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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 09:00
#Gabon / Quelque chose du PDG 2009 dans l'UN 2015...

Législative partielle : l’Union Nationale se désunit à Bitam

Une douche froide. C’est l’effet qu’a sans doute ressenti Jean-Michel Edou-Sima lorsque, par téléphone, il a appris, le 19 mai dernier, que sa candidature à la prochaine élection législative partielle de Bitam avait été rejetée par l’Union Nationale (UN), son parti. Les hiérarques de cette formation politique de l’opposition lui ont préféré Patrick Eyogo. On aurait pu en rester là, mais la pilule du grossier bidouillage ayant conduit à la désignation du candidat Eyogho a du mal à passer auprès de nombreux cadres et militants de l’Union Nationale originaires de Bitam. Pour les plus critiques d’entre eux, cette affaire révèle au moins deux choses : d’une part, l’absence totale de culture démocratique chez les dirigeants de l’Union Nationale – dont certains sont d’anciens dinosaures du PDG/Bongo, et d’autre part le mépris dans lequel ils tiennent les militants. En pleine campagne d’adhésion, et au moment où le parti se décide – enfin ! – à délivrer des cartes de membre, cette polémique tombe très mal. En plus, elle envoie un mauvais signal à ceux qui seraient tentés de confier la gestion du pays à l’opposition. Car, si des individus, alors qu’ils sont encore dans l’opposition, ne respectent pas les textes et règles qu’ils ont librement choisis, qu’en sera-t-il quand ils seront au pouvoir avec tous …les pouvoirs ?
Dans le camp du PDG, cette affaire c’est du pain béni. « Avec Eyogo en face, sommes quasiment assurés de conserver le poste de député, et par la même occasion, nous allons solder nos comptes avec son parrain René Ndemezo », a déclaré avec jubilation une responsable de l’ancien parti unique, avant d’ajouter toutefois : « pourvu que Jean-Michel ne se présente pas… ». Là, les paris sont ouverts, car rien n’indique que l’ancien maire de Bitam soit disposé à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Ce serait même plutôt le contraire, Jean-Michel Edou Sima n’ayant pas du tout apprécié la manière cavalière dont les choses se sont déroulées. Explications.
Sur la forme, d’abord : le 19 mai, l’intéressé est convoqué au siège du parti « pour un entretien avec le président ». Sur place, il est reçu après plus d’une heure d’attente. Et là, surprise ! En fait d’entretien « avec le président », c’est un véritable traquenard qui lui est tendu. Sans en avoir été avisé, il doit, pendant près d’une heure, improviser et répondre à une série de questions au sujet de sa candidature devant une vingtaine de dirigeants et militants ( ?) de l’UN. En fait une histoire de copains et coquins. On se serait cru au PDG en 2009, lorsque certains responsables de ce parti bricolèrent à la hâte une instance bidon pour favoriser l’investiture d’Ali Bongo. Quelques minutes après le passage d’Edou Sima, ce fut au tour de Patrick Eyogo de se soumettre à la même bouffonnerie. Evidemment, c’était juste pour la forme, car les dés étaient de toutes les façons pipés.
Ensuite, il y a le fond. Dans toute organisation politique respectueuse de la démocratie, ce sont les militants qui désignent le candidat (ou la candidate) pour lequel ils sont prêts à voter. Le rôle des dirigeants n’étant que d’entériner le choix de la base et de donner les moyens au candidat pour battre campagne. Or ici, les responsables s’arrogent tous les droits. Ils décident de tout. Sans même essayer de sauver les apparences. C’est ainsi qu’ils ont choisi un des leurs, puisque l’heureux élu, Patrick Eyogo est trésorier du parti. Il est donc en quelque sorte juge et partie. On le voit, avec le décès d’AMO, l’UN est désormais dépourvue de figure apaisante et d’un cadre de référence neutre.
Sur le plan politique enfin, la décision du « distingué camarade » Zacharie Myboto et ses amis du directoire démontre d’une façon exemplaire que la démocratie dans nos partis politiques ne va pas de soi. Elle doit être reconquise chaque jour, entretenue et parée de sens, de volonté et de vertu. C’est dans cet esprit que les Gabonais ont, lors des funérailles du Président Mba Obame, envoyé un message clair aux leaders politiques et religieux : le pouvoir est au peuple. De la même manière, les Bitamois vont certainement rappeler aux dirigeants de l’UN qu’entre « le candidat de la Sablière » (Eyogo) et « l’enfant du village » (Edou Sima), il n’y aura pas photo.

TEXTE - N.N.E.

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Published by Gri-Gri International - dans Gabon 2011 Politique
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