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Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Porter au président du Conseil constitutionnel sénégalais une lettre de doléances, lui demandant de ne pas permettre, au nom de la morale, une nouvelle candidature à la présidentielle de 2012 du nonagénaire délirant Abdoulaye Wade, vient de coûter à Malick Noël Seck, SG de Convergence socialiste une condamnation à deux ans de prison, pour outrages et menaces de mort. Les réactions populaires au Sénégal ont été nombreuses, la presse et Internet en attestent ; sur facebook, Malick Noël Seck est en passe de devenir une cause panafricaine, en raison de ses courageuses prises de position en faveur de la souveraineté ivoirienne et de la justesse de son engagement moral pour le Sénégal. Depuis quelques heures, Amnesty International, soi même, s'est emparée de l'affaire. Reporters sans frontières, que nous allons interpeller, eu égard au fait que, comme la plupart de ses interventions médiatiques, le texte qui vaut la prison à Malick Noël Seck a été également publié par le Gri-Gri International, ne manquera pas, très bientôt sûrement, de réagir et demander des comptes à cette démocratie sénégalaise qui prend l'action populaire pacifique pour une menace terroriste, la super civique lettre de doléance pour un outrage et le courage d'un homme pour un motif de l'encager exemplairement (qui l'ouvrira au Sénégal après ça ?).
On savait le PS sénégalais engourdi, figé dans son rôle d'opposition, symétrique pratique du pouvoir wadisé permettant à celui-ci de se maintenir ; et sous la férule, lui aussi, des mêmes depuis vingt ans... Le PS a "réagi" : fourni un "pool" d'avocats à Malick Seck, envoyé son discrédité leader Thanor "Hibernatus" Dieng montrer son "émotion" au tribunal. Mais d'actes politiques point. D'acte politique fort, sensé et efficace, point.
L'honneur politique de l'opposition sénégalaise aura été "sauvé" (mais pas plus) par le premier secrétaire du Bloc centriste gaïndé (Bcg), initiateur de la démarche visant à reproduire la même lettre que Malick Noël Seck, pour le sortir des griffes du régime libéral et ses « magistrats qui s’exécutent bêtement ». Mais Jean-Paul Dias a fini par se résigner, faute d’adhérents. Les «défaillants » de l’opposition, à l’en croire, n’ont pas suivi sa démarche « par jalousie. Je ne citerai pas ces leaders politiques de l’opposition ; ils se reconnaîtront. (...) Le sens de la démarche, c’est qu’au moment où Malick Noël Seck et ses camarades ont fait une lettre adressée au Conseil constitutionnel, le Parquet dit que le document est plein de menaces ; il est attentatoire, en quelque sorte, au respect qu’on doit aux magistrats, alors que c’est complètement faux. Donc à partir de ce moment-là, il suffisait de reprendre la même lettre avec les mêmes expressions et les mêmes phrases et d’amener le maximum de chefs de parti politique à la signer. Je voudrais rappeler par là que Malick Noël Seck n’appartient pas à mon parti ; nous sommes tous dans un combat pour éviter la candidature de Wade, donc nous devons nous soutenir. Le courrier de Seck, c’était en quelque sorte une mise en garde adressée au Conseil constitutionnel. (...) Ce qu’il fallait pour empêcher cela, c’était de reprendre la même lettre que Malick Seck a faite. Si on l’avait fait, j’ai la conviction qu’il ne serait pas envoyé à Rebeuss. Même envoyé à Rebeuss, le juge ne pourra pas l’inculper, parce que nous autres leaders avons fait la même chose. Donc, ou bien on relâche Malick Noël Seck, ou bien on nous inculpe tous. Je n’ai pas été suivi et j’en suis désolé. » Les trois chefs d'accusation, troubles à l’ordre public, outrage à magistrat, violence et voie de fait sont tous, pour Dias, « infondés et mensongers. Ceci est un problème politique et il faut passer par des voies politiques. Mais être là à dire : « On va constituer un pool d’avocats », c’est du n’importe quoi. On fait de la politique ou on fait autre chose. La politique, ce n’est pas la justice. Les magistrats commencent à prendre cette affaire comme si ce sont eux qui ont été attaqués, alors que c’est complètement faux. Aussi, je m’inscris en faux contre la déclaration du président de l’Ordre des magistrats. Quand il dit que ce que Malick a fait est inadmissible, il raconte n’importe quoi. Les magistrats devraient s’occuper des cas des justiciables et être plus prudents avec les dossiers politiques. Mais ils s’exécutent bêtement, les yeux fermés. »
Texte - S.T. Photo - dr
Les jeunes de l'opposition et de la société civile sénégalaise ont mis hier à exécution leur menace de signer et de déposer au siège du Conseil constitutionnel la lettre qui a valu deux ans de prison ferme à Malick Noël Seck. Thierno Bocoum, représentant les jeunes de "Rewmi" : "Si Malick Noël Seck est en prison, aujourd'hui, à cause de cette lettre, nous aussi, nous devons nous retrouver en prison. Nous assumons notre acte et nous allons déférer s'ils nous convoquent."
Le Mouvement national des jeunesses socialistes, qu'on imaginait déjà en prison solidairement, lui, fait son malin, paternalise inutilement... nuance dans des sphères inaccessibles au bon sens... décrète que les jeunes de l'opposition font dans "l'activisme", alors que lui, aussi ébranlé, semble-t-il, que Wade lui-même, donnerait dans la vraie "politique"... la bien connue politique politichienne ? Le MNJS paraît décidément bien inféodée à une direction du PS plus impertubablement à l'ouest et anachronique que jamais.
Comment accepter que le PS sénégalais ne tire pas un meilleur profit de la faute politique majeure commise par Wade ? Comment comprendre que ses rusés ténors ne
voient pas, dans l'affaire Sèye, véritable arrière-plan de cette affaire d'État, de quoi, légalement, légitimement et définitivement déloger Wade ?
Si Thanor Dieng était un homme, lui aussi, il signerait la lettre de Malick Noël Seck !
Les noms des signataires :
Thierno Bocoum (Rewmi) ; Charles O.Biagui (Naxx/Mag) ; Aïda Niang (Bes du niak) ; Cheikh Fall (Je refuse) ; El Hadj Abdoulaye Fall (Je refuse) ; Ousmane
Ndiaye (Jëf-jël) ; Abdou Cissé Mbaye (Alternative générationnelle Ag jotna) ; Djbril Guissé (Yoonu askan wi) ; Ababacar Fall (AFP) ; Kaly Samuel Bougane (PIT) ; Hamet B.Fall (PIT) ; Abdoulaye
Faye (CRAC) ; Abdourahmane Souf (UDS/Innovation) ; Moussa Mbaye (MSP) ; Ibrahima Lopes (LD) ; Papis Tounkara (LD) ; Abdou Mbow (APR) ; Mamadou Mbodj Diouf (PS) ; Cheikh Diop
(FEDES)
PRÉAMBULE de la CONSTITUTION de la RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL
Le peuple du Sénégal souverain, profondément attaché à ses valeurs culturelles fondamentales qui constituent le ciment de l'unité nationale ; convaincu de la
volonté de tous les citoyens, hommes et femmes, d'assumer un destin commun par la solidarité, le travail et l'engagement patriotique ; considérant que la construction nationale repose sur la
liberté individuelle et la respect de la personne humaine, sources de créativité ; conscient de la nécessité d'affirmer et de consolider les fondements de la Nation et de l'Etat ; attaché à
l'idéal de l'unité africaine ; affirme :
- son adhésion à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 et aux instruments internationaux adoptés par l'Organisation des Nations-Unies et
l'Organisation de l'Unité Africaine, notamment la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes du 18 décembre 1979, la Convention relative aux Droits des Enfants du 20 novembre 1989 et la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples du 27 juin 1981,
- son attachement à la transparence dans la conduite et la gestion affaire publiques ainsi qu'au principe de bonne gouvernance ;
- sa détermination à lutter pour la paix et la fraternité avec tous les peuples du monde ; proclame:
- le principe intangible de l'intégrité du territoire national et de l'unité nationale dans le respect des spécificités culturelles de toutes les composantes de la
Nation ;
- l'inaltérabilité de la souveraineté nationale qui s'exprime à travers des procédures et consultations transparentes et démocratiques ;
- la séparation et l'équilibre des pouvoirs conçus et exercés à travers des procédures démocratiques ;
- le respect des libertés fondamentales et des droits du citoyen comme base de la société sénégalaise ;
- le respect et la consolidation d'un État de droit dans lequel l'Etat et les citoyens sont soumis aux mêmes normes juridiques sous le contrôle d'une justice
indépendante et impartiale ;
- l'accès de tous les citoyens, sans discrimination, à l'exercice du pouvoir à tous les niveaux ;
- l'égal accès de tous les citoyens aux services publics ;
- le rejet et l'élimination, sous toutes leurs formes, de l'injustice, des inégalités et des discriminations;
- la volonté du Sénégal d'être un État moderne qui fonctionne selon le jeu loyal et équitable entre une majorité qui gouverne et une opposition démocratique, et un
État qui reconnaît cette opposition comme un pilier fondamental de la démocratie et un rouage indispensable au bon fonctionnement du mécanisme démocratique; approuve et adopte la présente
constitution dont le préambule est partie intégrante.
Malick Noël Seck, condamné à deux ans de prison, pour outrage et menace de mort, parce qu'il avait apporté au président du Conseil constitutionnel sénégalais une lettre de doléance, dans laquelle il demandait aux Sages de refuser le changement constitutionnel qui permettrait à Wade de se présenter pour un troisième mandat... et évoquait l'affaire Sèye, du nom d'un juge assassiné, si l'on en croit le journaliste sénégalais Latif Couibaly, qui a consacré un livre à l'affaire, sur ordre de Wade en 1993.
Doléance du peuple sénégalais aux membres du Conseil Constitutionnel
Nous sommes venus vous rappeler aujourd’hui, le serment tacite que vous avez fait au peuple sénégalais en acceptant votre statut de membre du conseil constitutionnel. Vous avez juré de fidèlement remplir vos fonctions, de les exercer en toute impartialité dans le respect de la Constitution, de garder le secret des délibérations et des votes, de ne prendre aucune position publique, de ne donner aucune consultation sur les questions relevant de la compétence du Conseil. Il nous semble aujourd’hui que vous avez manqué à vos engagements et à votre parole, et que vos séminaires, vos rassemblements, ne sont que les signes avant-coureurs d’une forfaiture
annoncée.
Or la candidature de Wade aujourd’hui ne relève pas uniquement de considérations juridiques ou constitutionnelles, elle est tout simplement immorale. La presse et
l’opposition s’empressent de dénoncer une troisième candidature du chef de l’Etat, en vertu des engagements qu’il aurait pris de ne jamais se représenter et des modifications qu’il aurait lui
mêmes apporté à la Constitution, nous la refusons au nom de la dignité nationale.
Nous tenons à vous rappeler que les fonctions du chef de l’Etat exigent une intégrité sans faille destinée à garantir la dignité sénégalaise. Parce que nous aspirons à vivre dignement, nous voulons mettre un terme au fatalisme du peuple sénégalais qui par résignation a fini par accepter les abus de l’Etat, l’assistanat, et l’opprobre. Ce que nous exigeons, c’est la restauration des valeurs Républicaines dont Wade lui-même, dans son double langage, se réclame lorsqu’il réaffirme : « … avec force son attachement à l’observation stricte des règles de transparence et d’éthique dans la gestion des affaires publiques ».
Nous vous invitons à le prendre au mot et à revisiter les dix ans de malversations financières que nous venons de traverser. Les contradictions multiples du chef de l’état, ses revirements, ses manquements à la parole donnée, le détournement manifeste des deniers publics par les membres de son entourage et de sa famille, sa tentative de corruption d’un membre du FMI et son implication directe dans l’assassinat de maître Babacar SEYE lui interdisent de briguer pour une troisième fois la magistrature suprême.
On n’organise pas de festival dans un pays sans électricité et sans feux rouges.
On ne construit pas de statue de la « renaissance » dans un pays sans hôpitaux.
On n’engage pas le salaire des retraités dans des escroqueries financières.
Wade doit tomber, l’honneur du Sénégal l’exige !
Nous sommes venus chez vous manifester nos ressentiments et vous désigner comme les responsables de nos souffrances quotidiennes. Wade peut aujourd’hui violer l’éthique républicaine sans en souffrir les conséquences, à cause d’hommes comme vous. Demain, lorsque la parole sera à la rue nous reviendrons plus nombreux afin que vous nous rendiez des comptes. « Vivre coûte beaucoup, mourir également. Faire front exige de la dignité. » Il ne sera pas dit que nous ne vous avons pas offert la possibilité de faire front avec nous.
Texte - Convergence Socialiste.
Depuis sa cellule de Rebeuss, où la police de Wade l'a enfermé, Malick Noël Seck, Secrétaire général de Convergence socialiste, militant panafricain et contributeur régulier du Gri-Gri International, nous écrit. Il revient sur la lettre de doléance qu'il a portée au président du Conseil constitutionnel. C'est, soi disant, à cette lettre qu'il doit son arrestation, pour outrages et menaces de mort. Dans ce texte, Malick révèle ce qui, en fait, gêne le pouvoir sénégalais : la référence explicite à l'assassinat de Me Sèye...
Je suis en prison pour délit d’opinion, et depuis ma cellule je nie la totalité des charges portées contre moi, qui ne sont que les procédures classiques
d’intimidation d’un pouvoir aux abois !
Il n’est plus question d’une opposition idéologique entre le PS et le PDS. Je ne m’inscris plus dans cette bipolarité du discours
: Blanc/Noir, Socialiste/PDS etc. Le peuple se moque éperdument de nos divergences et de nos consensus, ce qu’il veut le peuple, ce sont des résultats ! On m’accuse d’avoir présenté une lettre de
doléances au domicile de Cheikh Tidiane Diakhaté, ce geste seul constituerait une atteinte à sa personne !
Ce sont les membres du PDS de Wade, après la victoire du PS aux législatives de 1993, qui avaient demandé aux membres du conseil Constitutionnel de
« préparer leurs cercueils », menace qu’ils n’ont pas hésité à exécuter, puisque quelques semaines plus tard Me Sèye était assassiné par des hommes qui ont depuis avoué
leur crime et dénoncé son commanditaire.
Ce que l’Etat cherche à décourager c’est l’attroupement devant les domiciles des responsables politiques. Imaginez un seul instant les syndicats organisant des
manifestations devant le domicile du ministre du travail, de la santé ou de l’urbanisme, les populations allant porter leurs doléances directement à la personnalité politique responsable de leur
sort, cela changerait dramatiquement les règles du jeu.
On pourrait dès lors entendre moins de promesse et obtenir plus de résultats.
Vous ne pouvez pas souhaiter une amélioration de vos conditions d’existence sans au préalable vous assurer de l’intégrité morale de ceux qui nous gouvernent. Nous
avons bien trop souvent détourné les yeux pour ne pas voir les véritables causes de notre retard économique qui est le résultat des détournements de fonds publics à des fins personnelles par des
hommes que nous avons élus.
Depuis dix ans nous vivons au rythme des scandales politico-financiers, marqués par l’enrichissement illicite et la fortune aussi soudaine qu’inexplicable des
membres du gouvernement. Des auteurs qui ont pignon sur rue l’ont dénoncé. Qu’à cela ne tienne !
J’invite les Sénégalais au nom de la transparence que Wade leur fait miroiter depuis toujours, à demander l’organisation d’une commission d’enquête indépendante
afin de faire toute la lumière sur la fortune personnelle de Wade, des membres de son gouvernement et de sa famille !
BRP (Bizzozero & Partners) SA, basée à Genève et dirigée par des juristes Suisses pourraient se charger de cette enquête. L’intégrité de nos
dirigeants est un préalable nécessaire à l’organisation des élections de 2012.
J’entends Bara Gaye, de l’Union des Jeunes Travaillistes Libéraux, essayer de dénigrer mon geste en évoquant les valeurs Sénégalaises. Mon geste
n’engage pas les valeurs du Sénégal, mais le droit qui revient à tout citoyen d’exiger des comptes aux membres du Conseil Constitutionnel qui ont été nommés par Wade moyennant un salaire de trois
millions de francs mensuel pour statuer sur la constitutionalité de sa candidature !
Que pensez vous qu’ils vont faire ? De qui se moque-t-on ?
Nous aimons l’héroïsme lorsqu’il est apprivoisé et sans danger ! Il est très commode de célébrer le centenaire de Mamadou Dia, mon maitre à penser,
pour mieux oublier qu’il a incarné la dignité et l’intégrité Sénégalaise, en défiant nos institutions et nos magistrats lorsqu’ils faisaient fausse route. Il est l’homme politique le plus
intègre de l’histoire du Sénégal et ironie du sort lorsqu’en 1962 nos tribunaux le condamnaient à la perpétuité, c’est Me Abdoulaye Wade qui le défendait !
Les apparats de la magistrature, l’appareil judiciaire et ses procédures ne sont que les symboles de notre désir d’être justes, ils ne signifient pas la justice. La
justice, c’est au peuple Sénégalais de l’exiger. « La riposte doit être a la mesure de la provocation ; il n‘y a pas d’autre solution que l’action sur le terrain, en acceptant sans hésiter
les risques possibles et imaginables que fait planer sur nos têtes un pouvoir qui nous annonce sa détermination à installer dans notre pays l’ère du terrorisme d’Etat. » Mamadou
Dia.
Rebeuss le 17 octobre 2011
Malick Noël Seck
SG Convergence socialiste
Responsable PS Sicap Liberté
www.convergence-socialiste.com
Bonus : la version vidéo
Vendu en ligne (+ frais de port) sur www.nouveaucourrier.info
Vendu chez Présence Africaine, 25 bis rue des écoles 75 005 Paris
Vendu dans les marches et rassemblements politiques africains