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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 05:02

7 jours loin du monde Reijasse épisode 10 www.legrigriinternational.com

Jérôme Reijasse n'a peut-être même pas 40 ans. Supporter du PSG, donc homme déçu. Écrivain (Parc). Journaliste chez Rock'n Folk. Traducteur pour les rockeurs à la télé. Lyrique. Exalté. Capable de trouver des raisons de vivre valables dans un groupe ou un artiste encore incontrôlé. Proposera chaque lundi désormais ses 7 Jours loin du monde aux lecteurs du Gri-Gri.
Lundi, je mange un croque-monsieur avec Orelsan. Enfin, lui commande une viande avec des légumes verts. Il fait très chaud, c'est insupportable. Avant de se quitter, il me conseille de lire un comics : Transmetropolitan, l'histoire d'un journaliste complètement baisé de la tête qui en fait des tonnes dans un futur pas si futur que ça. Ultra violent, hystérique, rigolo, j'adhère dès la première page. Je vais devenir accro, je le sais, je le sens. Les 3500 romans cultes que je me suis promis de lire avant le grand saut vont encore attendre. Tant pis. Tant mieux.
Mardi. Mon facteur, qui est un vrai connard, a déposé dans ma boîte un cd: la compilation de Bertrand Burgalat, Inédits (www.tricatel.com). Avec, sur la pochette, Burgalat adolescent, en gros plan. Bonne bouille, vraiment, le regard n'a pas changé. Burgalat, je l'aime bien, on l'aura compris. Même si je le connais finalement mal. Peu. On se croise, on s'encourage ici ou là. Si demain je claque, je ne sais pas s'il viendra à mon enterrement... Mais j'aimerais bien. Un départ de première. Classe... Lui au piano qui joue un truc, comme par exemple “Jalousies et Tomettes”, plage 20 du disque. Ou “Pour la Vie”, chanson d'à peine 20 secondes (commande publicitaire remontant à 1998), on dirait le Guitry de Bonne Chance. Ou encore “Arc en Ciel Rue d'Ulm”, une promenade sur des trottoirs de nuage, où Burgalat, sans voyelle ni consonne, chante comme un lutin. Ce disque, qu'on pourrait croire réservé aux fans hardcore, est au contraire peut-être LE disque idéal pour plonger dans l'univers de Burgalat. Collection de raretés, de démo, d'instrumentaux, de chansons comme tombées d'une planète encore vierge de toute saloperie, on se laisse agripper par des petites mélodies magiques, des rondeurs jamais obèses, des images colorées qui évoquent ce que l'on veut. Caro, à l'écoute, dit : “J'adore, on se croirait dans un de Funès !”. Elle a raison. Tout le monde a raison. Je l'ai déjà écrit plusieurs fois : la force principale de Burgalat, c'est cette capacité à réveiller chez les auditeurs leurs propres envies, leurs propres influences. Un disque qui me fait dire qu'avant le 21 décembre 2012, date officielle de la fin du monde, j'aimerais bien écrire une comédie musicale avec Burgalat. Un truc un peu dingue, joli, à l'ambition solitaire. Je rêve, je vis donc encore ! Alléluia !
Mercredi. J'envoie un mail à Orelsan pour le remercier de m'avoir fait découvrir Transmetropolitan. Il répond un truc du genre : “C'est bien la première fois que quelqu'un m'écoute quand je lui dis de lire un truc...”
Jeudi. Je regarde le dernier film de Pierre Carles, Fin de Concession. La version intégrale de 128 minutes... Quelque part, j'admire sa tenacité, à Carles. Tout ce travail depuis tant d'années pour... Rien. Les médias sont corrompus, à la solde de, lâches, etc... Et après ? Ils sont là, riches, intouchables. Là où le film devient vraiment bien, c'est quand Carles s'interroge sur son propre rôle, sa propre façon d'appréhender les choses. On flirte alors avec quelque chose de plutôt intense et de rare en télé, pour le coup...
Vendredi. Je reste chez moi et j'avale sans mâcher le tome 2 de Transmetropolitan. IL ME FAUT LE TOME 3 !!! Viiiiiiiiiiiiiiite !
Samedi. Je vais à pied avec Caro chez Delphine et Mohamed dans le treizième. Delphine est une amie d'enfance. Mohamed son homme. On déguste un succulent risotto aux champignons, une limonade comme avant et une tonne de gateaux, européens et maghrébins. On est bien. On parle, on rit, on existe sans effort. J'aime ce genre d'instants, quand la simplicité l'emporte sur les petits calculs de merde. Mohamed m'apprend un mot que j'adore sur le champ : “kholoto” (prononcer roloto). Qui signifie fumiste, branleur. NOUS SOMMES TOUS DES KHOLOTOS ! Moi surtout...
Dimanche. Djokovic bat Nadal en finale de Wimbledon et ça me va très bien comme ça.

Photo & texte - Jérôme Reijasse

Bonus :


 

Bonus 2 :

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