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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 09:08
#BongoAli / Il fallait le temps de lui tailler son costume de bouffon



Qu’attendre d’un chef qui excelle dans l’esbroufe, la jactance et la forfanterie. On vogue en pleine hystérie délirante.


Ces receleurs d’héritiers. Drôle de considération de la jeunesse par son président. Voilà pourquoi ce discours a été différé. Au lieu du 16 août, date du rendez-vous, ce sera le 17 août au soir. Il fallait prendre le temps de lui tailler son costume de bouffon et d’ajuster toutes les inepties de son look. Ainsi paré, il pouvait être présenté aux sujets. Le prince était assuré de l’effet d’admiration que cette marmelade produirait.

Manque de pot, les sujets se mueront en peuple digne et n’apprécieront guère la blague. Ils ne s’esclafferont pas et encore moins ne feront pas sauter l’applaudimètre. Tout au contraire. C’est de boulets rouges et des œufs pourris qu’il a reçus. Qui est dupe ! En avril dernier, le journal en ligne Mediapart achevait des révélations débutées des années plus tôt par les associations anti corruption Sherpa et Transparency sur des biens acquis illicitement par le président de la République gabonaise et sa famille. De père en fils jusqu’à Ali Bongo Ondimba lui-même, tous sont passés à la trappe. Auparavant, il y a eu l’affaire Elf qui a montré au grand jour le système de corruption à grande échelle de la famille d’OBO. C’est à la faveur du pétrole gabonais que les SCI Obali, Baume et autres ont été obtenues. Et pour enfoncer le clou, c’est à coups de bakchichs, des 10% gracieux et … de droit de marchés que la pieuvre Delta Synergie a élargi ses tentacules.

En somme, toute la fortune d’OBO léguée aux légataires universels ABO et à la cliente de poids des crèmes glacées Häagen-Dazs, Pascaline Mferri Bongo Ondimba et tous les réservataires, a été construite avec de l’argent sale ! Sur le caractère litigieux de cette fortune, tous les maux du monde s’y sont agglutinés. A telle enseigne que ABO, dont le pouvoir est en lambeau, oublie même qu’il y a quelques années, il avait quasiment engagé une procédure contre les BMA pour montrer que cette affaire ne le concernait pas. Ne savait-il pas que dans le sigle BMA, il y avait du contenu ? Et que ce contenu n’était autre que la SCI Baume par exemple ; ou encore des hôtels particuliers qu’il veut céder pour usage culturel. Mais que disait-il, parlant d’usage culturel sur un autre BMA ? En l’occurrence le Pozzo Di Borgo ? Une aile ne devait-elle pas abriter des services culturels ? Combien de centres culturels faut-il au Gabon en France ? De surcroît pour un pays qui a du mal à dresser l’état cohérent de son fonds culturel. Passez ! Y a rien à voir !

Tout est litigieux dans ce qu’ABO passe à la jeunesse. C’est à crever de rire. Prenez «OYO», la résidence des Charbonnages. Non seulement cette résidence a été construite par OBO pour son épouse feue Edith Lucie Bongo Ondimba née Sassou Nguesso, mais en plus, il semble bien qu’un contentieux subsiste sur la rétrocession d’une partie des terres de ce domaine. On parle de près de 5 ha qui seraient toujours dans la besace de l’ancien Premier ministre, Léon Mebiame. Ce dossier n’a jamais été vidé. De certaines sources, l’affaire a été évoquée au début du mandat d’ABO. Ce dernier, plutôt que de prendre le taureau par les cornes, veut simplement jeter l’affaire sur la jeunesse gabonaise. « Quel prési cynique ! »

Par ailleurs, à quel moment ce bien a-t-il cessé d’être la propriété de feue Edith Lucie ? Propriété transmise de fait, suite à son décès, à ses héritiers directs, ses enfants et ses parents tous encore en vie. Lorsqu’ABO raconte que c’est en accord avec sa famille qu’il a pris cette décision, a-t-il un PV de conseil de famille qui a statué sur cette cession ? A-t-il consulté tous les ayants droit de ce bien ? Parlant des autres biens, notamment la SCI Baume. Il s’agit d’une société civile immobilière dans laquelle Edith, la défunte, ses enfants et feu son époux étaient actionnaires. La SCI Baume regroupe un ensemble de biens immobiliers près du Parc Monceau, d’une valeur de 15 millions d’euros. Entre autres informations, au décès d’Edith Bongo, Omar hérite naturellement de son épouse. Et lorsque ce dernier part à son tour, il semblerait que Pascaline Mferri se soit imposée sur ce bien comme héritière de son père. Cela paraît possible. Or, là aussi va intervenir la partie congolaise. Tout à fait normal, à cause de leurs petits-enfants et de leur défunte fille.

Tout cela va être auréolé par l’affaire des BMA où la SCI Baume a été frappée de plein fouet.

A moins que le président de la République intronisé par Mborantsuo ait tronqué ses attributs de président par ceux de juge, il peut se permettre de léguer cette SCI aux Gabonais. Ali Bongo Ondimba aurait été crédible s’il annonçait aux Gabonais qu’il vendait le Ranch acheté en Afrique du Sud (on parle d’environ 45 milliards de F CFA) ; s’il annonçait qu’il revendait Pozzo Di Borgo et l’immeuble attenant (100 milliards F CFA) ; ou encore s’il cédait tous ses avoirs dans la SCI Obali (Afrijet). Et en guise d’université, s’il cédait l’ancienne résidence d’Amissa achetée à sa fille pour 5 milliards de F CFA à la Sablière. Et même, cette résidence soulève de nombreuses questions dont les plus pressantes sont : primo, pourquoi c’est la direction de la dette qui a décaissé les fonds pour son acquisition ? Deuxio, pourquoi ce sont les fonds publics qui ont permis l’acquisition par ABO d’une villa au profit de sa fille, Malika Bongo Ondimba ? Le chef de l’exécutif excelle dans l’esbroufe. Mieux, on vogue en pleine hystérie délirante, pour paraphraser Félix Bongo.

La jeunesse gabonaise, elle, à la lire sur les réseaux sociaux, a vite compris qu’Ali Bongo leur offrait Londres, Paris et Amsterdam en héritage. D’où leur euphorie sur les réseaux sociaux. Tellement le canular est gros. En somme, elle attend : le legs d’un Etat de droit et d’égalité de chance ; mais pas celui de biens mal acquis.

TEXTE - RAMSES FRANK

in Echos du Nord N°298

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Published by Gri-Gri International - dans Gabon 2011 Gos et Gars du moment
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