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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction
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  • : Né au Gabon en 2001, le Gri-Gri International, sur papier, sur le web ou en livres, a pour fonction d'empêcher de dormir les rois nègres, les ministres excessivement coopérants, les experts véreux, les vedettes en bois, les journalistes stipendiés, les marabouts escrocs...
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 08:02

Pas sûr que Théo Kouamouo avait prévu d'intervenir sur les réseaux sociaux à ce point dans ce qu'il faut bien dorénavant appeler la crise postélectorale gabonaise. On notera que les premiers posts sur sa page Facebook sont d'ailleurs plutôt légers, persifleurs.

Assez vite, à la faveur de la supposée implication de hackers ivoiriens dans le processus électoral gabonais, mais surtout, comme nous, parce qu'accablé par certaines réactions et publications de pro-Gbagbo (Ivoiriens, mais pas que) qui commençaient :

- au nom d'un légalisme qui laisse dubitatif ;

- au nom de leur découverte (récente, la plupart d'entre eux se fichaient du Gabon il y a encore 15 jours) d'un nationalisme bongolien franchement hilarant (on en jugera, ci-dessous, à travers l'analyse des relations commerciales entre la France et le Gabon d'Ali le looser) ;

- et même (pourquoi pas, au point où on est !) de celle d'un panafricanisme alien presque aussi subjugant et convaincant que celui de leur veil "ami" Guillaume Soro ;

...à soutenir de fait Ali Bongo. Au mépris du vote gabonais.

Contre un Jean Ping que soutiendrait la France (comme si elle ne soutenait pas AUSSI le Ali Bongo qu'elle a installé !).

Un Jean Ping qui par sa corruption même virginiserait Ali Bongo.

Un Jean Ping, surtout, coupable, disons-le, d'avoir, lorsqu'il présidait la Commission des Affaires étrangères de l'Union africaine, réclamé le départ de Laurent Gbagbo, durant la crise postélectorale ivoirienne, en refusant sa proposition de recompte... proposition de recompte que LE MONDE ENTIER ou presque (nous sommes bien placés pour le savoir) refusa (même d'entendre).

Proposition de recompte que balaya bien plus influent que Jean Ping : Ban Ki Moon soi-même, déjà Secrétaire-général de l'ONU qui n'eût pas peur de déclarer : "Ce serait une injustice" ! Loin de nous l'idée de dédouaner Ping de sa faiblesse, de ses combines, de sa nullité même à la tête de l'UA (dénonçant la négrophobie des nouveaux maîtres de Tripoli, mais en pleurnichant parce qu'infoutu de mettre en place une force africaine d'interposition pour sauver ces malheureux).

Mais pour réussir à (se) cacher l'ONU derrière l'UA et Ban Ki Moon derrière Jean Ping, il faut des pouvoirs magiques ! Et un côté Louis de Funès...fort avec les faibles et faible avec les forts. Accablé, Théo le fut plus encore lorsqu'il s'aperçut que la mauvaise foi pouvait amener certains néo-bongolâtres à refuser le recompte au gabon SOUS PRETEXTE QU'IL LEUR AVAIT ETE REFUSE A EUX.

Texte : G.P.

Retrouvez ci-dessous les réflexions postées par Théophile Kouamouo depuis le 28 août dernier. Théophile Kouamouo

28 août, 19:57 ·

Résumons. Au Gabon, le président sortant est l'oncle des enfants de son challenger et le frère de ceux de l'arbitre des élections. #gabonvote Théophile Kouamouo a partagé la publication de

Abdelaziz Moundé Njimbam.

29 août, 22:51 ·

Abdelaziz Moundé Njimbam

29 août, 22:20 ·

MON DIEU, ILS ONT OSÉ COMPARER ALI BONGO À LAURENT GBAGBO ! SACRILÈGE ! Il n'y a absolument aucun rapport entre Laurent Gbagbo et Ali Bongo. Cette comparaison tient de la déraison. On ne compare pas un héros de la lutte pour la démocratie et le multipartisme au plus fort de la férule d'Houphouët Boigny, des potentats et des partis uniques africains avec un héraut de l'héritage des acteurs clés de la Francafrique. On ne compare pas une figure de la libération africaine, au pedigree établi, au parcours éprouvant et aux états de service avérés avec le continuateur de la plus vieille dynastie politique - fabriquee - d'Afrique Le parallèle avec la crise ivoirienne de 2010 est forcé et abscons. C'est Bilie By Nze, porte-parole du candidat, président sortant Ali Bongo, qui le premier, de manière solennelle a annoncé la victoire de son champion, contraignant Jean Ping, le lendemain à répliquer. Les faits sacrés et les comparaisons, sacrilège ! Théophile Kouamouo

30 août, 15:36 ·

Les amoureux de datajournalisme et de statistiques vont bien s'amuser avec l'élection présidentielle du Gabon. Je subodore une manoeuvre à l'ivoirienne : augmenter le taux de participation dans le bastion et propice à tous les miracles démographiques. Théophile Kouamouo

30 août, 15:54 ·

La partie drôle du film, c'est quand la "communauté internationale" va demander le recomptage des bulletins de vote au Gabon. Théophile Kouamouo

31 août, 12:52 ·

Gonfler le taux de participation dans notre fief pour "gagner". Tiens, ça rappelle qqch (quelque chose, ndlr) aux Ivoiriens. J'ai pas dit nom de quelqu'un. Théophile Kouamouo

31 août, 13:08 ·

Ma "prophétie" s'est accomplie. L'UE demande le recomptage bureau de vote par bureau de vote au Gabon. Gbagbo yako. Théophile Kouamouo

1 septembre, 07:57 ·

Au Gabon, le sens de l'Histoire nous oblige. Le combat de la transparence électorale est celui des démocrates africains. Quoi qu'on pense des deux protagonistes et des doubles standards de la "communauté internationale". Théophile Kouamouo 1 septembre, 21:07 ·

Après l'expression "ingrat comme crocodile de Yamoussoukro", je vous présente l'expression "rancunier comme Ivoirien pro-Gbagbo". Et ping ! 😁😂😆 Théophile Kouamouo 1 septembre, 21:22 ·

Dans un cas ou dans un autre, la présidente de la Cour constitutionnelle va investir le papa des neveux de ses enfants. #Gabon

Théophile Kouamouo

6 septembre, 00:18 ·

Je lis des choses qui m'étonnent sur les comptes Facebook de certains amis ivoiriens pro-Gbagbo qui soutiennent la fraude électorale au Gabon en utilisant des arguments qui peuvent être retournés contre eux.

- Ping se serait disqualifié en se proclamant président élu. Mais en octobre 2000, c'est ce que Laurent Gbagbo a fait, quand Robert Guei a grossièrement interrompu le processus électoral pour se proclamer vainqueur. Le 24 octobre 2000, se considérant porté par une légitimité des urnes contrariée par la machine administrative du régime, il disait : "Dès à présent, c'est moi le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire. Je déclare dissous le gouvernement de transition (...) Je demande à tous les patriotes ivoiriens de descendre en ville dans tous les quartiers jusqu'à ce que Gueï recule. Je demande à tous les militants de se dresser pour faire barrage à l'imposture".

- Ping doit être combattu parce qu'il se trouve que la France s'oppose à Ali. Mais en 2000, la France s'opposait à Guei... "Nous assistons à Abidjan à une tentative de coup de force. La France ne l'acceptera pas, ni l'Union européenne, et en tirera les conséquences", déclarait le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine. "La Commission nationale électorale peut encore rétablir le cours du retour à une situation constitutionnelle", poursuivait-il.

Le peuple se souleva. Le tricheur s'enfuit. Les opérations électorales furent relancées. Le gagnant (autoproclamé par la force des choses) fut confirmé, et investi.

Le légalisme n'est acceptable que quand la légalité rejoint la légitimité. La souveraineté n'appartient pas aux Etats. Elle appartient au peuple.

Ne nous transformons pas en soutiens des dictatures les plus éhontées juste au nom d'une "pensée d'opposition" bien stérile. Théophile Kouamouo

6 septembre, 12:44 ·

"Et si le pouvoir gabonais, par ses actions d’agit-prop rondement menées, essayait en réalité de masquer les batailles féroces menées par ses hackers à lui pour saboter toute tentative de surveillance du processus électoral par la société civile et l’opposition ?" (citation extraite de l'article ci-dessous). http://rue89.nouvelobs.com/…/elections-gabon-clan-bongo-den… Théophile Kouamouo

6 septembre, 18:21 ·

Dans l'affaire gabonaise, il y a un certain nombre de questions qui interpellent sur la démocratie en Afrique, la souveraineté de l'Afrique et le progrès de l'Afrique. Il faut les traiter rigoureusement.

- Les deux hommes que les suffrages des Gabonais ont mis face à face sont deux figures du système qui dirige le pays depuis cinq décennies. Ce sont des créatures d'Omar Bongo. C'était assez similaire lors des élections au Burkina Faso, où en dépit de la "révolution", deux anciens alliés de Blaise Compaoré sont arrivés en tête du scrutin. Pareil au Bénin avec Zinsou et Talon, des hommes du système Yayi. Même chose au Sénégal avec Macky Sall, qui a succédé à Wade, dont il avait été Premier ministre. Notre multipartisme produit des alternances sans alternatives. Pas tant parce que des partis installés ont pris possession du jeu électoral comme en Occident, mais parce que l'argent est le seul vrai maître de nos élections. Il faut de l'argent pour imprimer les affiches de campagne, acheter les tee-shirts, convoyer les scrutateurs aux quatre coins du pays, convoyer les militants, faire manger les militants, payer les "militants". Nous n'avons pas de système encadré de financement de la vie politique. Ceux qui ont de l'argent à "investir" dans la course au pouvoir sont ceux qui ont eu le temps d'en accumuler (récemment, car l'argent finit) de par leurs positions politiques.

- L'entregent international, les liens avec la "communauté internationale", comptent autant, sinon plus que l'argent, et en tout cas plus que les bulletins de vote, quand nous allons aux urnes. Car il y a très souvent un troisième tour dans la rue, et les prescriptions, recommandations, oukases et "bombes démocratiques" finissent souvent par importer plus que la vérité des suffrages.

- Ces deux facteurs combinés font que les Africains sont tentés par une sorte de "désillusion démocratique". Le panafricanisme peut finir par dériver dans une sorte de positionnement systématiquement à l'opposé de celui des Occidentaux, ce qui revient paradoxalement à toujours leur être soumis, parce qu'on n'a pas d'autre agenda que de dire le contraire de ce qu'ils disent. L'enfant de 2-3 ans dit "non" systématiquement. Mais il demeure enfant. Il est incapable de construire ses raisonnements en pleine autonomie. La revendication de la souveraineté des Etats, sans trop de respect pour la souveraineté des peuples qui y vivent, peut conduire à de graves dérives et même à une forme de colonialisme. En gros, "les Gabonais ont mal voté, dis donc. Voici ce qui est bon pour eux".

- Ce type de problèmes n'est pas nouveau. Nos parents l'ont vécu. Dans le contexte de la guerre froide, ils avaient l'impression qu'il fallait qu'ils choisissent de s'allier soit aux dictatures pro-Est, soit aux dictatures pro-Ouest, les deux jouant contre leurs peuples. C'est pour sortir de cette contradiction qu'en 1983, Laurent Gbagbo, au coeur de cette guerre froide, a écrit Côte d'Ivoire : pour une alternative démocratique. La démocratie, a-t-il théorisé, sera l'instrument de notre souveraineté. Visionnaire.

- Le combat doit donc être avant tout celui de la consolidation de l'expérience démocratique, celui de la transparence électorale, celui du libre choix citoyen. Si l'on est progressiste, et minoritaire par la force des choses, il faut tout de même soutenir le jeu démocratique, y compris quand il sert des forces "réactionnaires". Il faut construire patiemment des majorités d'idées, apprendre à contourner les forces de l'argent et les alliés des dominations extérieures, plaider, dévoiler, éduquer le peuple pour qu'il produise demain des leaders qui nous aideront à faire de vrais bonds qualitatifs grâce à la démocratie. Théophile Kouamouo

6 septembre, 23:40 ·

La crise au Gabon nous renvoie également à la problématique des "transitions démocratiques" en Afrique. De nombreux amis considèrent la défiance de Ping vis-à-vis des institutions électorales de son pays comme un inexpugnable péché. J'avoue que je suis agacé par un certain formalisme qui s'apparente à un fétichisme des institutions nationales, qui seraient le refuge de nos souverainetés. Et pourtant, nos institutions ont une histoire. Elles ont été créées par le colonisateur, souvent à la suite de scrutins truqués à la veille des indépendances. Leur but était d'empêcher les peuples d'exercer leur souveraineté, et le parti-Etat a incarné jusqu'à la caricature le détournement de ces institutions. Depuis un quart de siècle, l'Afrique tente de se doter d'institutions démocratiques, à l'opposé de celles qui ont régi sa vie politique pendant de nombreuses décennies. Mais comment défaire l'ancien pour faire advenir le nouveau ? - Dans certains cas comme au Bénin et au Ghana, le dictateur s'est transformé en démocrate, rendant irréversible la transition démocratique. Au Sénégal, l'ex parti unique, qui s'est lui-même démantelé assez vite, a consenti à l'alternance. - Mais dans de nombreux pays, les pouvoirs "historiques" ont vidé l'exercice démocratique de tout sens, et font des élections une sorte de match dont on connait la fin. Les Constitutions n'y sont pas validées par référendum, et les Codes électoraux sont écrits pour laisser de grosses brèches à la "technologie électorale". Vous pensez vraiment que c'est le peuple gabonais qui veut d'une élection à un tour, où on peut être président avec 25% des suffrages ? - Face à la mauvaise foi des dirigeants, les transitions démocratiques se sont souvent déroulées après des coups d'Etat, ou des décès de présidents là où leurs fils n'ont pas, comme au Gabon et au Togo, profité de leur entregent pour s'asseoir sur le fauteuil de papa. - L'insurrection populaire, la désobéissance civile et la défiance vis-à-vis des institutions est un droit légitime des peuples africains là où il est démontré, comme au Gabon, que les élections n'en sont pas. - Il faut vraiment cesser l'hypocrisie. Si on glorifie les institutions vérolées du Gabon, il faut faire pareil pour celles du Cameroun, du Togo ou de la Côte d'Ivoire. Arrêter de contester la CEI contrôlée par Ouattara à Abidjan, par exemple. Protester si, d'aventure, les contradictions entre les clans au pouvoir produisent un coup d'Etat... et une transition. Accepter que Soro organise les élections avec Youssouf Bakayoko en quarante jours en cas de vacance du pouvoir à Abidjan un de ces quatre. - Quel est ce panafricanisme qui absolutise nos expériences nationales, nos luttes, en les considérant comme référentielles, et en en faisant l'unique grille possible des situations politiques de l'Afrique entière ? Aimer l'Afrique, c'est aussi considérer la situation de chaque pays selon ses réalités propres. Théophile Kouamouo

7 septembre, 01:39 ·

Il est toujours mieux de mener la bataille de demain et non d'hier. Il serait plus utile aux opposants ivoiriens de soutenir la cause de la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote au Gabon pour mieux la transporter en Côte d'Ivoire et mettre encore plus mal à l'aise ceux qui ne voudront pas en parler lors du référendum constitutionnel qui vient, et qui nécessitera comme d'habitude de faire des tripatouillages dans le "Haut Ogooué" du pays, c'est-à-dire le septentrion. Et puis même quand on mène les batailles mémorielles, il faut le faire en se faisant porter par les tendances d'aujourd'hui. Si, par exemple, une commission d'historiens allait, suivie par des caméras et des appareils photo, à la CEI pour demander les résultats des scrutins de 2010 et 2015, "bureau de vote par bureau de vote" ? Ce serait bien plus gênant que la glorification du fraudeur de Libreville, qui ne peut que laisser à celui qui maîtrise mal le dossier ivoirien la fâcheuse impression que "les oiseaux de même plumage volent ensemble". Théophile Kouamouo

7 septembre, 10:54 ·

Il y a plusieurs manières de construire son raisonnement.

- On peut dire : "Je n'aime pas quelqu'un. Puisque je ne l'aime pas, je trouve des arguments a posteriori pour le noyer, même si je n'aurais pas usé des mêmes arguments pour un autre, et même si demain je changerais d'arguments dans des situations similaires s'il se trouve que j'aime la personne qui sera concernée".

- On peut dire aussi : "J'ai des affinités mais j'ai aussi des principes. Je fais passer mes principes au-dessus de mes affinités pour garder une certaine cohérence et de la crédibilité. Cela ne m'empêche pas de faire appel à mon sens de la nuance pour expliciter mes positions". Théophile Kouamouo

8 septembre, 12:57 ·

Pourquoi l'informaticien N'Cho Yao est-il, selon des messages d'alerte de ses proches, retenu contre son gré à Libreville, "en zone de refoulement", à l'aéroport ? Selon des informations confuses, parce qu'il aurait participé à des "opérations de manipulation" ou de "fraude électorale" au pays de l'okoumé. Dans sa dernière interview à RFI, Ali Bongo s'en prend à un "Monsieur Yao" travaillant pour Jean Ping, et la rédaction Internet de ce média, dans sa retranscription, indique qu'il s'agit de Yao N'Cho. Il y a sans doute une confusion liée au fait que parmi les Ivoiriens retenus au Gabon, se trouvent un "Yao" (N'Cho) et un "Yéo" (Sihifowa).

J'ai réussi à me procurer un document (en fin de post, ndlr) pour le moins troublant. Il s'agit de la lettre d'invitation adressée à Yao N'Cho et à son collègue Gueu Zian Smith, en préparation de leur voyage en direction de Libreville. Elle a été rédigée par Krystian Onanga, de la Société gabonaise de services (SGS), qui peut être difficilement considérée comme un cache-nez ou un instrument de Ping.

Pourquoi ? Elle est contrôlée, selon des révélations de Mediapart par Delta Synergie, une holding de la famille Bongo, dont l'actuel ministre des Transports et ancien ministre de la Défense d'Ali, Ernest Mpouho, était en 2015 un des actionnaires minoritaires. SGS est une société de gardiennage et de sécurité, leader dans son domaine. Cette société est même accusée par l'opposition d'être une "milice" au service d'Ali Bongo.

Difficile d'imaginer qu'une telle société a invité un "hacker" pro-Ping la veille des élections.

Que reproche donc le pouvoir gabonais à N'Cho Yao, qui a quitté Abidjan le 24 août, c'est-à-dire trois jours avant la présidentielle gabonaise ? Le jeune expert ivoirien est-il tombé dans un piège prémédité ? C'est fort probable. Théophile Kouamouo

8 septembre, 15:19 ·

Qui peut m'expliquer :

- Comment on truque une élection où le bulletin de vote est "papier", les PV de compilation sont "papier" et les calculs sont faits offline... avec des ordinateurs et une application ?

- Comment REGAB, une application reconnue pour "pirater l’ensemble des données personnelles de ses utilisateurs" (du phishing, donc) selon le gouvernement gabonais a été validée et approuvée par Google Play, et figure toujours dans le "store" malgré les graves accusations du Palais de bord de mer ? Ou bien Google est dans le coup aussi ?

Si nous faisons l'effort de comprendre, nous arrivons à la conclusion que c'est bel et bien le processus de comptage électronique parallèle et en temps réel qui a fait paniquer le pouvoir de Libreville et a entrainé des attaques de hackers contre REGAB (http://rue89.nouvelobs.com/…/elections-gabon-clan-bongo-den…). Un organisme avait voulu, en Côte d'Ivoire en 2010, procéder à ce type de comptage parallèle et en temps réel. Il s'agit de SILS Technology, une filiale du BNETD. Toutes les parties à l'élection en avaient convenu, puis le RHDP avait fait volte-face, puis avait fait mine d'accepter, avant que le siège de l'entreprise soit cambriolé puis que les agents de SILS soient refoulés dans le Nord du pays tenu par l'ex-rébellion (autant dire le Haut Ogooué ivoirien). Le Nouveau Courrier avait écrit un long article sur la question : http://regardscroises.ivoire-blog.com/tag/sils-technology Théophile Kouamouo

8 septembre, 20:05 ·

LES THEORICIENS DE L'IMPUISSANCE. D'une certaine manière, les arguments de certains pro-Gbagbo sur leur soutien de plus en plus assumé à Ali Bongo Ondimba laissent entrevoir leurs propres impasses conceptuelles sur le terrain de la politique nationale.

- Ils insistent sur un respect intégriste des institutions nationales, de leurs procédures et de leurs décisions. Un respect qui n'est pas justifié par l'honnêteté et la légitimité de ces institutions mais par leur nature d'institutions. Ainsi Yapi Yapo Atsé écrit à propos de Ping : "On commence d'abord par respecter les institutions en formulant des réclamations après la proclamation des résultats. C'est-à-dire qu'il y a tout un processus à terminer avant de demander la reprise de celui-ci", écrit-il. OK.

- Paradoxalement, il refuse d'accorder sa confiance aux institutions électorales ivoiriennes, tout aussi verrouillées par le pouvoir qu'au Gabon. Yapi Yapo écrit ainsi : "Je me rends compte que M. Théophile kouamouo persiste toujours dans sa logique de considérer les élections en CI comme un événement. Pour ma part, je considère que les grands électeurs en CI sont la France et ses bombes; je me sens donc pas concerné par aucune élection en CI".

- En gros, il faut respecter les règles du jeu. Si elles ne nous plaisent pas, il faut boycotter. Il s'agit donc d'un boycott passif. Que doit donc produire ce boycott passif ? Il ne dérange pas le pouvoir qui truste tous les postes grâce à lui. S'agit-il d'alerter la communauté internationale et de la pousser à exercer des pressions sur le régime pour qu'il fasse évoluer les institutions ? Non. Celui qui est soutenu par la communauté internationale est forcément un traître à son peuple. S'agit-il de créer les conditions d'un changement de régime de nature révolutionnaire, donc forcément anticonstitutionnelle ? Non. Les institutions, bonnes ou mauvaises, sont sacrées.

- Il s'agit donc d'une théorie de l'impuissance. Non aux élections, non à la révolution. Naturellement, puisqu'elle ne propose aucun horizon, elle pousse ceux qui s'y soumettent pour diverses raisons et avec divers degrés de sincérité à se réfugier à la fois dans l'attente d'un fait "extérieur" et dans un culte de la personnalité à caractère non plus politique (les perspectives sont bouchées) mais religieux (au sens païen). L'histoire n'est plus regardée de façon pragmatique, analytique mais de manière mythifiée. Ses nuances apparaissent insupportables, et ses évidences sont contrariées. On refuse d'admettre que Gbagbo, en 2000, a réussi ce que Ping a échoué en 2016, c'est-à-dire une révolution qui se sert d'une élection truquée pour mobiliser et se légitimer. On ne se rend même plus compte que la diffusion de tracts en 1980, le boycott actif en 1995 ou les marches interdites ou maintenues ne relèvent pas du respect fanatique des institutions que l'on dit prôner. L'importun qui soulève les questions de fond est soumis à un étrange chantage affectif : "Tu n'aimes pas Gbagbo sinon tu ne dirais pas ça". C'est le degré zéro de la politique. Théophile Kouamouo

Hier (9/9/16), à 01:56 ·

On peut se dire : "Je suis contre le colonialisme/Partout où je vois l'ancien colonisateur à gauche, je me mets à droite/Je peux même me mettre aux côtés d'un kleptocrate vomi par son peuple/C'est son peuple qui ne comprend rien/Tous ceux que la France n'aime pas, n'aime plus ou donne l'impression de lâcher sont bons même si les morts votent dans leurs fiefs, même s'ils instrumentalisent une loi rédigée par eux sans le peuple pour barrer la route au dialogue et consacrer le règne du plus fort".

On peut aussi se dire : "Je suis contre le colonialisme/La meilleure manière d'éloigner son spectre est de trouver des consensus internes acceptables par tous, d'organiser progressivement des scrutins transparents, des passations de marchés propres, un partage du pouvoir pacificateur, des institutions électorales qui ne sont pas dirigées par Belle Maman/Quand on vote dimanche et que le même dimanche les reporters des médias libres diffusent librement les résultats bureau de vote par bureau de vote, et qu'ils sont compilés dès le lundi dans les journaux, on s'épargne des troisièmes tours dans la rue et on évite de donner aux autres des prétextes pour venir accomplir des improbables missions civilisatrices." Théophile Kouamouo 21 h ·

Demba Traoré, directeur national adjoint de campagne Gbagbo 2010 chargé de la communication et des TIC parle.

"Avouons le tout de suite. Mes jeunes collaborateurs et moi aurions pu être Yeo Sihifowa l’informaticien accusé d’être « hacker » ou tous les autres informaticiens ivoiriens qui sont mis en cause dans cette crise par le Camp Bongo. Je tiens cependant à préciser que je ne connais Yeo Sihifowa et ses partenaires ni d’Adam ni d’Eve. Je ressens de la peine pour eux et je suis déçu par le silence du gouvernement ivoirien face au traitement qu ils subissent au Gabon. En ce moment précis j’ai une pensée pour tous les jeunes qui ont travaillé avec moi en 2010 en Côte d’Ivoire pour collecter les résultats pour un des candidats et qui se sont mobilisés spontanément pour me permettre de faire une offre à un des candidats dans un pays de la sous région début 2016. J’ai froid dans le dos quand je pense que j’ai fait des propositions de service à des candidats au Gabon qui n’ont fort heureusement pas reçu de suite, C’est Dieu qui est fort avons-nous coutume de dire en Côte d’Ivoire. Au nom donc de tous ces jeunes qui ne demandent qu’à vivre de leur savoir faire, ici l’informatique, je ne peux pas me taire. Oui si les journalistes ont le droit d’exercer leurs métiers partout où besoin en est, et qu ils sont soutenus par reporters sans frontières et les autres organisations professionnelles, s’il en est de même pour les avocats pourquoi n’en serait-il pas de même pour des informaticiens ? Nous aussi avons le droit d'exercer notre métier sans être inquiété. Collecter des résultats des élections bureau de vote par bureau de vote avec le transfert des images des procès verbaux à l’aide d’applications installées sur des smartphones GSM ou satellitaires n’est en rien une opération d’intrusion illégale ou abusivement nommé hacking. La mise en place d’un système de collecte des résultats, quand c’est bien exploité permet à un candidat de confirmer ou d’infirmer les tendances et d’anticiper sur le résultat définitif. Cette plateforme devient plus efficace quand elle est couplée avec des sondages au sortir des urnes à la mi journée et à la fermeture des urnes. L’ensemble ayant l’avantage de permettre à un candidat qui a accepté sa défaite d’appeler le vainqueur d’avance et de le féliciter comme ce fut le cas dans 2 à 3 pays de la sous-région. (...) Comme on vient de le voir la mise en place d’une plateforme de gestion des élections par les candidats doit être encouragé quand on veut vraiment promouvoir la démocratie. Cette pratique est loin d’être un acte criminel d’intrusion de système d’information ou de piratage par des « hackers » comme le gouvernement gabonais veut le faire croire. En effet Ali Bongo est en plein dans la surenchère et la diversion quand il brandit des jeunes comme complices de son adversaire Jean Ping pour avoir organisé la fraude. Comment des résultats transmis à partir de téléphones satellitaires peuvent-ils compromettre des procès verbaux en papier de la CENAP ? Le Gabon a-t-il en place une plateforme de vote électronique de bout en bout dont l’intégrité a été compromise par Yeo et ses prétendus complices ? Si telle n’est pas le cas comment des « hackers » aussi ingénieux qu ils soient peuvent-ils commettre à l’aide de téléphones satellitaires des procès verbaux en papier ?"

(Extrait d'une tribune à paraître). Théophile Kouamouo 15 h (9/9/16)

C'est bizarre, vous ne trouvez pas ? Entre 2009 et 2014, sous le très panafricain et anticolonialiste ABO, l'excédent commercial de la France sur le Gabon est passé de 215 millions d'euros à 556 millions d'euros. C'est presque un triplement. Les importations de la France venant du Gabon sont passées de 234 millions d'euros à 124 millions d'euros. En revanche, les importations du Gabon provenant de la France sont passées de 449 millions d'euros à 680 millions d'euros. En gros, le Gabon "indépendantiste" a pris l'argent de son pétrole, puis s'est endetté et a puisé dans ses réserves à la BEAC pour acheter des biens et des services à la France "colonialiste". EUUH.

Théophile Kouamouo 14 h · (9/9/16)

Les Camerounais pro-Ali là, j'espère que vous n'allez pas pleurer quand Frank, que dis-je Brenda Biya va s'asseoir à la suite de son père sur le "trône" d'Etoudi hein. Bon. En plus, selon mes sources, elle AURAIT manqué de respect à un ambassadeur français lors de son dixième anniversaire. Donc elle est anticolonialiste. :) Théophile Kouamouo 11 h · (9/9/16)

Tu vas chez le "Diallo" et au garbadrome et tu achètes ta brocante chez les nagos. Soit tu trouves ça normal soit tu te plains un peu de l'emprise de certaines communautés sur l'économie de ton pays. Tu sais toutefois que le mouvement vers l'intégration africaine est irréversible. Mais quand tes frères informaticiens et experts en tous genres exportent eux aussi dans leur Afrique leurs talents ayant d'ailleurs une plus forte valeur ajoutée et se font persécuter, tu dis que c'est bien fait et que ce sont des "ingérents" et des pirates. Haho.

PS : ci-dessous la playlist des vidéos consacrées aux travaux et interventions de Théophile Kouamouo, journaliste, auteur, patron de presse et blogueur. Ainsi que le document annoncé dans l'article.

Réflexions à l'usage des Néo-Bongoliens / par Théophile Kouamouo (feat.G.P.)

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