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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 11:00
#ConstitutionsAfricaines2015 / Solidarité inébranlable et passionnée avec ceux qui souffrent des mêmes maux que la Côte d'Ivoire, par Shlomit Abel (#Libye #Syrie #RCA...)

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Texte écrit à la demande des organisateurs de la manifestation du 11 avril à Paris. Il semble que les interventions des personnes présentes aient été gardées pour la fin de la manifestation, de ce fait beaucoup de personnes avaient déjà quitté les lieux vu l'heure tardive, la pluie et le froid. Je ne sais donc pas si ma contribution aura été lue ou non lors des derniers instants de ce grand rassemblement.

je vous la livre telle que je l'ai envoyée à Christine Colin Tibala.
Shlomit
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Chers camarades,

Bien que vivant à l'étranger, et empêchée d'être présente au milieu de vous en ce jour du 11 avril, c'est en tant que Française que je voudrais vous adresser ces quelques mots, et vous saluer de toute la force de mon affection fraternelle, et de toute mon espérance.

Deux siècles de "république" et de "démocratie" n'ont toujours pas suffi à la France, héritière du manteau impérial de ses époques monarchique et napoléonienne, d'en finir avec les démons de son arrogance meurtrière et prédatrice.

Je n'entrerai pas ici dans le détail des crimes commis au nom du peuple de France par ses dirigeants depuis la moitié du XIXème siècle aux Antilles, en Chine, en Algérie, dans toute l'Afrique de l'Ouest, à Madagascar, en Indochine et au Rwanda – crimes dont les victimes se chiffrent par millions –; je me contenterai de revenir sur les crimes des plus récents :

-les crimes commandités et perpétrés contre la souveraineté ivoirienne, avec l'interminable coup d'état ayant abouti à la capture et à la séquestration du Président légitimement élu et investi SEM Laurent Gbagbo;

-les crimes commandités et perpétrés, dans la foulée, contre la souveraineté libyenne, avec le honteux et abominable assassinat de 200 000 libyens, au premier rang desquels le colonel Kadhafi et toute une partie de sa famille;

-les crimes, enfin, commandités et perpétrés en Syrie par des dirigeants français n'ayant de cesse, avec leurs complices de l'OTAN, qu'ils n'aient obtenu l'anéantissement pur et simple de la nation syrienne.

Aucun de vous n'ignore plus que les milices islamiques, hier estampillées du label Al-Qaïda, aujourd'hui rebaptisées pour les besoins de la cause en "Daesh" ici, Boko Haram ou Shebab ailleurs, sont stipendiées et armées par la France et ses alliés, comme ce fut le cas lors de la guerre en Libye, et de son prolongement au nord du Mali. Les mêmes égorgeurs qui sévissaient hier pour abattre le régime de Mouammar Kadhafi sévissent aujourd'hui pour abattre le régime de Bachar-El-Assad. Et pourquoi, selon vous, les Occidentaux refusent-ils de livrer des armes au Nigeria dans sa lutte contre Boko Haram ? Uniquement parce qu'ils ont chargé ce dernier de déstabiliser le Nigéria.

Sur le plan économique, le pillage reste de rigueur : en mai dernier le Quai d'Orsay exige de Catherine Samba-Panza, présidente intérimaire de la République centrafricaine –, la rupture d'un contrat d'exploitation pétrolière octroyant 55% des revenus à l'Etat centrafricain contre 45% à l'exploitant Chinois, au profit de Total. Résultat : 90% pour Total, 10% pour la République centrafricaine, et à terme, des milliards volés chaque année par la France au peuple centrafricain.

Je ne m'étendrai pas sur l'Ukraine, ce pays voué au chaos par certains "démocrates" ou intellectuels dévoyés façon BHL, qui, à la faveur d'un coup d'Etat crapuleux, ont réussi le tour de force d'installer à nos portes un régime semi-nazi, et de laisser à la merci de milices fanatiques des populations entières de l'un des plus grands pays d'Europe.

Camarades, si je me suis permis ce bref tour d'horizon non ivoirien, c'est pour vous rendre attentif à ce qui plus que jamais nous lie les uns aux autres, que nous soyons ivoiriens ou français, africains ou européens : l'interdépendance généralisée des conflits mis en scène et provoqués un peu partout, sur fond d'intérêts inextricablement liés, d'est en ouest et du nord au sud : interdépendance généralisée de tous les foyers de nuisance – économiques, politiques, sanitaires, écologiques – sciemment allumés et entretenus un peu partout, ici et là-bas comme ailleurs.

Si nous voulons que notre combat pour la Côte d'voire et pour l'Afrique aboutisse – et il aboutira ! –, nous devons impérativement prendre la mesure de la solidarité qui s'impose à nous : solidarité inébranlable et passionnée avec tous ceux qui souffrent des mêmes maux que la Côte d'Ivoire, infligés par les mêmes criminels : en Libye, en Irak, en Ukraine, en Syrie, en Afghanistan, et jusqu'au Venezuela, sans parler du "bouc émissaire" iranien, dont la perte est arrêtée depuis longtemps dans l'esprit des maîtres du monde, aussi longtemps que le fut celle de la Libye...

Nous devons développer une conscience claire de l'appartenance de chacun des acteurs de la scène internationale contemporaine au camp de nos amis ou à celui de nos ennemis. Face à la démesure conquérante et dominatrice de ceux qui veulent asservir le monde entier à la loi de leurs dividendes boursiers – quitte à transformer tous les pays de la terre en ectoplasmes privés d'initiative –, quels sont les acteurs sur lesquels nous pouvons et devons compter ? Un nom au hasard, en forme de question : Vladimir Poutine ? Lui qui, en raison de sa politique inspirée, vouée au sauvetage de la souveraineté russe, s'est vu transformé en ennemi no 1 par notre ennemi commun : cet Occident du cynisme, du sang versé, de la guerre à tout prix et du dieu profit...

Mais nous devons également développer une conscience non moins claire de l'appartenance des acteurs de la scène politique française au camp de nos amis et à celui de nos ennemis. Je ne froisserai personne en affirmant aujourd'hui que la gauche de Jean Jaurès, de Léon Blum et de Pierre Mendès-France n'a plus de représentant crédible – ou plutôt visible – parmi les instances dirigeantes de ce qu'il est est convenu d'appeler le "Parti Socialiste" : à bord de ce navire-là, il y a longtemps que la "gauche" caviar, affairiste et boursicoteuse, irrémédiablement compromise dans la perpétuation de l'héritage postcolonial françafricain, a réussi sa mutinerie. Il suffit de considérer avec quel brio Hollande, Valls et Fabius ont pris le relais de Sarkozy, Fillon et Juppé ! A ce propos – et je repense au paradoxe de la malheureuse Ukraine, livrée à des nazis soutenus par l'Europe et les Etats-Unis ! –, n'oubliez pas qu'Hitler était... socialiste, et que ceux qui aujourd'hui, agitent le plus frénétiquement l'épouvantail de sa mémoire ne sont pas forcément ses plus indignes héritiers...

Là aussi : conscience claire ! Sans autre a priori que celui du courage et du souci de vérité.

Nous commémorons aujourd'hui l'un des événements qui, dans ma mémoire personnelle et familiale, reste marqué comme l'un des plus douloureux qu'il m'ait été donné de vivre : suivi d'heure en heure, nuit et jour, la progression des hordes sauvages massacrant tout sur leur passage, avec l'appui logistique de la France et de l'Onuci; l'assassinat de notre compatriote Philippe Rémond, vraisemblablement éliminé sur ordre des autorités françaises – il pesait trop lourd dans la balance pro-Gbagbo de la communauté expatriée –; la bataille d'Abidjan, avec son flot incessant de rumeurs contradictoires, dont certaines, hélas, distillées par ceux de nos amis et frères qui s'étaient déjà vendus à l'ennemi...; le pilonnage de la Résidence, l'assassinat et la disparition de centaines de jeunes aux mains nus, venus entourer leur Prési; les rondes d'hélicoptères procédant au largage des corps en pleine mer; la tentative d'assassinat de Laurent Gbagbo, localisé au sein de la Résidence à la faveur d'un appel téléphonique de l'ambassadeur barbouze Jean-Marc Simon; la capture, enfin de notre Prési, livré par les troupes françaises venant de dynamiter le tunnel aux rebelles surexcités; sans parler de l'insupportable humiliation de la première Dame Simone Gbagbo. Que de larmes...

Si j'évoque ces souvenirs, gravés dans mon âme, en dépit des distances, au burin d'un amour qui se vit sans s'expliquer, c'est parce qu'ils doivent rester intacts, comme doit rester intacte notre commune détermination – souvent mise à mal, au cours de ces quatre années écoulées, par l'inavouable carriérisme de certains professionnels de la politique –; détermination à refuser de tourner la page. Personne, aujourd'hui, ne menace Ouattara : la seule menace qui pèse sur lui et sa bande provient de l'ineffaçable illégitimité de sa prise de pouvoir : notre meilleur allié, celui qui finira par venir à bout de l'injustice dont Ouattara continue d'incarner l'irruption sur la terre ivoirienne, c'est sa mauvaise conscience, et la mauvaise conscience des malfaiteurs qui l'ont placé au pouvoir. La conscience d'un crime inavoué, et maquillé en droit : voilà le plus sûr ferment du pourrissement dont ce régime et sa marraine française ne tarderont pas à périr, comme des corps gangrenés.

Alors, camarades, ne lâchons rien ! Continuons à donner des sueurs froides à ceux qui, après avoir fait le mal, se bercent encore de l'illusion de pouvoir faire entériner les fruits de leur méchanceté par les peuples. Nous sommes aujourd'hui rassemblés pour acclamer notre Prési, l'unique président légitime de la Côte d'Ivoire, SEM Laurent Gbagbo; nous sommes ici pour l'assurer de notre indéfectible attachement, et de notre foi en son prochain retour au pays. Ma lettre de demande de la nationalité ivoirienne est déjà écrite : c'est lui seul qui la recevra, et décidera ou non de lui donner suite, comme il s'apprêtait à le faire pour Philippe Rémond.

Ce chemin, sur lequel je vous invite à persévérer, est celui qu'a choisi un certain FPI : je tiens à saluer ici le courage, l'intelligence et l'inépuisable inventivité de nos camarades ivoiriens, dont le talent pour narguer les donneurs d'ordre au service du régime rappelle d'ores et déjà les plus belles pages de Résistance écrites çà et là de par le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sur le sol africain, comme en Extrême-Orient ou en Amérique latine...

Quant aux Français que nous sommes, nous devons nous sentir d'autant plus forts, avec vous et pour vous, sœurs et frères de Côte-d'Ivoire, d'Afrique et d'ailleurs, que nous représentons ici des millions de nos compatriotes dont l'absence aujourd'hui n'est due qu'à une seule raison : l'ignorance de la vraie nature de ceux qui les gouvernent, et qu'en toute bonne foi ils ont cru élire, alors que les vraies décisions se prenaient ailleurs. L'énorme machine médiatique à lobotomiser le bon peuple en détournant son attention tourne à plein régime : c'est à nous tous, camarades, qu'il appartient d'inverser la tendance ! Comme l'écrivait Victor Hugo dans une lettre condamnant le caractère scélérat de l'expédition franco-britannique en Chine en 1861 : "...les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, et les peuples jamais."

A l'heure où Juifs et Chrétiens fêtent la Pâque de toutes les délivrances – délivrance de la peur, de la mort et de la tyrannie –, puissions-nous nous mettre ensemble à l'école Celui qui est à la source de toute liberté, de toute résistance !

Que l'Eternel bénisse le Président Gbagbo ! Que l'Eternel bénisse la Côte d'Ivoire !

Shlomit Abel, 11 avril 2015

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Published by Gri-Gri International Shlomit Abel - dans Côte d'Ivoire - Élections 2010 RCA Libye 2011 Syrie
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