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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 06:15

 

En juillet 2008, l’enragé Chaka Hama Zulu chantait les louanges de Lansana Conté.

 

La Guinée, un pays cadenassé !

 

On le présente souvent comme « le problème » guinéen. C’est vrai. Mais seulement en partie. Car Lansana Conté, le général-paysan président à vie de Guinée est, aussi, paradoxalement, « la solution » dans son pays. On l’a encore vu en mai dernier, lors de la énième mutinerie des soldats à Conakry. Toute la haute hiérarchie militaire s’est débandée, la classe politique s’est mise aux abris. Conté, lui, est monté au front. Seul. Même Ousmane, son capitaine de fils, dont les élucubrations, pendant les émeutes de 2007 avaient fait plus de tort que de bien au pouvoir, a été tenu à bout de baffe. C’est donc Lansana Conté qui est allé discuter personnellement avec les mutins, dont le porte-parole, l’adjudant Pivi – une sorte de Rambo tropical – s’est très vite rangé aux arguments du général-président. Et il en est ainsi, depuis 1996 : lorsque la situation semble complètement perdue, Conté monte en première ligne et redistribue les cartes. Au grand dam des hommes politiques dont on se demande à quoi ils servent finalement.

Jouant de sa maladie – il souffre depuis plusieurs années d’un diabète tenace – comme d’une arme politico-psychologique, Lansana Conté n’a jamais fait mystère de ses intentions. « J’irai jusqu’au terme de mon mandat. » C’est-à-dire en 2010. Avant cette date, il n’y aura pas d’espace politique pour les opposants. Lesquels peuvent donc, en toute logique, prendre des vacances, voyager et attendre la suite du film. Tout est cadenassé. Verrouillé. Et les Guinéens sont résignés. Il y a de quoi. Même Lansana Kouyaté, qui était complaisamment présenté comme l’homme providentiel s’est révélé, en quelques mois, sous son vrai visage : un flibustier. En quinze mois, l’ancien Premier ministre n’a réglé aucun problème. Conakry n’a toujours ni eau ni électricité. Kouyaté s’est contenté de divertir tout le monde, de dilapider la confiance placée en lui et l’argent des bailleurs de fonds. Aucun dossier minier n’a abouti. Ce n’est donc pas étonnant que le limogeage de cet homme qui est arrivé dans la ferveur en 2007 ait été accueilli dans la plus grande indifférence.

Dans ces mêmes colonnes nous n’avions de cesse de dénoncer l’imposture Kouyaté dont l’essentiel du temps était consacré aux voyages à Libreville, Tripoli, Malabo, Abidjan ou Koweit (il y a récemment rencontré le rebelle ivoirien Guillaume Soro). Lansana Kouyaté, à l’instar de nombre d’hommes politiques guinéens, comme Alpha Condé ou Sidya Touré, a fait perdre au peuple tout espoir dans une alternance démocratique. Ce qui laisse le champ libre aux bouffonneries d’un vieux soldat que les intellectuels de la politique ont toujours considéré – à tort – avec condescendance. Maintenant qu’il a mis tout ce petit monde au pas, Lanasana Conté peut enfermer la Guinée à double tour et aller se reposer dans sa ferme. En attendant la prochaine mutinerie.

Après tout, les Guinéens – comme les Gabonais, les Zimbabwéens, les Camerounais ou les Congolais –, n’ont-ils pas, finalement, le seul président qu’ils méritent ?

Chaka Hama Zulu


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Published by Gri-Gri International - dans Politique
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commentaires

d'Alayer 10/03/2009 13:44

Vous noterez d'abord que mon site a changé. Pas de mon fait mais de celui d'Oldiblog qui ne m'a pas laissé le choix : soit transfert sur Kazeo, soit disparition...

Ensuite, tous les commentaires que j'ai lus sur Lansanna Conté étaient issus de l'extérieur de la Guinée. Car, à l'intérieur, le général avait compris qu'il fallait foutre la paix à ce que nous appellerions en France les "opérateurs économiques" : après des décennies d'économie socialisante, fallait bien que se crée quelque chose sur ses décombres. Ce pourquoi les militaires, après le décès de Conté (qui était donc vraiment malade), ont pris le pouvoir avec l'accord de tous les partis politiques : pour éviter d'abord une guerre civile à l'ivoirienne (on est dans le même cas de figure en Guinée) ; et pour éviter que les initiatives privées, nombreuses là bas, ne régressent du fait d'un paysage politique incertain. By

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