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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 08:15


A l'initiative du magazine (gratuit) Afriscope, et, dans le cadre de l'exposition "Kréyol factory", qui se déroule actuellement à Paris, à la Vilette, se tenait hier soir un "Forum citoyen", sur le thème : "Quelles relations entre Afrique et Caraïbes". Devaient être présents (sous réserve) : Giula Bonacci, historienne, Jacques Martial, comédien et président de la Grande Halle de la Vilette, Elikia Mbokolo, historien, Lilian Thuram, aka "Grand coeur malade" et Françoise Vergès, politologue.
(Une fois n'est pas coutume, François Durpaire n'en était pas. Un oubli ?)

En arrivant, pas de Mbokolo... Ayoko Mensah, rédactrice en chef d'Afriscope et modératrice embarrassée d'un soir, nous lut quelques réponses de Mbokolo à certaines des questions qui allaient être traitées. Pas davantage de Giula Bonacci... Ni de Françoise Vergès... Dommage. Le débat eut tout le mal du monde à décoller. Quelques approximations historiques réveillèrent l'assistance, en permettant à un historien dans le public de re-situer le pré-panafricaniste Padmore. Et d'évoquer les cadres antillais employés parfois par le colonisateur en Afrique, comme René Maran ou Félix Eboué.

Très vite, premier anniversaire de décès oblige, on en est arrivé à Césaire. Un Africain grisonnant et malicieux, depuis l'assistance, a taquiné l'historien Ki-Zerbo, chargé de pallier aux absences déplorées plus haut. "Césaire, après l'échec de Lumumba au Congo, semble avoir renoncé à l'Afrique. On ne le verra plus guère en Afrique après les indépendances de 1962. Il ne soutiendra jamais Senghor, son vieux copain. Aurait-il, visionnaire, pressenti les "catastrophes politiques" africaines ?"
Devant la gêne de Ki-Zerbo, Jacques Martial prend la parole et rapelle que dès le début des années 60, Césaire, dont l'oeuvre littéraire est, pour l'essentiel, déjà faite, se consacre surtout à la dimension politique de sa vie, en administrant Fort de France et la fameuse départementalisation. J'attends que Ki-zerbo (ou un autre !) vienne rétablir les faits : des textes sont là, qui précisent tout ça ! Une voix s'élève... j'espère... "Césaire n'a jamais quitté Senghor." Bravo. En gros, Aimé se serait tu par gêne devant les horreurs africaines honteuses, en raison de liens affectifs (plus importants donc que la politique et la littérature)... Bref, pour ne pas désespérer le Billancourt afro-caribéen, Aimé Césaire se serait contenté de se concentrer sur sa Martinique...

A force de parler à la radio, on finit par avoir l'impression de passer son temps à se répéter. J'aurais du prendre le micro. Manqué d'énergie.
D’enthousiasme. D'imprudence. Quand meme, je regrette… Césaire, en privé, et à de multiples reprises, s’est expliqué : "J'ai deux boulets, Senghor et le surréalisme”. Mieux, dès 1958, au moment du referendum organisé afin de mettre en place la Coopération entre la France et ses futures ex colonies, un seul pays africain répondit par la négative, la Guinée Conakry, celle de Sékou Touré. Qui se retrouva de fait indépendante (1). Or, en faveur de quel leader africain le grand Aimé écrivait-il des textes admirables dans la revue Présence africaine à cette époque ? Sékou Touré. Je sais que Sékou, enseveli sous un tombereau de calomnies, dans un linceul de propagande tissé par la France, n'a pas bonne presse. Cela valait-il de passer sous silence l'adhésion de Césaire à ses options ? Césaire n'a pas été silencieux du tout sur l'Afrique des indépendances. Il avait juste choisi, contre son amitié pour Senghor, de célébrer politiquement Sékou Touré.

GP

1) On sait combien de Gaulle en fut marri et rancunier. Messmer et Foccart ont raconté dans leurs Mémoires les nombreuses tentatives de complots et de déstabilisation contre le régime guinéen orchestrées par Paris (depuis Abidjan, Libreville et le Dakar de Senghor). Sékou Touré devint alors et, semble-t-il, pour toujours et pour tous un tyran sanguinaire, paranoïaque et affilié à Moscou...



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Published by Gri-Gri International - dans Histoire
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commentaires

pascal 24/04/2009 12:36

au moins, on n'est pas venu pour rien ;-)

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