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(Dj Diemone/Dj Kefran La Meute)
Vendredi 8 octobre à partir de 21H À L'ANTIROUILLE
5 RUE MORET - 75011 Paris - METRO : MENILMONTANT OU PARMENTIER - France
PS : VENEZ NOMBREUX POUR UN SET FUNK, RAP, NEW JACK, R&B SOUL ETC... DE 21H A 2H DU MAT !!!! AMBIANCE GARANTIE ESPRIT HIP HOP ET FÊTARD EXIGÉ (sic)
Si l'on en croit notre confrère Serge Bilé, via son facebook... Il "est soulagé de savoir que ses 3 confrères ivoiriens viennent d'être libérés après un long procès aujourd’hui. Saint-Claver Oula, Stéphane Guédé et Théophile Kouamouo avaient été emprisonnés il y a une semaine pour avoir publié les conclusions de l’enquête judiciaire, réalisée par le procureur de la république, sur des malversations présumées dans la filière cacao. Leur quotidien est néanmoins suspendu pour 15 jours et devra s’acquitter, avant de paraitre à nouveau, d’une amende de 5 millions de FCFA. Une façon pour la justice et le pouvoir de sauver la face. Quoi qu’il en soit, on a gagné !!!"
Amen.
Photo - Dr Texte - www.legrigriinternational.com & Serge Bilé
Théophile Kouamouo et Saint Claver Oula, le 19 juillet
Monsieur le Président de la République de Côte d'Ivoire,
Souvent le Gri-Gri International, depuis 2002, vous a sinon soutenu, du moins défendu, et essayé de démêler l'information de la propagande du Quai d'Orsay, relativement à la situation dans votre pays. Ce n'est donc pas en adversaire, en "bien content de vous prendre la main dans le gant du dictateur" que nous saisissons la plume, quelques jours après l'arrestation et l'emprisonnement de trois de nos confrères : Stéphane Guédé, Théophile Kouamouo et Saint Claver Oula. Et quelques heures avant que ne tombe la décision d'une peine qui, serait-elle symbolique, demeurerait une indélébile tâche. Inutile de revenir sur les circonstances et les conditions de leurs arrestations, puisqu'il s'agit, l'historien que vous êtes le sait mieux que quiconque, d'une question de principe.
Les journalistes doivent pouvoir enquêter librement, a fortiori lorsqu'il s'agit du personnel politique, des milieux d'affaires et des classes dirigeantes. Et donc ici de la fillière Cacao. Les journalistes doivent pouvoir conserver le secret de leurs sources, quand bien même certains d'entre eux, et ce n'est pas le cas de ces trois-ci, ne seraient pas professionnellement à la hauteur de ces principes moraux. Toujours justement au nom des principes.
La Côte d'Ivoire se distinguait jusqu'à aujourd'hui de certains pays africains francophones, comme le Gabon, le Togo, le Tchad, où liberté de la presse rime avec censure, enquête avec prison et révélations parfois avec disparitions. On disait souvent avec envie qu'en Côte d'Ivoire, au moins, il existait, luxe réservé aux seules vraies démocraties, une presse d'opposition. La Côte d'Ivoire se distinguait même de la France du président Sarkozy, où les perquisitions chez les journalistes et les pressions pour obtenir d'eux qu'ils dévoilent leurs sources ne sont plus une incongruité.
Circonstance aggravante : un des trois journalistes emprisonnés, Théophile Koumouo, eut, en d'autres circonstances, et pour restaurer, justement, la vérité des faits au sujet des "évènements de Côte d'Ivoire", entre 2002 et 2005, à endurer, en France, le discrédit, le boycott puis enfin le bannissement professionnel... Il a raconté dans un livre fameux ses articles, contredisant le Quai d'Orsay et ses confrères français, caviardés, tronqués, réécrits dans son dos d'envoyé spécial par l'innommable et inqualifiable "spécialiste de l'Afrique" Stephen Smith. Qu'il nous soit permis de trouver pour le moins singulier, mal venu et scandaleux de le voir aujourd'hui à Abidjan encore plus mal traité qu'à Paris...
La Côte d'Ivoire a initié il y a quelques mois une vaste opération anti-corruption dans la fillière cacao. La presse ivoirienne et internationale, jusques et y
compris celle qui ne vous était pas acquise, ont porté à votre crédit cette action. Avec l'arrestation inacceptable de ces trois journalistes, c'est le bienfondé, les modalités et le bénéfice de
cette action qui sont menacés.
C'est pourquoi, Monsieur le Président de la République de Côte d'Ivoire, et nous joignant ici à tous nos confrères, nous vous demandons de bien vouloir agir afin que ces trois journalistes ne demeurent pas plus longtemps dans l'injuste, dégradante et déshonorante situation de voleurs, de bandits ou de corrompus enfin apréhendés, qui ne saurait correspondre ni au rang de la Côte d'Ivoire, ni aux principe démocratiques, ni à la certaine image qu'ici et là on se fait de vous...
Grégory Protche
Rédacteur en chef du Gri-Gri International
Michel Ongoundou Loundah (fondateur du Gri-Gri International) & Pius N.Njawe (fondateur du Messager)
L'Association bordelaise MEDIASFRERES a appris la mort brutale lundi 12 juillet 2010, des suites d'un accident de la circulation, en Virginie aux
USA, de Pius N. Njawé, 53 ans, directeur de publication du célèbre quotidien privé Le Messager paraissant à Douala, la capitale économique du
Cameroun. Malgré un contexte politique et économique difficile, il avait réussi à faire de ce
journal fondé en 1979, une référence en Afrique francophone. Au-delà de son investissement pour la diffusion d'une information de qualité, il était un combattant infatigable de la liberté de la
presse et de la démocratie dans un pays où les autorités ne supportent pas la moindre critique.
Plusieurs fois emprisonné dans le cadre de son métier, Pius N. Njawé était connu comme une des victimes des violations de la liberté d'expression au Cameroun. Il a notamment subi plus de 530
censures de ses écrits. Plus grave, il a été arrêté 126 fois et a dû aller en exil au Bénin dans les années 1990 pour échapper à la mort, tandis que les locaux de son journal ont été saccagés une
dizaine de fois, sans compter les cambriolages suspects et jamais élucidés. Il faut ajouter que le 23 mai 2003, le gouvernement camerounais avait mobilisé des forces de sécurité pour fermer et
interdire le lancement de Freedom FM, une chaîne de radio dont il était le promoteur. Une mesure diabolique, qui a occasionné la perte d'au moins 60 millions FCFA (plus de 91 000
euros), montant du financement de ce projet auquel Pius N. Njawé tenait beaucoup.
Pius N. Njawé était en fait un empêcheur de tricher, de détourner les fonds publics et de corrompre en paix. Une action qui a été reconnue par le monde entier. Il a en effet reçu de nombreuses
distinctions, dont le tout premier Prix de la libre expression de l'Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (UIJPLF) - devenue
Union internationale de la presse francophone (UPF) - en 1991. L'Association mondiale des journaux (AMJ) lui a aussi décerné la
Plume d'or de la liberté en 1993, etc.
L'association MEDIASFRERES est très peinée par cette disparition tragique. Elle adresse ses sincères condoléances à ses proches si durement frappés ainsi qu'à la grande famille
de la presse africaine et mondiale qui perd ainsi un vétéran du journalisme.
En dehors de tous ceux qui l'ont connu, MEDIASFRERES accueille les témoignages des hommes et des femmes d'ici et d'ailleurs qui sont sensibles à son combat citoyen. Ces
témoignages seront publiés sur son site internet (www.mediasfreres.org) et éventuellement diffusés dans la presse camerounaise. D'autre part, MEDIASFRERES lance
un appel à soutien à toutes les personnes de bonne volonté. La contribution des uns et des autres est capitale en ce moment où, après la mort de son fondateur, le principal défi
consiste à assurer la survie du Messager, compte tenu des problèmes qu'il traverse depuis quelques temps.
L'Association bordelaise MEDIASFRERES lance un appel à soutien pour assurer la survie du Messager juillet 2010 - appels à contributions/candidatures
Tél. 06 28 14 52 15 / 05 56 46 09 78
PS : www.mediasfreres.org