En 2009, la mode c'est de paraître pauvre : se déplacer en vélo avec une cagette ficelée à l'arrière pour transporter des courses faites au marché, s'habiller dans des friperies et sortir
dans des troquets bondés à l'alcool bon marché.
En tendances plus « underground » et plus futiles, après le street golf (faire du golf la nuit en jouant avec le mobilier urbain), j'ai vu se développer la mode
du « fixie » (ou vélo à pignon fixe). De quoi s'agit-il ? Tout simplement d'un vélo sans roue libre, sur lequel on ne peut pas arrêter de
pédaler (y compris en descente ou lorsque l'on veut freiner). Autrement dit : un truc super casse gueule et objectivement inutile à moins de faire de la piste ou d'être un dopé voulant
parfaire son pédalage l'hiver venu (pratique d'entraînement des cyclistes professionnels dans les années 90).
Ce truc a ressurgi chez les coursiers de San Francisco, au Japon (numéro un sur le « sert à rien ») et récemment à Paris. Vous n'avez jamais croisé de graphistes aux coupes de cheveux
négligées avec de grosses lunettes pédalant sur autre chose qu'un Vélib ?
Avoir un frein revient à être un « fake » dans la communauté des fixies : le freinage doit s'effectuer au péril de sa vie en exerçant une sorte de pression sur des pédales
équipées de cale-pieds à l'ancienne. Inutile de dire que toute montée/descente catégorie Rue de Belleville ou Montmartre est strictement proscrite à ces étranges sportifs.
Après l'objet utile : l'useful, je propose un nouveau concept : l'useless, l'inutile, le sert à rien. Prendre le métro (moyen de transport le plus efficient) est trop « normal », avoir une voiture à Paris relève de la folie en plus de faire banlieusard, le scooter fait trop livreur de pizza, le Vélib n'est qu'un jouet de mauvaise qualité : je me distingue, je me déplace en fixie. Ou quand notre société a atteint un état de développement tel qu'un vélo banal ne coûte plus que 75 euros et que la distinction passe par l'absurde. Le fixie est un anti Iphone, objet qui au-delà de son image sociale réunit en un seul objet téléphone, appareil photo, lecteur de musique et navigateur internet. Un « couteau suisse numérique » vraiment pratique d'après de nombreux amis. C'est aussi un objet socialement prestigieux, réservé aux mecs cools (attachés de presse, minets de Rive Gauche, artistes rentiers, décadents de Paris Ouest) ayant de l'argent (80 euros de forfait/mois en moyenne), mais qui n'a pas la folie de l'inutile contrairement au fixie. Je risque ma vie sur un vélo à 400 euros, ce n'est pas pour aller bosser que je me déplace mais pour le plaisir et la beauté du geste, j'ai du goût et je ne suis pas « normal » : voilà l'image créée autour de pratiquants majoritairement métro sexuels (cf couleurs choisies, se dandiner finement sur un vélo élégant...). De façon plus sérieuse, on pourrait y voir une forme de décadence de nos sociétés qui ont trop pour penser rationnellement. Sachant que le personnage le plus respecté de cette communauté est le coursier qui a choisi de renoncer à un vrai métier afin de « vivre pour et par son goût du risque ».
On ne peut pas enlever aux pratiquants de fixie un certain sens esthétique : ils récupèrent de vieux vélos de course, assortissent les couleurs, cherchent les meilleures pièces détachées allemandes ou japonaises : il s'agit là d'un tuning du riche de bon goût et « anti Super 5 rabaissée/jantes x pouces ».
Juste pour conclure et prévenir ceux qui voudraient s'y mettre et eux aussi devenir des web designers cool, la semaine dernière j'ai rencontré une fille « hype » qui m'a raconté comment elle s'était ouvert le bras l'été dernier. C'était en fixie, à Berlin, contre un tramway après être rentrée dans un rail : ça lui a valu une opération longue, compliquée et douloureuse. Chacun doit bien se fabriquer ses mythes (ici tout y est : une ville bobo, une pratique excentrique, l'aventure de l'inconnu des rails de tramway, l'accident, la douleur), le fixie en est un moyen comme un autre.
EI
N'étant pas parisien je peux tout de même comprendre que l'on préfere se déplacer à vélo plutot qu'en métro.
De plus le fixe demande quand même un bon nombre d'année de pratique et je doute fort que ses pratiquants soient les plus nombreux à avoir des accidents.
Cordialement
Un lecteur qui va travailler tout les matin
en vélo avec le sourire alors que tant
d'autres font la gueule dans leurs voitures.
Neuf commentaires en moins de 24 heures pour un article posté il y a plus de trois mois ! Je dois dire que je ne m’attendais pas à déclencher autant de réactions. Surtout avec un article consacré à une tendance apparemment (et objectivement) un peu futile et éphémère (l’avenir nous le démontrera). On est comme ça au Gri-Gri : le dur labeur fait que l’on mésestime trop souvent l’assiduité des fan(atiques).
Autre problème : on n’aime pas trop le principe des commentaires. Qu’ils soient favorables ou non, ils recouvrent d’une chape de plomb les plumes de beaucoup de nos confrères des « presses participatives ». Comme disait Lunatic : « Si tu kiffes pas, t’écoutes pas et puis c’est tout ». De plus, les règles ne sont pas les mêmes entre auteurs et commentateurs. Vous pouvez faire des fautes d’orthographe ou confondre Quai et Musée d’Orsay (cf. Lucas), pas nous.
Par contre, pourquoi ne pas débattre de cela tous ensemble en vrai, dans un café et pas sur internet ? Cela vous permettra de parfaire votre lynchage (que je soupçonne organisé) et de m’apprendre la vie. Pour ma part, loin de vouloir clasher à tout prix, j’en profiterai pour approfondir ma connaissance du fixie, vous préciser l’intention de mon billet et pourquoi pas saisir les limites de mon analyse.
Alors, un jeudi soir avant votre rassemblement hebdomadaire au Palais Royal ? Chiche ? On parlera de ça et d’autres choses, on boira des demis, le tout dans une atmosphère conviviale. Rendez vous fixé début Septembre, à la rentrée des classes. D’ici là, bonnes vacances.
J’attends des réponses que j’espère positives de votre part, ici même.
Cdt.
Eiji (mon prénom)
EI (mes initiales)
J'ai rarement lu quelque chose d'aussi réactionnaire et rétrograde, on penserait à un vieux militant de l'ump qui sous couvert d'un esprit réformateur réprouve tout les changements qui ne lui ressemblent pas et/ou ne le concerne pas.
En tout cas, j'aimerais bien trouver un fixe complet et barnchouille à 400 euros... fais tourner tes bon plans eiji !!!
facile de critiquer une nouvelle mouvance
attaque toi au monocycle aussi, c'est ultra useless
m'enfin je préfère prendre du plaisir à rouler plutot qu'a chier sur d'autres gens derrière un clavier
Puis pour ce qui est des graphistes, barbus balbabla.
Je suis une fille! j'ai pas de barbe (mais surement plus de couilles que les journalistes qui craches sur certaines communautés et ne signent leurs articles), dans le fixe je connais : des chef pâtissières, des Agents immobilier, des avocats, des flics, des enfants, des papas, des mamans...
Pour finir Montmartre et MénilMontant, ça me fait pas peur.
J'apprécie le travail de recherche que vous avez fait cependant je doit vous avouer que vous êtes rester en surface et que vous êtes passé à côté du plus important.
En effet vous avez été marqué par le coté dangereux et "l'aspect tuning de bon goûts" du fixie mais vous n'avez pas rencontrer de personne roulant en Pignon Fixe et vous n'avez surement jamais essayé de fixie, le Pignon Fixe est un bel objet mais c'est en roulant dessus que l'on en profite vraiment.
De plus je vous trouve trop rationnelle, le fixie au même titre que le skate ou le roller peut être considéré comme un sport de glisse, vous n'avez tenu compte de l'aspect plaisir d'un pratique sportive.
J'attends avec impatience votre prochaine article traitant du football dans lequel vous expliquerais que vous ne comprenais pas pourquoi des imbéciles en short courent dérrière un ballon alors qu'en bus ils aurez été plus rapide, à moin que ce ne soit pas suffisamment bobo à vos yeux pour mérité d'être critiqué.
une conversion course en fixe ça coute 50€...
La moitié des fixes à Paris on un frein avant...
Va voir les coursier de coursier.fr, et dis leur que c'est pas un vrai métier, qu'ils pédalent juste par gout du risque.
je sais pas moi, avant de déblatérer des conneries, fait un vrai boulot de journaliste, renseigne toi, va rencontrer les mecs qui roulent là dessus, prends un vélib et vient nous voir.
Juste pour conclure, émettre un jugement pour se mettre en faux par rapport à une pratique, parce que ça fait cool de cracher sur une pratique que des mecs mettent en place de leur propre initiative, c'est un peux surfer sur la vague, mais à l'envers.
Mais as tu seulement rencontré des gens faisant vraiment du fixe s en servant pour rouler vraiment par passion et par plaisir??
Chaques semaine je fais plus de 200 km avec mon fixe outre la beauté de l objet, je fais du sport avec des potes, je rencontre du monde et ne pollue pas contrairement a ceux qui ont une voiture prennent le bus!!
La ballade ne fait pas partis des attributions de mon fixie, viens rouler un jeudi soir, nous partons de palais royal a 21h.
Avant d emettre un jugement sans savoir rencontre les gens et connait ton sujet les pieces sont pricipalement italiennes et japonaises, pas allemandes.
Sur ce bonne continuation et étude des mouvements avant de juger.