il est encore temps « d’agir pour les Libertés » en invitant tous les partis politiques à la Réconciliation nationale, au sens de la reconnaissance de l’autre et du droit à la différence.

Il est encore temps « d’agir pour les Libertés » en libérant le président Laurent Gbagbo, sans lequel aucun acte de réconciliation et de renaissance ne pourra être posé en Côte d’Ivoire.
Ceux sont les Ivoiriens et les Ivoiriennes qui tiennent leur destin entre leurs mains. Cependant, compte tenu des circonstances de la crise, où des puissances étrangères se sont brutalement « invitées », celles-ci doivent, dès à présent, accepter de voir la réalité en face et de ne plus accorder leur confiance à des dirigeants irrespectueux des valeurs de base qui fondent les sociétés démocratiques et, a minima, ne pas entraver l’action de ceux qui peuvent ramener la concorde nationale dans le pays.

Le président Laurent Gbagbo à la CPI, c’est Nelson Mandela à Robben Island. Quand celui-ci, enfermé « à vie », écrivait sur les murs de sa cellule le poème Invictus :
 « …Je suis le maitre de mon destin,
      Je suis le capitaine de mon âme »,
qui pouvait, raisonnablement, imaginer qu’il présiderait, bien longtemps plus tard, l’Afrique du Sud ? L’Histoire n’attend pas, la Côte d’ivoire ne peut plus attendre, il faut « agir pour les Libertés ». Et vite !

Photo -

Texte - Bernard Houdin

Conseiller Spécial du président Gbagbo

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Published by Bernard Houdin www.legrigriinternational.com - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010
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