Un dimanche après midi d’Août ? Parfait pour rester chez soi à ne rien faire. Le genre de journée où l’on se rend compte que les week-end sont décidemment trop courts. Il existe une autre alternative pour se remettre de son samedi soir (celui qui ne sert qu’à oublier toute la semaine passée) : le Palais de Tokyo. Cet endroit qui ne peut que vous apporter du prestige culturel si vous en parlez dans n’importe quel dîner en ville. Ce « haut lieu de la culture à Paris » qui n’est ni un musée, ni un théâtre, ni un cinéma mais un Palais. Avouez que tout de suite c’est plus classe, surtout si c’est celui de Tokyo : summum de l’avant-garde artistique pour tous ceux qui n’y sont jamais allés.
Le Palais de Tokyo c’est aussi un des lieux où sévit le trust hype et mondain de monsieur André.
L’artiste qui le jour où La station Louvre s’est vue recouverte de tags, est venu distribuer sa carte de visite aux journalistes en disant :
« Moi aussi je sais faire ça ». Ou quand une bêtise de jeunesse (le tag) peut procurer un prestige (celui d’un doux parfum de dissidence et de subversion) marquant à vie certains de
ses auteurs. André aujourd’hui c’est Le Baron, l’Hôtel Amour, l’ex Paris
Paris, Chez Regine, Chez Moune et aussi la boutique du
Palais de Tokyo.
On y vend des art toys, de la bière japonaise Asahi et des tee-shirts siglés André.
Actuellement à l’affiche au Palais : l’exposition Spy Numbers. Dans la brochure c’est écrit « Au-delà du visible (donc le vide), toujours plus proche de l’infra-mince et du spectral (???), le Palais de Tokyo expérimente des formes d’art qui échappent à toutes velléités d’interprétations figées (en gros n’importe quoi). »
Mon résumé personnel illustré : ici on construit un mur pour le détruire :
Au Palais de Tokyo, il n’y pas de gardiens mais des « médiateurs ». De jeunes personnes que j’imagine être des étudiants en école art qui vous expliquent les œuvres avec l’air à peine masqué de penser « mais tu comprends rien toi».
S’il fallait trouver des bons côtés aux Palais de Tokyo ? Son restaurant éphémère et haut perché si vous en avez les moyens, sa cantine et son café si vous êtes toujours dans le même cas. Et au-dessus de cela : c’est un lieu où le sujet est loin de vous absorber. On peut y déambuler tout en déblatérant sur ses dernières vacances ou sur les derniers rappeurs français. Si vous avez peur de regarder vos pieds en prenant un café avec un vieil ami, l’endroit est parfait. Si vous voulez revoir une personne rencontrée dans une soirée et que le « viens on prend un verre un soir » n’est plus assez subtil pour notre époque, le Palais est aussi fait pour vous. Quoi de plus facile que « d’endormir » ou de « retourner le cerveau » de votre dulciné(e) » en faisant semblant de vous intéresser à de « l’art creux ». Evitez juste de répéter trop de fois « c’est sympa », vous risqueriez de révéler votre face d’imposteur.
Le Palais de Tokyo est donc prétexte à tout cela : ces rendez-vous, ces pylônes en béton armé et ces dimanches après-midi où l’on ne veut pas trop réfléchir.
EI
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