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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 07:45


En ce beau mois de juin, vous ne pouviez guère être plus en sécurité qu’à Calais… Qui a vu converger 25% des effectifs CRS de France à l’occasion de l’établissement d’un camp No Border sur son territoire. 
No Border, vous savez ces petits bourgeois qui défient les autorités au nom d’une noble cause : la libre circulation. Avec force dreadlocks, rangers et drapeaux anars. Les joyeux drilles sont un peu français, beaucoup allemands, hollandais, belges et anglais ; et sont considérés comme dangereux en raison d’actes de violence commis en marge de leurs actions. A Strasbourg, par deux fois, lors du G20 et d'un sommet de l'OTAN, des casseurs s'en étaient pris aux symboles du système, comme les hôtels souvent transformés en centre de rétention du groupe Accor, également « partenaire de l'Etat pour la déportation » via sa filiale Carlson Wagons Lits – un  dossier même un peu plus lourd que ça, et à suivre. 




À Calais, depuis 1999 et la guerre du Kosovo, des réfugiés arrivent en masse, cherchant à rejoindre la Grande Bretagne. Restant coincés de ce côté ci de la Manche, frontière naturelle difficilement franchissable. En septembre 99, la Croix Rouge organise un camp à Sangatte, notre cher président alors ministre de l’Intérieur le fait fermer en 2002. Plus d’hébergement, plus de problème. Un bel exemple de logique implacable. J’imagine d’ici la scène, à Kaboul : « Hé, mon frère, il n’y a plus de camp à Sangatte, on a qu’à rester ici, c’est mieux. » Du grand Nico.
Depuis, le nombre de migrants à Calais fluctue, de 500 à 1000 environ. Dans un mouvement ininterrompu, chaque semaine voit son lot de chanceux réussir à gagner l’Angleterre, et ses nouveaux arrivants en provenance de Somalie, d'Érythrée, du Tchad, d’Irak, d’Afghanistan… Ils survivent dans la « jungle » – prononcez à l’anglaise –, une zone boisée autour de la ville ; et sont nourris grâce aux associations locales. Régulièrement, ceux que nous avons rebaptisé les Nouveaux Justes ont des ennuis judiciaires, pour les avoir hébergés, pour outrage à agent, ou autre délit de solidarité. Ici les jugements sont rendus au sein même du commissariat-préfecture-centre de rétention-tribunal. 
Entre autres anecdotes, citons ces Calaisiennes qui prennent sous leur aile de beaux mâles irakiens ; ces CRS qui confisquent leurs chaussures à des réfugiés avant de les relâcher en pleine campagne au beau milieu d’une nuit hivernale, scène récurrente selon les observateurs... Bourbier pour les autorités ; défi quotidien pour les associations ; triste spectacle pour les Calaisiens ; mine d'or pour les passeurs... Le drame des migrants est ici partie intégrante de la vie communale, et semble parti pour durer...



(deuxième  volet demain...)

Texte & Photos - Llinga Saint-Aimé
 

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Published by Gri-Gri International - dans Politique
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