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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 16:13

Le réalisateur Takeshi Kitano est de retour avec un vrai film : Achille et la Tortue, pour nous parler cette fois d’un peintre obsessionnellement peu doué. L’occasion pour un cinéma du quartier latin de consacrer une rétrospective et pour le Gri-Gri de parler d’un de ses films les plus réussis : Kids Return. Tourné il y a près de quinze ans, ce film nous plonge dans une classe de dernière année de lycée. Dans cette classe, deux copains turbulents, deux artistes, une victime et beaucoup de parasites. Il est temps pour tous de trouver sa voie : ce sera la boxe et la mafia pour les deux anti-héros renvoyés de l’école, le dur travail dans une PME en crise pour la victime, la scène pour les deux artistes et le vide pour tous les autres.

Ce qui m’a toujours frappé dans les films de Kitano : l’impossibilité de les situer géographiquement au Japon (excepté ceux tournés dans l’île d’Okinawa). Kids Return n’échappe pas à la règle : nous sommes dans une banlieue de la classe moyenne quelque part au Japon, impossible de savoir s’il s’agit de telle ou telle région : l’uniformité du décor et l’ennui qui en résulte sont là pour nous rappeler les conséquences du développement express de l’archipel après la guerre mondiale.

Pour le reste, Kids Return ne fait que reprendre la plus vielle histoire du monde : le racketteur se fait tabasser par un boxeur, frère du racketté. Le racketteur se met à la boxe pour se venger mais il s’avère moins doué que son ami. Tout est dans ce film : l’ennui, l’amitié, la jalousie, l’inquiétude face au futur, les débuts, le travail, la gloire, la chute, la boxe et donc la vie dont le noble art est ici la métaphore. Pour le reste : l’ingrate supériorité du don face au travail, l’ennui d’une banlieue ni riche ni pauvre, la boxe et tout ce qui va avec : les coups interdits, l’alcool pour oublier, le contrôle du poids et ses pilules amaigrissantes, la dureté des entraîneurs... Deux amis, deux antipodes : un leader et un suiveur. Un scénario non chronologique : le serpent finit par se mordre la queue.

Si je rencontre un jour Kitano, j’essaierais de l’humaniser. Je lui parlerais moins du théâtre Nô (forme de théâtre japonais joué avec des masques dont Kitano s’est beaucoup inspiré) et plus de son enfance passée dans un quartier populaire de Tokyo, si tout était mieux avant. Je lui demanderais quel est le dernier film qu’il a vu, lui le réalisateur autodidacte qui dit n’en voir que très rarement. Tout ça pour essayer de comprendre comment peut passer naturellement du rôle d’un Lagaf japonais à celui d’un des derniers grands auteurs de cinéma contemporains.

Texte - EI

 

 



 

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Published by Gri-Gri International
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