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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 13:30


Déjà le titre en français - La conversion - m’a trompée. Je me disais, le premier roman de James Baldwin et je ne l’ai pas lu ? Bon, c’est vrai, je ne me suis pas tout de suite rendue compte que j’étais en train de (re) lire… Go tell it on the mountain.
Je m’étais beaucoup attaché à la construction du livre, son découpage plus exactement. Trois parties : la première pour le héros John ; la deuxième - subdivisée en prières - pour Florence, la tante, Gabriel, le père et Elizabeth, la mère - ; et la troisième partie pour Dieu. Car c’est lui qui te choisit. Mais La Conversion pour aller dire que tu as vu la montagne, ça manque d’allure.

Ce samedi de mars 1935, jour de son anniversaire, John sent que quelque chose d’irrémédiable s’est produit en lui… : « La noirceur du péché de John ressemblait à la noirceur de l’église le samedi soir. » Prédicateur comme son père ? Tout le monde attend beaucoup de lui. On vante ses mérites et pas que chez les gens de couleur. 
Pendant ce temps, il brûle. De découvrir les secrets de famille que Deborah la première femme de son père, qui n’est pas le sien, a emporté dans sa tombe des années auparavant. De sentir son corps qui s’éveille à la vue d’autres garçons, plus vieux, plus courageux… 
Comme le corps d’Elisha, le beau jeune homme qui joue du piano et chante à l’église et qu’on a réprimandé avant qu’il se perde sur la mauvaise route avec Ella Mae … C’est sa voix qui l’accompagne au moment de « passer de l’autre côté ». Son deuxième frère. Parce que Roy, le vrai fils de son père, est déjà perdu pour la conversion. Cet après-midi, il a pris un méchant coup de couteau à l’œil. Roy est un voyou. Son père est furieux : lui seul a le droit de le frapper. 
Florence connaît bien son frère, Gabriel. Elle sait qu’il n’a jamais vu la montagne et qu’il a pêché. Son ambition depuis toute jeune, franchir le seuil de leur case pour ne plus jamais revenir. Elle le fera à l’âge de vingt-six ans. En attendant, elle sera très proche de Deborah. À seize ans, des blancs l’ont sauvagement violée puis ont battu son père à mort parce qu’il menaçait de les tuer. Toutes les deux détestent les hommes. C’était bien avant que Deborah épouse Gabriel.

New-York. Franck chantait le blues et buvait trop
Pour Florence, des années de lassitude plus tard, le Nord n’a plus le même attrait. Franck est mort en France alors qu’il l’avait quittée depuis bien longtemps. Deborah a continué à lui écrire et c’est comme ça qu’elle a su pour le fils de Gabriel. 
Gabriel est tourmenté. Dans sa chair, dans son esprit. Il s’est débattu comme un beau diable le jour de son baptême. Quand il épouse Deborah, il pense être sauvé puisqu’il accomplit un acte de contrition presque, au moins un sacrifice. La femme que tout le monde désire secrètement mais dont personne ne veut. Il est révérend, marié, mais ne résiste pas à Esther. Elle succombe en mettant au monde toute seule son fils, le premier Royal. Il mourra dans une taverne de Chicago sans savoir qui était son père. Aucun de ses vrais fils n’est sur l’aire de vannage - d’ailleurs, en anglais, « the threshing floor », qu’on pourrait traduire par le plancher des moissons, là où on sépare le bon grain de l’ivraie, a encore une fois beaucoup plus d’allure -, aucun n’est choisi.

La terre entière devenait une prison pour celui qui fuyait le seigneur
Elizabeth a aimé deux hommes avant Gabriel : son père et Richard. Inconditionnellement. Richard est le père de John. À la sortie de l’église, tout le monde la félicite. Un de mes moments préférés, où  Baldwin laisse chacun s’exprimer du même endroit avant de rentrer chez soi. Après cette reconnaissance publique et sans équivoque du fils par son père, elle sait qu’il devra affronter son père physiquement, comme d’habitude, mais encore plus spirituellement. Mais surtout comme il le dit lui-même, il est prêt. 
Une petite traduction pour un grand livre… Alors, sans vouloir faire ma maligne, je vous conseille la version originale : Go tell it on the moutain. Blessed. 

Princess Erika


Go tell it on the mountain (La Conversion) est un roman écrit par James Baldwin et paru en 1953. 

 

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