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Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Malick Noël Seck, le militant politique Sénégalais, a été arrêté le 10 Octobre 2011, pour avoir adressé une lettre ouverte au Président du Conseil Constitutionnel concernant l’irrecevabilité de la candidature du Président Abdoulaye Wade aux élections présidentielles de Février 2012. Il a été accusé à tort d'avoir proféré des menaces de mort à l’encontre des membres du Conseil Constitutionnel et pour «outrages à Magistrats». Or les membres du Conseil Constitutionnel ne sont pas au terme du droit Sénégalais des magistrats de l’ordre juridique ou administratif. Par ailleurs, Amnesty International a, dans une déclaration officielle, démenti la nature calomnieuse de cette accusation et réclamé sa libération immédiate. Vous pouvez lire la lettre sur le site: www.amnesty.org
Malick Noël Seck a été condamné à 2 ans de prison ferme le 19 Octobre 2011. Il a été déporté le 11 Novembre 2011 à la prison de Tambacounda sachant qu’au Sénégal, les personnes qui sont condamnées par des juridictions de Dakar doivent être emprisonnées à Dakar. Le comité de soutien s’inquiète aujourd’hui des conditions d’incarcération de Malick Noël Seck.
Nous vous demandons donc de signer cette pétition sur le site www.change.org afin d’amener l’opinion publique à réaliser l’injustice que constitue une condamnation qui viole le droit fondamental à la liberté d'expression de l’article 10 du code de la constitution du Sénégal
Le Comité de Soutien et de Réflexion pour la libération de Malick Noël Seck
Malick Noël Seck, a Senegalese political activist, was arrested on October 10th, 2011, for delivering an open letter to the President of the Constitutional Council stating that the third term candidacy of President Abdoulaye Wade is unconstitutional. He was charged with making death threats against the members of the Constitutional Council and "contempt of the court". The letter contains no death threats. Furthermore, the letter cannot be seen as "contempt of the court," as members of the Constitutional Council are not magistrates of the Senegalese legal or administrative system.
Amnesty International has, in an official statement, denied the nature of this slanderous accusation and demanded his immediate release. You can read their
statement at: www.amnesty.org
Malick Noël Seck was sentenced to two years in prison on October 19th 2011. He was deported on November 11th, 2011 to Tambacounda prison knowing that in Senegal,
people who are sentenced by Dakar courts should be imprisoned in the city of Dakar. The Support Committee is concerned today about Malick Noël Seck’s detention conditions.
Therefore we request that you sign our petition on www.change.org to raise public opinion about the injustice of this sentence which clearly violates the fundamental right to freedom of speech in Senegal, as stated in Article 10 of the constitution.
The Committee for the Release of Malick Noël Seck
L'histoire est ridicule, pathétique, embarrassante, gênante car terriblement symptomatique. Énième fils de ministre de l'alternance à humilier la morale publique et à insulter l'intelligence sénégalaise : celui de Cheikh Tidiane Sy. Dans la nuit de samedi à dimanche, certain qu'au final sa victime prendrait pour lui, tant il est vrai qu'aujourd'hui au Sénégal le "Thiof", le gros poisson, a quasiment remplacé le Toubab, en matière d'impunité, il a agressé un chauffeur de taxi.
Placé en garde à vue "vers 5 heures du matin", Abdoul Aziz Sy en est miraculeusement sorti à...12h. Suite à une transaction menée par la famille ministérielle, le taximan a même retiré sa plainte. On parle de 250 000 FCFA, remis par un oncle du fils de... Pour certains observateurs, un autre motif d'étonnement : le retrait de la plainte a été suivi d'une inhabituelle extinction de l'action publique... Le père du fils de est un coutumier, en septembre 2009, n'avait-il pas fait condamner un chauffeur, cette fois-ci, de car, coupable d'avoir barré la route au cortège de "môssieu le ministre" ?
Tout va mieux au Sénégal.
Les Sénégalais méritent leur sort. C’est pour cela que l’ont vous humilie en France, en Italie, en Espagne etc… On ne peut pas vous respecter après avoir vu la poubelle qu’est Dakar ! Wade veut se représenter à l’âge de 87 ans parce qu’il ne pense qu’a ses propres intérêts. Un homme qui en libérant les assassins de Me Sèye en 2002, à clairement indiqué qu’il était le commanditaire de cet assassinat ! Un homme qui s’est attelé à des constructions stupides dans un pays sans hôpitaux où la qualité de l’éducation s’est complètement détériorée. Nous envoyons nos enfants à l’université alors que des maitrisards sont dans les rues de Dakar et ne font rien. Plusieurs ONG ont quitté le pays à cause des coupures d’électricité. La corruption est si chronique que les investisseurs ne veulent plus mettre les pieds au Sénégal.
Vous vivez dans un pays ou la constitution a été abrogée par un régime qui s’achemine lentement vers une dictature du type gabonais. Un pays où Malick Noel Seck s’élève contre l’imposture qu’est le Conseil Constitutionnel et se fait arrêter et déporter à Tambacounda dans le silence général.
Si demain les Sénégalais de l’extérieur s’arrêtaient d’envoyer de l’argent au Sénégal, l’économie entière péricliterait. Les Sénégalais de l’extérieur ne seront pas les vaches à lait du Sénégal ! Nous soutenons nos familles mais en retour nous leur demandons de faire des sacrifices pour que la démocratie et la justice triomphe au Sénégal. Nous compromettons l’avenir de nos propres enfants, parce qu’une partie de nos revenus va au Sénégal. Cela ne durera pas éternellement. Personne ne se bat au Sénégal parce que tout le monde vit sous perfusion. On vous a émasculés avec une interprétation fallacieuse de l’islam, or l’Islam n’est pas une religion de perdant. Et vous êtes des perdants !
Que ceux qui ont rêvé de pardon présidentiel pour Malick Noël Seck se rassurent, Wade ne pardonne que les coupables ! Célébrons ensemble le courage
des hommes du M23 et tous ceux qui se sont associés à leur geste, en adoptant la seule attitude qui s’impose a l’heure actuelle : signer la lettre de Malick Noël Seck et la
remettre aux membres du Conseil Constitutionnel. Je dis bien les Hommes du M23, ni les « Jeunes », ni les « Militants », ni les « Activistes ». Épithètes paternalistes à l’usage de planqués
septuagénaires qui ne souffrent pas des mêmes maux que nous.
Malick Noël Seck est en prison pour avoir exposé une « forfaiture annoncée ». Le mode de nomination des membres du Conseil Constitutionnel au Sénégal est une
hérésie institutionnelle qui rend caduques toutes leurs décisions.
Le Conseil constitutionnel français, sur lequel il est calqué, se compose de 9 membres nommés, auxquels s'ajoutent des membres de droit. Trois le sont sur décision
du Président de la République, lequel désigne aussi le Président du Conseil. Trois par le Président de l'Assemblée nationale et trois autres par le Président du Sénat. Les anciens Présidents de
la République française sont membres de droit et à vie.
Au Sénégal, les cinq membres du Conseil sont nommés par le Président de la République !
Malick Noël Seck a pressenti que les membres du Conseil Constitutionnel avaient déjà décidé de valider la candidature de Wade aux élections de
2012. Comment pourrait-il en être autrement ?
On l’accuse d’avoir menacé de mort les membres de ce fameux Conseil, alors que l’actuel président de la République était inculpé pour l’assassinat de l’un de
ses membres, après la victoire du PS aux législatives de 1993. Les craintes de Malick Noël Seck, personne ne les comprend mieux que Wade, qui disait à la veille de ces élections : «
Je ne donne aucun crédit aux décisions du Conseil constitutionnel qui se trouve sous l’influence des hommes d’Abdou Diouf, en particulier de son vice-président, Me Babacar Sèye, qui a été pendant
longtemps un député socialiste. Ce n’est pas sérieux. »
Dès son arrivé au pouvoir, Me Wade fera gracier les assassins de Me Sèye (Clédor Séne, Assane Diop et Pape Ibrahima Diakhaté, tous proches du PDS)
qui menaçaient de ne plus se taire, et leur remettra dix-huit millions de francs chacun.
Les « Sages » savent à qui ils ont affaire et sauront ne pas décevoir « leur » Maître.
Malick Noël Seck a réussi à créer un vrai débat national, son geste dit clairement ce que tout le monde pense : « Je vais en prison pour avoir soi disant menacé
un juge dans un pays où ceux qui les tuent sont libres. » La lettre de Malick Noël Seck va bien au-delà du juridisme à laquelle on l’a réduite. Elle fait appel à l’intégrité morale des
leaders politiques, comme préalable nécessaire à l’organisation des élections de 2012.
« Vous ne pouvez pas souhaiter une amélioration de vos conditions d’existence sans au préalable vous assurer de l’intégrité morale de ceux qui nous gouvernent
», disait-t-il depuis sa prison. Cette déclaration n’appartient à aucun parti, c’est un cri du cœur, l’interpellation d’une administration plus soucieuse d’obtenir un « brevet d’honnêteté »
des membres de la communauté Européenne que d’apporter des solutions durables aux fléaux nationaux ! En 2002, lorsque la famine avait particulièrement affecté la zone nord du pays touchée
par les conséquences désastreuses de pluies hors saison, Wade prélevait 500 millions de francs au secteur agricole pour restaurer l’avion présidentiel. Le cout final de ce projet sera de 31
milliards de francs CFA. Il prétendra n’avoir utilisé aucun fond public avant d’être contraint d’admettre qu’il avait puisé 10 milliards d’un supposé fonds résiduel du ministère du
Transport qui, en réalité, n’existe pas ! Et tout fonctionne comme cela : l’ANOCI, le FESMAN, la statue de la renaissance Africaine, etc.
On peut penser bien des choses de la démarche de Malick Noël Seck, mais on lui reconnaîtra de nous avoir démasqué Wade, son régime, sa police et ses juges !
Déposer une lettre aux domiciles du président du Conseil, au domicile du ministre de la justice, de celui de l’énergie ou chez toute personne dont les décisions ont une incidence concrète sur et dans nos vies, est un acte nécessaire, parce qu’on ne demande pas l’autorisation de se révolter. C’est l’effet de surprise qui fit trembler le pouvoir quand le mouvement du 23 Juin illumina Dakar de ses incendies et de ses espoirs.
Interrogé par ses juges, Malick Noël Seck dira qu’il est allé déposer cette lettre au domicile du Président du Conseil, parce qu’il a « choisi d’ouvrir sur
un autre soleil les yeux de son fils » ! Et parce que l’intégrité n’est pas une croisade qui fait l’unanimité, dans ce Sénégal, où les riches
triomphent et les pauvres restent impuissants, où l’individu se fait sermonner à l’aide de ce que Dieu dit, recommande et exige, mais où aucun régime ne survivrait à deux mois de vérité ; il
écope de deux ans ferme. Ses avocats sont brillants, l’indignation les sublime. Ils sont face à l’impossible dialogue entre l’individu et notre système politique, incarné ici par un
procureur aux ordres, dont l’incohérence du discours et les lapsus révélateurs font penser à « une leçon mal apprise » ! C’est un procès Kafkaïen puisqu’il n’y a pas de plaignant.
« Outrage à magistrat » sans magistrat, puisque les membres du Conseil constitutionnel ne sont pas, aux termes du droit sénégalais, des magistrats de
l'ordre juridique ou administratif.
« Violence et voie de fait » sans victimes, puisque personne n’a porté plainte !
Dans ce tribunal, Malick Noël Seck n’était ni un membre du parti socialiste ni même un ennemi du PDS, c’était un citoyen Sénégalais, un patriote qui a compris que
la liberté de la parole et la transparence de l’Etat, colonne vertébrale d’une démocratie, sont inaliénables et ne se négocient pas !
« La riposte doit être à la mesure de la provocation » (Mamadou Dia). Autrement dit, ne ratez pas le rendez-vous de l’histoire, et si vous
n’avez pas su saisir ce moment ne vous attendez à aucune amélioration de la part des gouvernements qui succéderont à Me Wade ; parce qu’ils se comporteront exactement comme lui et ses complices ;
parce que la corruption sera devenue, alors, notre culture !
(Le titre est de la rédaction)
Texte - Yerim Sow
Président d'honneur du Comité de Soutien à Malick Noël Seck
yerim@malicknoelseck.com
www.malicknoelseck.com
Vendu en ligne (+ frais de port) sur www.nouveaucourrier.info
Vendu chez Présence Africaine, 25 bis rue des écoles 75 005 Paris
Vendu dans les marches et rassemblements politiques africains