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Le Gri-Gri International           Satirique africain francophone

Né au Gabon en 2001

Burgalat sur la musique, la province, "le Grand journal" et Nagui...

Publié le 4 Mai 2009 par Gri-Gri International in Arts & culture



"Ce qui est difficile mais intéressant aujourd'hui, c'est que faire de la musique n'a jamais été aussi facile. C'est beaucoup moins cher d'acheter des instruments. Quelqu'un qui faisait de la musique il y a 40 ans, ce qui était compliqué pour lui, c'était les parents, c'était les institutions. Tout ce qui, aujourd'hui, favorise ça. 

"C'est marrant... Sur le papier, pour des gens comme les Shades qui ont 19 ans et qui font du rock aujourd'hui, tout paraît plus simple. Et, en même temps, ça reste très compliqué mais plus à cause des parents ou des institutions mais à cause des institutions du rock, en réalité. C'est une musique qui a 60 ans. Il y a des gens plutôt de ma génération qui se retrouvent programmateurs de salles, de radios, de télés. Et ils ne se rendent pas compte qu'ils sont eux-mêmes devenus des notables.

"Étant moi-même provincial, je n'aime pas le parisianisme. Mais je n'aime pas non plus le provincialisme. Et les deux partent du même constat : c'est-à-dire une espèce de fascination/répulsion sur Paris.

"Je peux te faire, si tu veux, l'historique des passages télé du label Tricatel. Valérie Lemercier était passée, quand elle avait fait son disque, à « Nulle Part Ailleurs », parce que c'était Valérie. April March, elle, a été refusée partout, sauf sur Disney Channel et chez Pascal Sevran, paix à son âme. Sevran et Tarantino, les grands esprits se rencontrent (rires). Avec Houellebecq, on avait été invité chez Drucker par Françoise Hardy. Ils avaient été super gentils, super équipe, super techniciens. On y était revenu pour jouer un morceau avec Valérie. Et les Shades sont enfin passés, pas pour jouer mais en invités plateaux, au "Grand Journal", sur Canal, parce que le cousin d'Harry, le batteur, sortait, à l'époque, avec la programmatrice de l'émission, qui a été virée depuis (rires). Quinze ans d'effort ! Voilà ! "Taratata", en 15 ans, rien de programmé ! C'est pas grave, je trouve ça plutôt marrant. Nagui, je le trouve très bien pour humilier des ploucs à midi... Je le trouve absolument parfait. 

"Je trouve normal qu'en France, au bout de 5 ans, on change un commissaire de police de quartier mais pourquoi alors un programmateur de télé peut rester 30 ans au même poste ? Il y a des gens qui n'auront connu, dans leur vie, que le communisme en Birmanie mais il y en a aussi qui n'auront connu que "Taratata". Ils vont peut-être mourir en voyant toujours Nagui avachi dans son canapé. Après 20 ans de Guy Lux, il y a quand même des gens qui s'étaient dit qu'il était temps de changer la formule. Mais "Taratata", c'est de la qualité, on ne va pas changer, hein ? Olivia Ruiz en duo avec X ou Y, on garde, c'est formidable (rires)."

Extraits d'un entretien réalisé par Jérôme Reijasse (et paru il y a quelques numéros dans Rock'n Folk)

Dessin de Pat Masioni