Bonjour ! C’est le con de Blanc qui vous demande de l’aide : Mandela – LE Mandela, votre héros - a-t-il favorisé le fils de son meilleur ami pour lui succéder ? Ou, au
contraire, subi l’ignoble loi démocratique et dû sacrifier le dit fiston aimé ?
Ne riez pas, noirs lecteurs : votre histoire, faute d’être écrite chez vous, est bel et bien réécrite chez nous. Jusqu’en 2004, pas de problème : Nelson Mandela cède le
pouvoir à Thabo Mbeki, point final. Oubliant que la fin de l’Apartheid est aussi due à la lutte de tout un peuple, soutenu par une frange de l’opinion américaine qui boycotte les
entreprises anglo-saxonnes investissant en Afrique du sud. Et c’est là que la bât blesse, car ce peuple en lutte possède d’autres figures de proue. Notamment Cyril Ramaphosa, qui
crée le syndicat des mineurs, négocie la fin de l’Apartheid avec les Blancs et rédige la nouvelle constitution sud-africaine. D’une fabuleuse intelligence, il est élu à la tête de
l’ANC et désigné par les Irlandais comme « observateur » externe au conflit anglo-irlandais du désarmement des uns et des autres… Las ! Mandela choisit le fils de
son meilleur ami, aristocrate xhosa comme lui, Thabo Mbeki, par ailleurs vice-président, plutôt que Ramaphosa, secrétaire général de l’ANC, mais fils d’un sergent de ville qui n’a jamais connu
Mandela et est loin d’appartenir à l’aristocratie noire sud-africaine. En 2004, un journaliste anglais de la BBC (qui fait donc autorité), décrète que c’est Cyril Ramaphosa le
fils du meilleur ami de Mandela et Tabo Mbeki « l’homme de l’ANC ». Ainsi : Mandela « s’incline » devant la volonté populaire en renonçant à désigner Ramaphosa… Le
mauvais tour est joué. En France, deux ans après, Jack Lang, fait écrire un livre sur Mandela par des « nègres » qui, se basant sur les archives de la BBC, amplifient
la thèse : Mandela est le plus grand des démocrates, il cède aux exigences de l’ANC plutôt que de pousser le fiston de son copain. Mandela, bien sûr, ne moufte pas puisque ça va dans le sens de
sa grandeur…
Tabo Mbeki, fils du meilleur ami de Mandela imposé par ce dernier contre la volonté de la majorité de l’ANC, ne peut plus se représenter, ayant effectué deux mandats. La candidature de
Ramaphosa revient donc sur le tapis après que le vice-président Jacob Zuma ait été écarté de sa route par une affaire de viol (il a été blanchi) et une autre de corruption. Le génial Cyril
représente le « pouvoir économique noir » en Afrique du sud, « boosté » par le fond de pension des mineurs sud-africains (il préside le groupe Johnnic,
principal opérateur de téléphonie mobile en RSA et au Nigeria). Il a donc quelques chances d’être élu s’il décide de se jeter à l’eau. Les Blancs diront alors que « le fils du meilleur
ami de Mandela a pris sa revanche ». Pas mal, non ?!
Photo - Dr Texte - Christian d’Alayer
PS : article initialement paru dans la version papier du Gri-Gri International en juin 2007
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