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Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Images du camp de réfugiés ivoiriens d'Ampain (Ghana)
Le régime Ouattara n’a pas renoncé à son obsession de ramener de gré ou de force en Côte d’Ivoire les réfugiés ivoiriens, pour se donner bonne presse aux yeux de la communauté internationale. Et pour cela, tous les moyens sont mis en œuvre pour obtenir la fermeture des camps de réfugiés dans les pays de la sous-région.
Les Ivoiriens dans les camps de réfugiés, dans les pays de la sous-région, ont des raisons de craindre pour les
mois à venir. Leurs conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles. Vraisemblablement, pensent-ils, le régime Ouattara fait pression sur le Hcr pour
rendre plus que difficile leur quotidien, afin qu’ils soient contraints à rentrer au pays, malgré une situation sécuritaire des plus délétères et la poursuite du programme de gouvernement «
chasse aux pro-Gbagbo ». Les réfugiés ivoiriens dans les camps d’Ampain et d’Elubo ont commencé à subir les effets de la volonté manifeste du régime Ouattara de voir fermer ces
camps de réfugiés. Depuis mercredi 20 mars dernier, la ration alimentaire a été nettement réduite. « De 12,5 kg de riz mensuels par individu déjà insuffisant, nous sommes passés à 9
kg par mois. Et cela nous a été signifié ce matin même (mercredi dernier, ndlr) par une note affichée au tableau. Il en sera autant pour l’huile, le haricot, le sel, la poudre de soja qui en sont
les éléments constitutifs, nous a-t-on dit », a révélé Alexis Zouga, un réfugié ivoirien au camp d’Ampain que nous avons joint. En affamant les pauvres réfugiés
déjà trop fragiles et traumatisés, le régime Ouattara, avec le soutien du Hcr, veut obliger les Ivoiriens à retourner en Côte d’Ivoire. Le plus grave, c’est que, explique les réfugiés ivoiriens,
depuis presque deux semaines, les médicaments ne sont plus gratuits. « Lorsque vous vous rendez au centre de santé du camp, on vous délivre désormais une ordonnance. Donc vous êtes obligés,
si vous avez quelques moyens, d’acheter vos médicaments dans les pharmacies en ville », a fait savoir Michel, un jeune réfugié ivoirien. « Si l’objectif de ces
nouvelles mesures est de nous faire retourner de force au pays, alors mieux vaut mourir en exil que de s’offrir à Alassane Ouattara », ont fait savoir certains. Et cette nouvelle
donne n’est pas spécifique aux camps de réfugiés ivoiriens du Ghana, mais concerne tous les camps de réfugiés ivoiriens de l’Afrique de l’Ouest. Selon Alexis Zouga, il se murmure que les
camps pourraient être fermés au mois de juillet. Du côté du Hcr, la réduction de la ration alimentaire et de biens d’autres services est due aux ressources financières qui s’amenuisent,
affirme-t-on. Ce qui contraint l’agence spécialisée des Nations unies à prendre des mesures pérennes. Faux ! rétorquent les réfugiés. Selon eux, c’est une volonté manifeste de la
communauté internationale de répondre favorablement à la requête du régime Ouattara de voir les camps de réfugiés ivoiriens disparaître. Sinon comment comprendre que les réfugiés Libériens ont pu
bénéficier du soutien du Hcr durant plus d’une décennie et que le même Hcr soit essoufflé en moins d’une année seulement dans le cas de l’aide apportée à leurs «homologues» ivoiriens ?
Photo - dr Texte - Franck Toti www.nouveaucourrier.info
Jean-Gervais Tchéidé, premier vice-président du Conseil général de Guiglo et cadre du département de Blolequin, n’est pas resté insensible à la sortie du Sous-préfet de sa localité qui, saisissant la perche tendue par un confrère de la place, tirait la sonnette d’alarme sur le risque d’une autre guerre que font planer les allogènes qui exproprient les autochtones Wê de leurs terres. Il touche du doigt la réalité qui prévaut dans le pays Wê de façon générale. Interview parue dans le Nouveau Courrier n°471 (20/03/2012)
Le sous-préfet de Blolequin a fait récemment une sortie dans les médias au cours de laquelle il a tiré la sonnette d’alarme sur les expropriations de forêts
et de terres que subissent les autochtones Wê. Confirmez-vous les dires de cet administrateur ?
Le Sous-préfet de Blolequin confirme ce que nous, fils de l’ouest en général et du pays Wê en particulier, avons toujours dit, à savoir que le plus grand malheur de
nos parents, c’est d’avoir été installés par Dieu sur des terres qui sont aujourd’hui convoitées par l’ensemble de tous ceux qui veulent faire fortune en Côte d’Ivoire à partir de la culture du
café et du cacao notamment.
A l’occasion de cette crise post-électorale, il y a une forte pression sur ce qui reste encore comme forêts dans le département de Blolequin et en général dans le
pays Wê. Nos parents sont véritablement envahis par des personnes venues non seulement d’autres contrées de la Côte d’Ivoire, mais majoritairement de la sous-région Cedeao, notamment du Burkina
Faso et du Mali pour s’accaparer les terres de gré ou de force, quelquefois sous la menace des armes. Puisque la plupart de nos parents sont réfugiés de
l’autre côté du Cavally, au Liberia, ont dû fuir parce que leurs plantations, leurs terres ont été annexées par de nouveaux arrivants qui sont majoritairement des Burkinabè.
Pensez-vous que le problème de Blolequin, dans le Moyen-Cavally, peut être généralisé à tout le pays Wê ?
Ce qui se vit à Blolequin est la même chose qui se vit à Bangolo, notamment dans la sous-préfecture de Zou depuis 2003. De 2003 jusqu’à la signature de l’accord de
Ouagadougou, la population de Zou lançait des cris de détresse que personne n’entendait. C’est un problème général dans le pays Wê forestier. A Kouibly, Facobly, Bangolo, Duékoué, Guiglo, Taï,
Blolequin et Toulepleu, c’est exactement la même chose. Les populations Wê sont chassées et leurs terres sont systématiquement occupées par des étrangers qui viennent en masse s’installer
illégalement pour, non seulement exploiter les plantations abandonnées par nos parents, mais créer aussi leurs plantations soit dans les forêts villageoises soit dans les forêts classées.
D’où vient alors qu’on dise que ce phénomène qui gagne de l’ampleur aujourd’hui à l’Ouest et qui débouche sur de nombreux conflits est une
instrumentalisation des cadres et des hommes politiques Wê ?
Le mensonge, à force de matraquage médiatique, d’intoxication et de manipulation, a tendance à s’ériger en vérité. Aucun cadre Wê, dans la situation actuelle, ne peut instrumentaliser qui que ce soit. Les populations dont on dit qu’on les instrumentalise sont en fuite. Les cadres qu’on accuse
d’instrumentaliser les populations sont eux-mêmes en exil ou vivent à Abidjan terrés dans la hantise d’être victimes d’exactions. C’est donc un mensonge grossier que de dire les cadres
instrumentalisent tout cela. Voilà le sous-préfet qu’on ne peut pas dire qu’il est Wê ou qu’il est cadre de la région, qui confirme lui-même que plus de 80% des populations autochtones de
Blolequin sont en exil au Liberia. Il y a une véritable colonie de peuplement qui se développe à l’Ouest actuellement. Ces personnes qui arrivent sont
accompagnées dans leur opération d’annexion des terres par leurs frères qui ont combattu dans la région et qui sont aujourd’hui en armes. Ils s’empressent de le faire, dans un délai bref, pour
nous mettre devant le fait accompli dans les prochaines années. On n’a pas l’air de s’en apercevoir, mais c’est un problème qui est extrêmement grave, qui fera que dans les années à venir, la
Côte d’Ivoire sera assise sur un volcan. C’est une bombe à retardement, cette question de l’occupation des terres à l’ouest. On a eu beau attirer l’attention de la communauté nationale sur ce
problème, les mauvais esprits ont toujours dévoyé cette question de fond en la ramenant sur le terrain politique, sur l’instrumentalisation des populations, sur la xénophobie. C’est une vraie
tragédie qui se déroule sous nos yeux.
Ce problème a survécu différents régimes qui se sont succédés. Selon vous, qu’est-ce qu’il convient de faire pour résorber ce problème que vous qualifiez de tragédie ?
La question du foncier à l’ouest ne date pas de 2000, elle remonte jusqu’aux années 1970-1980 au moment où le président Félix Houphouët-Boigny était encore au
pouvoir. Une période à laquelle on a assisté à une véritable politique d’installation de populations du V baoulé qui avait dû être déplacées du fait des barrages et ont été accompagnées par la
structure qui était chargée à l’époque de gérer la forêt, avec des moyens financiers et logistiques pour pouvoir créer des plantations. Par la suite, il y a eu une relative accalmie. Lorsque le
président Bédié est arrivé au pouvoir, le même problème a ressurgi avec une vive intensité. Aujourd’hui, cette question de la terre et du foncier à l’Ouest
doit être abordée comme un danger national. Tout le monde s’accorde à reconnaitre que le peuple Wê paie si cher dans cette guerre. La raison est toute simple. Elle n’est pas politique. C’est
parce qu’on veut exproprier les Wê de leurs terres; lesquelles représentent les dernières portions de forêt. Or, on dit que les deux mamelles de notre économie, c’est le café et surtout le cacao.
Donc qui veut devenir riche cultive du cacao. Et c’est dans les forêts propices à la culture du cacao que cela se fait. Et la forêt se trouve à l’ouest de la Côte d’Ivoire, en pays Wê. Voilà
pourquoi on massacre les Wê par centaines, par milliers. Un véritable génocide se déroule sous nos yeux et personne n’accorde d’oreille attentive à leurs cris de détresse. Pour moi, nous sommes dans une nation et le peuple Wê n’a pas l’intention de se recroqueviller sur lui-même ou se mettre dans une posture d’irrédentisme. Mais pendant combien
de temps, nous allons demeurer le mouton de sacrifice national au nom de la réconciliation, de la paix et accepter de mourir en silence sans rien dire ? Je pense que cela ne peut pas
continuer.
Il arrivera un moment où l’on assistera à une véritable explosion que personne ne pourra plus contrôler. Ceux qui se réjouissent aujourd’hui du massacre du peuple
Wê, qu’ils prennent garde. Nous avons envie que la Côte d’Ivoire reste une et indivisible. C’est pourquoi le massacre qui se fait sous nos yeux doit être regardé et analysé par la nation entière
comme étant une bombe à retardement qui pourrait exploser à la figure de toute la nation.
Pensez-vous qu’il y a une complicité au niveau national et international face au mutisme sur les massacres à l’ouest ?
Il y a une indifférence qui frise la complicité. C’est pourquoi je lance un appel aux tenants du pouvoir pour leur dire que nous sommes dans un pays, et le produit
intérieur brut de ce pays est basé pour une grande part sur la culture du cacao. Ce n’est pas maintenant qu’on va l’abandonner.
Ce n’est pas pour autant qu’un peuple va disparaitre pour qu’un autre vienne cultiver le cacao. C’est l’Etat qui doit gérer ce
qui se passe aujourd’hui chez nous à l’Ouest, c’est lui qui doit prendre des mesures d’assainissement. Il ne se passe pas de jour sans que l’on assiste à l’arrivée de trois, quatre, cinq voire
dix cars transportant des personnes en provenance du Burkina Faso pour s’installer dans nos forêts classées sans s’adresser à personne. Pas plus tard que ce mardi, des chefs de village m’ont
joint pour me révéler qu’on a frisé l’affrontement à Blolequin, dans deux ou trois villages parce que, non seulement les premiers Burkinabè qui sont arrivés ont occupé les forêts, et ceux
derniers arrivants ont créé un campement qui est trois fois plus gros que le village qui les accueille. Conséquence, leurs femmes vont cultiver les terres qui sont autour du village qui
normalement étaient réservées aux autochtones pour réaliser leur champ de riz et de manioc. Au moment où les autochtones s’en rendent compte, les Burkinabè ont déjà réalisé plus de dix hectares
de riz. Il y a une complicité et un laxisme qui sautent aux yeux. Il faut que l’idée que le président Bédié avait eu de faire voter une loi sur le foncier
rural en 1998 soit revisitée et que l’Assemblée nationale qui avait voté cette loi la renforce pour que tous ceux qui sont venus peupler illégalement nos régions soient dégagés pour la paix en
Côte d’Ivoire. On ne peut pas chanter la paix et la réconciliation en étouffant toute une communauté, ses pleurs et ses gémissements.
Est-ce que vous craignez que la situation de peuplement et de maintien de vagues d’étrangers à l’occasion de la guerre postélectorale soient légalisés ?
Je veux espérer que mon pays, que l’Etat de Côte d’Ivoire, que le gouvernement n’iront pas jusque là. Je veux espérer que l’Assemblée nationale, qui a déjà voté une loi qui a été précédé de longues tournées dans toutes les régions de Côte d’Ivoire et qui a abouti à un consensus national sur la question de la terre, ne se dédise pas maintenant et qu’elle n’officialise pas un scandale et un vol organisé.
Le sous-préfet de Blolequin l’a dit, il y a de nombreuses populations Wê encore réfugiées au Liberia. Qu’est-ce qui les empêche de revenir au moment où les
autorités notent que la paix est revenue et que la sécurité s’améliore ?
Je voudrais à nouveau m’appuyer sur des informations de première main données par le sous-préfet lui-même. Les populations de Toulepleu, Blolequin, Guiglo et Tai
qui ont fui la guerre menée par les assaillants en 2010 tout comme en 2002, ne peuvent pas revenir d’elles-mêmes sans aucune garantie qu’elles seront véritablement en sécurité sur leurs propres
terres. Un gouvernement existe en ce moment en Côte d’Ivoire, c’est donc le rôle de l’Etat, de par sa fonction régalienne, d’assurer la sécurité de toutes les populations. Or, le sous-préfet nous
apprend que les gens hésitent à revenir parce que leur sécurité n’est pas garantie. Les informations que j’ai, c’est que parmi les premiers qui
ont pris le risque de revenir, certains ont été indiqués comme étant des miliciens. Ils ont soit été jetés en prison soit exécutés. Cela, évidemment, n’encourage
pas les autres à revenir. Il appartient donc à l’Etat de prendre des mesures de sécurisation pour que ceux qui ont dû fuir pour préserver leurs vies puissent revenir en toute quiétude. Si les
maisons ont été incendiées comme dans la plupart de nos villages, que l’Etat prenne des dispositions. Si on pense que le «vivre ensemble» n’est pas seulement un slogan de campagne, mais une
réalité pour que la Côte d’Ivoire ait un avenir, il faut que l’Etat prenne des dispositions pour que les populations Wê qui ont fui reviennent dans leur village. Qu’elles reviennent non pas pour
dormir à la belle étoile, mais qu’elles bénéficient d’un minimum de commodités pour survivre. Plutôt que d’y songer, on assiste à des shows médiatiques sur la réconciliation sans impact réel sur
les populations.
Photo - dr Texte - Saint-Claver Oula (Le Nouveau Courier)
Responsable de Convergence Socialiste au Sénégal, Malick Noël Seck a durant la crise ivoirienne clairement choisi son camp. "Pour l'Afrique je défends Gbagbo", puis "L'armée française ne gagne que contre les Nègres !" sont encore dans toutes les mémoires. Jeté en prison par Wade pour avoir dénoncé son inconstitutionnelle candidature, il est devenu une icône de la jeunesse sénégalaise, mais pas seulement... Pour preuve, cet entretien à notre confrère ivoirien Abidjandirect. La Côte d'Ivoire étant sujette à la censure, généralement suivie de violences et d'emprisonnement, les journaux ivoiriens qui ont publié les propos de MNS ont du, et nous ne les en blâmons pas, en sacrifier certains. Le Gri-Gri s'est procuré l'intégralité de l'entretien.
Pour l'Afrique, je défends Gbagbo, sembliez-vous dire au plus fort de la crise post-électorale. Pourquoi ce choix ?
Plusieurs choses m'ont semblé évidentes tout de suite :
1 - La communauté internationale, en l'occurrence quelques présidents occidentaux, ne respectent ni le vote ni les institutions d'un pays africain. Et nous, Africains, pas davantage. Puisqu'il suffit que les Occidentaux nous disent que Gbagbo a triché pour que nous l'acceptions.
2 - Les régimes africains sont si faibles, si dépendants, si peu autonomes que même leur structure, l'Union africaine, n'est pas financée par eux... autrement dit : ils ne disent jamais officiellement autre chose que ce que leur commande de dire celle qui finance l'UA : la communauté internationale, en l'occurrence quelques présidents occidentaux...
3 - Si j'avais été ivoirien et Ouattariste ou pro-Bédié, à l'instant où Nicolas Sarkozy, le petit Wade blanc a menacé et manqué de respect au président Gbagbo, je serais devenu immédiatement pro-Gbagbo. Face à la menace étrangère, la nation, la patrie et leur défense doivent primer.
4 - Wade soutenait Ouattara… ce qui n'est jamais bon signe en termes d'éthique, de morale et de politique. Et d'intelligence. Car s'il y a bien un terrain où ces deux hommes, Wade et Ouattara, ne sont pas ceux qu'on croit, c'est bien celui de l'intelligence. Et ce n'est pas juste un mot. Ces personnes ne sont pas à la mesure intellectuelle de l'époque que nous vivons. Elles appartiennent au vingtième siècle.
5 - Ouattara est le libéral cheval de Troie de la droite internationale, conquérante, dominatrice et sûre d'elle.
6 - Je savais avant même d'aller à Abidjan l'impopularité de fait de Ouattara et donc son illégitimité : comment pourrait-on avoir gagné dans les urnes et pas dans la rue ? J'ajoute que la situation actuelle de la Côte d'Ivoire me donne raison chaque jour davantage. Des meurtres et des arrestations au quotidien. Mon camarade socialiste, Laurent Akoun, Secrétaire général du FPI, invité au centenaire de l'ANC sud-africaine, arrêté récemment et sommé de montrer les entrailles de son ordinateur ! Du racket. Du vol. Des viols. Des pillages. L'analphabétisation forcée par la destruction et la fermeture des universités (comme si étudier allait de pair avec s'opposer à Ouattara et Soro). Des déplacements de populations forcés. Le "rattrapage ethnique" prôné et revendiqué au sommet de l'exécutif. L'incompétence érigée en formation qualifiante. Les élites et les cadres ivoiriens à même de faire tourner l'Etat, les collectivités locales et le pays : réfugiés au Ghana, au Bénin, au Togo, au Liberia ou en exil à l'intérieur même de leur pays, chassés de leurs habitations... Pour l'Afrique, je continue de défendre Gbagbo. Et j'en profite pour saluer et remercier chaleureusement les résistants et patriotes ivoiriens. Je sais qu'ils ont suivi mes tribulations tragi-comiques en Wadie et je sais aussi qu'ils soutiennent notre combat pour l'émancipation. Lors d'une manifestation anti-Wade à Paris récemment, les Ivoiriens sont même venus, ont parlé à la tribune, nous ont soutenus. Ils nous ont donné là une grande leçon de sagesse politique, en dépassant les tiraillements, malentendus et désaccords. Au nom de la justesse de notre combat à Dakar, ils ont oublié notre défection lorsqu'ils affrontaient la France et que, cachés derrière Wade, nous nous taisions... nous savions ce que Wade faisait pour aider Sarkozy et Ouattara, et nous n'avons rien dit. Nous devons dépasser, transcender nos petites conditions nationales. On ne se libère pas de Wade ou de Ouattara sans se débarrasser du système qui les produits. Et attendre que ça change à Paris en espérant que mécaniquement ça changera chez nous, cela revient à accepter que nous ne sommes de fait que des sous-préfectures françaises ou occidentales.
Comment analysez-vous la tournure de la Présidentielle du 26 Mars ?
Je pense avoir répondu au-dessus. Wade doit partir.
Ne redoutez vous pas un passage en force de Wade ?
Sa présence à l'élection est un passage en force. Que pourrait-il faire de pire ? Gagner ? Peut-il gagner sans tricher ? Non, puisque sa présence seule relève déjà de la tricherie.
Pourquoi avez-vous décidé de soutenir Macky Sall ? Croyez vous qu’il tiendra ses promesses, une fois élu ?
Je n'en suis pas à demander à Macky Sall, qui n'était ni mon candidat, ni mon camarade de lutte, de tenir ses promesses. Il doit tenir la promesse qu'il a
manifestement fait naître plus que les autres chez les Sénégalais : faire partir Wade. Il convient de l'y aider. Ce n'est ni un blanc ceing, ni un cri du coeur. C'est un choix politique et
stratégique. Vous savez, nous pourrions aussi, par exemple, décider de nous accommoder plutôt de Wade, qui serait pour nous plus simple, plus évident. Avec un Wade encore plus déclinant, notre
cause ne progresserait-elle pas plus vite encore ? Ce sont les termes en lesquelles se posent ces problèmes. Aujourd'hui, il me semble que dans l'intérêt du Sénégal, l'urgence, c'est de faire
partir Wade. Pour des raisons "atmosphériques"! Avec lui, il y trop d'électricité dans l'air et pas assez dans les maisons. Nous avons probablement besoin aussi de paix et de calme, et pas
d'agitation frénétique. Nous ne redoutons pas la mort, nous. Nous voulons changer nos vies. Une fois Wade parti, nous y verrons plus clair au Sénégal.
Mais je n'oublie pas qu'en 2000, jeune "sopiste", je votais Wade. Seulement Wade, serais-je tenté de dire, car l'urgence, pensions-nous, croyions-nous alors,
c'était de rompre avec Diouf et quarante ans de pouvoir confisqué… avant de songer à prendre le pouvoir ou à y participer, il convient de se doter des moyens d'offrir au Sénégal
une alternative et pas juste une alternance. Nous manquons d'idées politiques, de théories économiques, de réflexions sociales de fond. Nous ne sommes pas à la mesure des enjeux de notre temps.
Nous ne connaissons pas nos pays. Nos peuples. Notre continent. Mais nous avons la prétention de les diriger et de les gouverner.
Photo & vidéo - dr & le Gri-Gri International Texte - Abidjandirect
Sur le site du Nouvel Obs, la journaliste Céline Lussato rend compte d'un rapport d'Amnesty International sous le titre "Libye l'OTAN occulte les victimes civiles de ses frappes". Las d'attendre qu'Amnesty ne produise l'indispensable même rapport sur les victimes civiles des frappes françaises et onusiennes en Côte d'Ivoire, le politologue, journaliste et auteur Michel Galy a revu, corrigé et adapté le dit rapport...
Plus de 11 mois après la fin de l'opération militaire de l’ONU et de la Force Licorne, aucune enquête n'a été menée par l'Organisation concernant les victimes civiles dues à ses frappes dénonce Amnesty international, lundi 19 mars, dans un rapport intitulé "Côte d’Ivoire, les victimes oubliées des frappes de l'Onu et de la France".
Amnesty, dont les équipes ont recensé sur place 55 victimes civiles identifiées, dont 16 enfants et 14 femmes tuées dans le cadre de frappes aériennes à Abidjan, note que nombre de ces pertes sont dues "à des frappes aériennes lancées contre des logements privés, où Amnesty International, pas plus que d'autres, n'a découvert d'éléments prouvant qu'ils étaient utilisés à des fins militaires au moment de l'attaque". Un bilan d'ailleurs très proche de celui de la Commission internationale d’enquête sur la Côte d’Ivoire dans son rapport final rendu au Conseil des droits de l'homme des Nations unies. La commission conclut en effet dans ce dernier que "sur vingt raids de l’Onu examinés, la Commission a recensé cinq raids durant lesquels 60 civils au total avaient été tués et 55 autres blessés".
Pas d'investigations
L'ONG insiste sur le fait que "l'Onu n'a pas mené les investigations nécessaires, ni même tenté d'entrer en contact avec les survivants et les familles des victimes. (...) Il est profondément décevant que les victimes qui ont survécu et les familles des personnes tuées par les frappes aériennes de l'Onu ne sachent toujours pas ce qui s'est passé ni qui était responsable", souligne Donatella Rovera, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International. Celle-ci, qui a passé de longues semaines en Cote d’ivoire, d'abord à Abidjan lors du pilonnage par les troupes de Guillaume Soro et par la suite dans d'autres villes du pays, rappelle que "les dirigeants de l'Onu et de la France ont mis en avant à plusieurs reprises leur détermination à protéger les civils" et indique qu'à ce titre "ils ne sauraient aujourd'hui balayer d'un revers de main la mort de nombreux civils en se contentant de vagues déclarations de regret, sans enquêter dûment sur ces funestes événements."
Minimiser les risques
L'ONU, qui agissait en Cote d’Ivoire sur la base de la résolution 1975 du Conseil de sécurité des Nations unies qui autorisait les Etats membres "à prendre toutes les mesures nécessaires (…) à la protection des civils" en Côte d’Ivoire, a, semble-t-il, "fait de nombreux efforts pour minimiser les risques de dommages sur les civils, notamment grâce à des munitions à guidage de précision et, parfois, en avertissant au préalable les habitants des zones visées", souligne Amnesty international dans son rapport. Mais les dommages collatéraux sont pourtant là. Et ils ne concernent pas que des biens matériels. Certains bâtiments visés n'étaient autre que des habitations occupées par des familles. "Je ne peux comprendre pourquoi ils ont frappé ma maison. Nous sommes des civils et n'avons rien à voir avec la guerre, la politique et toutes ces choses" affirme à Amnesty Konan Kouakou dont la maison à Abidjan a été détruite le 8 avril lors d'un raid. "Jusqu'à aujourd'hui ni l'ONU ni la Licorne n'ont pris contact avec nous, ni pour s'excuser, ni même pour s'inquiéter pour les victimes" affirme ce père de famille qui a perdu plusieurs membres de ses proches ce jour-là. "Nous avons été oubliés". Selon les survivants, 34 civils dont huit femmes et huit enfants ont été tués lors de trois attaques séparées ce jour-là.
De vifs regrets
C'est pourquoi Amnesty insiste sur le fait que "les enquêtes doivent déterminer si les pertes en vies humaines au sein de la population civile sont la conséquence de violations du droit international et, le cas échéant, les responsables présumés doivent être déférés à la justice".
Dans sa dernière réponse adressée à Amnesty International le 13 mars, l'ONU a affirmé qu'il "regrette vivement tous les dommages qui ont pu être induits par ces frappes aériennes", et que la "responsabilité première" de conduire des enquêtes revient aux autorités ivoiriennes.
Refus d'assumer les responsabilités
Mais pour Donatella Rovera, "la réponse de l'ONU équivaut à un refus d'assumer la responsabilité de ses actes. Elle donne aux victimes et à leurs familles le sentiment qu'elles ne sont pas prises en compte et n'ont aucunement accès à la justice."
C'est pourquoi Amnesty appelle l'ONU et le gouvernement Ouattara à "veiller à ce que des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies soient menées dans les meilleurs délais sur toutes les allégations de graves violations du droit international et à ce que leurs conclusions soient rendues publiques. Lorsqu'il existe suffisamment de preuves recevables, les suspects doivent être poursuivis."
Photo - dr Texte - Céline Lussato (un peu) & Michel Galy
(beaucoup)
Voici ce qu'on pouvait lire sur le site de ce qui était alors la pseudo présidence Ouattara, le 17 mars 2011. Le communiqué par lequel on apprenait "la signature de l'ordonnance portant unification des Forces Armées Nationales et des Forces Armées des Forces nouvelles."
Le 28 novembre 2010, le président sortant Laurent Gbagbo, malgré les fraudes, bourrages d'urnes et violences dus aux partisans de Ouattara, était réélu. Puis investi par le Conseil constitutionnel ivoirien. La Communauté internationale, résumable à la France, quelques nations occidentales et les pays africains francophones éternellement alignés, refusa le verdict des urnes. Cherchant à imposer par la persuasion puis la force son candidat à des Ivoiriens épuisés par dix ans de divisions et vingt ans de violence politique liée à Ouattara, cette même communauté décréta un embargo sur les médicaments, puis une série de criminelles attaques contre le système bancaire, financier et économique de la Côte d'Ivoire. Couvrant, par ailleurs, via la Force française Licorne et celles de l'Onuci, les exactions, violences, meurtres et pillages commises à travers le pays, dans le cadre de la "conquête" par les partisans armés de Ouattara et Soro.
Pour autant, l'État ivoirien ne tombait pas. Impopulaire depuis toujours, Ouattara ne parvenait pas à entraîner le peuple ivoirien, il semble donc avoir été alors décidé de le contraindre par la terreur.
Moins de quinze jours après leur naissance officielle, les nouvelles Forces républicaines de Côte d'Ivoire allaient tristement s'illustrer
en procédant aux massacres génocidaires de Duékoué, où furent sacrifiés, officiellement, près de 900 personnes... À la lumière de Duékoué, mais aussi, par exemple, du tribalisme revendiqué (au
nom du "rattrapage ethnique") par Ouattara au pouvoir, et des quotidiennes exactions, meurtres et violences dont le pays est le théâtre actuellement, certaines phrases de ce communiqué
apparaissent d'une duplicité choquante et d'un cynisme révoltant.
"Message du Président de la République SEM Alassane Ouattara aux Forces Républicaines de Cote d’Ivoire (FRCI) (...)
Nous avons à choisir entre la citoyenneté, facteur d’intégration et le tribalisme, facteur d’exclusion.
Le déroulement paisible des deux tours du scrutin présidentiel et le fort taux de participation ont montré la maturité des ivoiriens et leur volonté de paix. (...) Il est temps d’arrêter
les exactions sur les populations. (...)
Comme prévu dans l'Accord Politique de Ouaguadougou et pour mettre fin à tous les dérapages, je viens de prendre une ordonnance portant création des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI).
Cette nouvelle Armée (...) devra également être un puissant instrument de cohésion nationale en servant d’école pratique de civisme, de tolérance, de transparence et d’initiation à la citoyenneté et à l’intégration nationale.
Elle sera un espace de compétence, de professionnalisme où la mission devra être prioritaire, où le service et le respect du citoyen devront primer sur l’intérêt privé.
Les populations ont des besoins de protection, d’intégration et de services. Nous ferons face à toutes ces préoccupations.
Officiers généraux, officiers supérieurs, officiers, sous officiers et militaires du rang voici notre nouveau challenge : bâtir les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire.
En ma qualité de Chef Suprême des Armées, je vous ordonne de commencer dès à présent, chacun à son niveau, à vous mettre en marche pour l'accomplissement de cette noble mission.
Je vous engage à changer de mentalité et de comportement pour rassurer nos concitoyens, offrir la paix à tous pour le bien de notre
pays."
Député indépendant de Bako (nord du pays) lors de la législature qui s'achève, figure emblématique du journalisme ivoirien historique, Mamadou Ben Soumahoro, chroniqueur truculent, s'en prend une nouvelle fois au couple Ouattara et à ses secrets. Dans une tribune qui se présente comme la première d'une série de textes à charge.
Un dicton populaire affirme que les peuples n’ont que les chefs qu’ils méritent. Alors… Question: Qu’est-ce que les Ivoiriens ont bien pu faire pour mériter ce couple diabolique qui n’a épargné aucune vie humaine de personnes ayant osé s’opposer volontairement ou non à leur projet de prendre la tête de la Cote d’Ivoire. Car il s’agit bien d’un vrai plan d’accaparement de notre pays à l’instar du braquage d’une banque par un gang qui s’est doté de tous les moyens pour parvenir à ses fins. Aucun ivoirien n’a été surpris par la fin du film. C’est le début de l’histoire qui a surpris même les observateurs les plus avertis et les plus concernés. Alassane Dramane Ouattara et Dominique Folloroux n’intéressaient personne et quand des vérités évidentes les concernant étaient mises sur la place publique, ceux qui devaient y prêter attention et en tirer les premières conséquences détournaient pudiquement la tête, parce ce qu’ils ne se sentaient pas directement et personnellement visés. Nous avons tous été à divers titres responsables de ce manque de vigilance à l’égard de cette dangereuse association de malfaiteurs. Alassane Dramane Ouattara s’est tracé avec aisance un véritable boulevard qui l’a conduit le 11 Avril 2011 à la Présidence de la République de Côte d’Ivoire. La brutalité de la mise en œuvre et de la conclusion de l’Entreprise s’opposaient alors à la méthode souterraine, silencieuse, sournoise et imparable de l’élimination physique systématique de tous ceux qui pouvaient même à leur propre insu gêner l’ascension boulimique de ce couple déterminé et malfaisant. Nous avons tous été à un titre ou à un autre les complices conscients, inconscients ou complaisants de ces petites et grandes manœuvres d’Alassane Dramane Ouattara et de Dominique Nouvian Folloroux pour parvenir au pouvoir d’Etat en Côte d’ivoire. Et plus nous étions élevés dans la hiérarchie des structures de l’Etat, plus nos responsabilités étaient grandes, plus nous étions encore plus sourds, plus aveugles mais surtout plus muets. Quelque part il m’est même arrivé de me demander, – et je n’étais pas le seul - si Alassane Dramane Ouattara n’avait pas envoûté les dirigeants et les populations de ce pays. Aucun renégat de cet acabit n’a jamais réussi nulle part au monde une telle aventure avec une facilité aussi déconcertante
- Personne n’a jamais tenté de l’embastiller alors qu’il le méritait au moins une centaine de fois.
- Un chef d’Etat élu de ce pays a renoncé à faire exécuter un mandat d’arrêt international contre ce délinquant
primaire.
- Un autre chef d’Etat démocratiquement élu a été contraint par la communauté internationale de lui octroyer la nationalité,
l’éligibilité, la candidature et un bétail électoral, devant une Assemblée Nationale bloquée et un peuple médusé.
Quelque soit la rationalité de votre formation et de votre éducation, vous n’arriverez pas à me convaincre que Alassane Dramane Ouattara n’a pas mis en action "ses armées médiévales de la nuit" pour faciliter notre engourdissement, notre asservissement mental, et arrêter toutes nos réactions et initiatives. Nous oublions souvent que la guerre que nous a livrée Alassane Dramane Ouattara a duré 20 ans ! Au cours de cette période mouvementée et dure, il m’est arrivé de recevoir une après-midi à mon domicile des 2 plateaux Hamed Bakayoko alors patron du journal le Patriote. J’avais quitté le RDR plusieurs mois auparavant. Sa visite avait deux objectifs :
- M’empêcher de faire publier le numéro spécial d’un journal qui devait parler de Madame Dominique Nouvian Folloroux qui n’était pas tout à fait encore madame Ouattara. Malgré les menaces d’extermination d’Hamed Bakayoko qui ne cessait pas de faire allusion au premier ministre Alassane Dramane Ouattara, l’amant de Dominique, je lui ai opposé une fin catégorique de non-recevoir en lui promettant de supporter toutes les conséquences de mon acte.
- Le deuxième sujet était plus complexe: Hamed Bakayoko s’était donné pour mission de me convaincre de revenir au RDR. Voici la teneur de la conversation :
H.B. : Grand frère reviens à la maison (sous-entendu au RDR que je venais de quitter).
B.S. : Jamais plus je ne prendrai place autour d’une table avec Alassane Dramane Ouattara.
H.B. : Tu as tort grand frère parce que Alassane va devenir Président. Il est bon que tu viennes avec nous reprendre ta place au parti.
B.S. : Ma réponse est NON.
H.B. : Tu ne sais pas ce que tu perds. Tous les marabouts ont dit à Alassane qu’il allait diriger ce pays, que ce sera difficile, qu’il connaitra peut être même la prison mais qu’il finira par être Président…
La conversation n’est pas allée plus loin. Nous étions en 1998. Comme vous le voyez, rien ne devait lui échapper ni lui résister. Les marabouts, les fakirs et les marmiteurs étaient à l’œuvre, les néo-colonisateurs impénitents aussi. N’allez pas demander à Nicolas Sarkozy de faire son examen de conscience après ce qu’il a fait à la Cote d’Ivoire et aux Ivoiriens. Il est le digne continuateur des basses œuvres de ses ainés et prédécesseurs. Dans l’intérêt bien compris de la France et de la France seule.
Quand, comme cela a été le cas pour la Côte d’Ivoire les autorités françaises trouvent un apatride, un ectoplasme du type Alassane Dramane Ouattara pour jouer le rôle de pantin-exécuteur-testamentaire pour leur compte, c’est nous et nous seuls qui en payons le prix. D’ailleurs l’année dernière, le plus brillant écrivain français de l’année 2011 Alexis Jenni dont le livre L’art français de la guerre primé par l’académie Goncourt et dont on dit qu’il est un grand connaisseur de l’Afrique a exposé avec brio en trois phrases notre infortune et notre impuissance : "Dans les guerres coloniales, on ne compte pas les morts adverses. Ils sont une difficulté du terrain que l’on écarte, comme les cailloux pointus, les racines de palétuviers, ou encore les moustiques. On ne les compte pas parce qu’ils ne comptent pas." Dont acte.
Avant d’entrer dans le vif du débat auquel je vous convie je voudrais mettre un terme à une idée reçue chez les responsables du RDR et chez les proches d’Alassane Dramane Ouattara. Un jour assez peu lointain, une dame m’apostrophe dans la salle d’attente d’un ministère en des termes peu équivoques : "Mais toi, Ben Soumahoro pourquoi tu as tant de haine pour Alassane Dramane Ouattara ? Qu’est-ce qu’il t’a fait ?"
- Madame, vous vous trompez lui ai-je répondu. Je n’ai pas de haine pour Alassane Dramane Ouattara. Je le méprise. Ce n’est pas la même chose.
Chers lecteurs, je vous dois une véritable explication et c’est l’objet de notre rencontre : Alassane Dramane Ouattara est un MENTEUR mais ce que nous vivons avec lui depuis une vingtaine d’années est plus grave. Voici un homme qui regarde droit dans les yeux les ressortissants de son vrai pays le Burkina Faso en affichant son dédain pour eux, affirmant qu’il ne les connait pas et ne les reconnait pas. Voici un homme qui débarque en Côte d’ivoire après quarante ans de vie passée sous LA LOI d’un autre pays, qui regarde les ivoiriens droit dans les yeux et leur affirme urbi et orbi qu’il est natif du rail. Alassane Dramane Ouattara s’offre en prime une mère qu’il ne connait pas, en rejetant une autre enterrée dans la région de Sindou au Burkina Faso, sans compter bien d’autres choses suspectes qui appartiennent désormais à l’HISTOIRE. Qui peut me dire ce que Alassane Dramane Ouattara avait à se cacher à lui-même ? Quel complexe voulait-il liquider sur le dos des ivoiriens ? La question n’est plus de savoir si Alassane Dramane Ouattara est étranger ou non. Le problème est définitivement réglé. La question est : comment se sent-il après tant de mensonges, de tromperies, de duperies. Le problème de cet homme reste un problème MORAL et un problème de DIGNITE. Le laisser gouverner notre pays c’est jeter l’honneur de la Cote d’Ivoire dans une poubelle, parce que désormais Alassane Dramane Ouattara mentira avec l’autorité de l’Etat. Comment alors imaginer la nature de nos rapports avec l’Afrique et le monde. L’image qu’il donnera désormais de la Cote d’ivoire est pour moi insupportable. Ne vous y trompez pas. Le vernis mondain que lui ont prêté les occidentaux ne résiste à aucune pression de la vie réelle. Il est policé, ce qu’il ne faut pas confondre avec la politesse. Il est policé jusqu’aux confins de l’obséquiosité. Mais tout cela cache une brutalité extrême et une absence totale d’Etat d’âme devant les problèmes humains. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui est son rapport à la MORT, la mort de ses proches que souvent il a provoquée. Mais il ne l’a pas fait tout seul. Son égérie, son mauvais génie, son âme damnée, son épouse Dominique Nouvian Folloroux a tenu le manche du CHAUDRON.
Elle aussi est une MENTEUSE à sa manière.
Je regardais un soir à la télévision brésilienne, l’élection de Miss Monde 2011. La plus belle créature retenue était la représentante de l’Angola. Sans doute aucun, elle était la plus belle. Avant la fin du spectacle, le présentateur lui pose une dernière question piège : "Miss Monde, que souhaitez-vous que l’on retire ou rajoute à votre beauté ?" Et la Miss de répondre : "Rien Monsieur, je saurai me contenter de ce que le Seigneur m’a donné." Grand réalisme mais surtout grande humilité. La salle était sous le charme, les téléspectateurs du monde entier et votre serviteur aussi. Cette histoire m’a impressionné parce que justement au Brésil, on peut tout faire avec la chirurgie esthétique, les implants mammaires PIP… on peut vraiment tout faire. C’est là bas précisément que des femmes comme Dominique Nouvian Folloroux Ouattara ont essayé de défier la nature en se donnant d’abord un nouveau nez avec la rhinoplastie, ensuite un nouveau visage sur le modèle de Candy Candy régulièrement remis à jour par des liftings de plus en plus tendus qui ne laisse plus place pour un simple sourire au bout d’un certain temps, sans compter le silicone pour avoir une poitrine avantageuse, les faux cheveux blonds tissés au cuir chevelu et le botox pour arranger le popotin à l’africaine. Tout sur cette femme artificielle, froide, ambitieuse et cupide est FAUX. Bien entendu cela relève de sa vie privée et ne regarde que son usurpateur de mari. Mais elle a voulu à tout prix devenir Première dame de la Cote d’Ivoire. A partir de ce moment-là et même si elle a triché pour s’octroyer le titre, tous le sujets et objets de sa représentation nous regardent. D’où ces remarques justifiées que tout Ivoirien et toute Ivoirienne devrait prendre en compte. Cette femme MENT à elle-même, à Dieu et à la Nation. Ce qu’elle voit dans sa glace le matin devrait la culpabiliser comme les crimes odieux qu’elle a imaginés, organisés, perpétrés avec son imposteur de mari dont elle voulait absolument faire la promotion et se donner une place de Reine à la tête de la Côte d’Ivoire.
Le pouvoir, elle le connaissait déjà pour avoir vécu dans les ors de la République avec Félix Houphouët Boigny qui avait pour elle une extraordinaire faiblesse. Il en avait fait sa confidente et bien plus. A la fois Mata-Hari et mante religieuse, cette "veuve noire" va s’évertuer à écourter la vie de son bienfaiteur pour faire place à son nouveau pygmalion dont elle fera son mari et son Président… en attendant le suivant. Mais l’aventure des assassinats ne commence pas avec Félix Houphouët Boigny dont elle a encore besoin pour assouvir ses noirs dessins. Tout cela commence avec les Fadiga. L’oncle et le neveu : M. Folloroux, l’époux légitime de Dominique Nouvian se suicide par dépit lorsqu’il découvre que sa femme est la maitresse de son patron M. Vamoussa Bamba alors Directeur général de l’enseignement technique. En fait, Bamba Vamoussa n’était qu’un marchepied. Ce qu'elle visait, c’était l’ARGENT et uniquement l’ARGENT. Elle savait de source certaine que Bamba Vamoussa était le neveu d’Abdoulaye Fadiga, premier Gouverneur Ivoirien de la BCEAO après avoir dirigé la CAISSTAB pendant de nombreuses années. Alors qu’elle n’était qu’une petite secrétaire à l’ambassade du Canada à Abidjan, son but premier était de faire fortune. Son aspiration au pouvoir ne vient que plus tard, tout à fait par hasard et nous l’allons montrer dans les prochaines pages de ce débat…
Merci de patienter pour la suite.
Photo - dr Texte - MAMADOU BEN SOUMAHORO
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Vendu dans les marches et rassemblements politiques africains