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Le Gri-Gri International           Satirique africain francophone

Né au Gabon en 2001

#Gabon / Les Bongoliens inventent des journaux fictifs pour diffamer Jean Ping et désinformer !!!

Publié le 17 Septembre 2014 par Gri-Gri International Echos du Nord in Gabon 2011

#Gabon / Les Bongoliens inventent des journaux fictifs pour diffamer Jean Ping et désinformer !!!

Paru in ECHOS DU NORD N° 249 du Lundi 8 Septembre 2014

Sous le titre : La désinformation atteint les sommets

Un hebdomadaire national, La Loupe, totalement piraté. Un pseudo-magazine panafricain sorti de nulle part, bien qu’il affiche son 416e numéro, qui annonce « ses vérités » sur Jean Ping. Décidemment, le pouvoir n’hésite plus à multiplier les manœuvres de manipulation.

« Grogne d’Afrique ou Grogne de la présidence de la République ? »

C’est par cette interrogation que Jean Ping a révélé aux jeunes venus l’écouter lors de sa causerie tenue en fin de semaine dernière au quartier Cocotiers, à côté de l’immeuble de la Fonction publique, qu’un journal prétendument panafricain l’accusait d’avoir subtilisé 120 milliards de francs CFA au défunt président Mouammar Kadhafi. Mieux, le titre précise que les enfants Kadhafi auraient porté plainte contre lui, ainsi que l’Etat libyen. Interpol serait saisi pour arrêter Jean Ping partout où il se trouverait dans le monde.

La réalité est toute simple. Ce journal, qui se proclame panafricain, et serait à son 416e numéro, est tout simplement inconnu de la profession. Approché, le distributeur de toute la presse nationale, la société Sogapresse, dit ne pas avoir reçu ce titre pour le mettre en vente. Il suffit d’ailleurs de faire le tour de ses kiosques à Libreville ou à l’intérieur du pays pour s’apercevoir qu’il n’y a point de Grogne d’Afrique dans les rayons. Pour un hebdomadaire qui prétend être à sa 416e semaine de parution, c’est-à-dire près de 9 ans d’existence, il est surprenant que personne ne se souvienne d’avoir vu en kiosque les numéros précédents. Pire , lorsqu’on lit « l’ours » du « confrère » (le petit carré où tout journal doit donner des informations obligatoires régies par la loi, à savoir le nom du directeur de publication du titre, le nom du directeur de la rédaction, celui du rédacteur en chef, ceux des journalistes, le nom de l’imprimeur, celui du distributeur ainsi que le numéro du dépôt légal), on s’aperçoit que pour Grogne d’Afrique, ces informations sont inexistantes. « L’ours » se limite à des informations sommaires. Si ce « journal » n’avait pas l’appui du pouvoir, nul doute que le Conseil national de la communication aurait arrêté cette fantaisie.

Reste le fond du dossier. Pour un journal panafricain paru dans la semaine du 19 au 26 août 2014, il est étonnant que les sujets brûlants de l’actualité africaine en soient absents. Notamment les dégâts du virus Ebola qui ravage l’Afrique de l’Ouest. Mieux, le titre sert même du réchauffé, car l’affaire Ecobank est soldée depuis plusieurs mois. Thierry Thanon, son ancien directeur général, vient de donner une conférence au Gabon sur l’agriculture. La banque a déjà restructuré son management et vise d’autres objectifs. Grogne d’Afrique aurait pu saisir l’occasion de la présence de Thanon au Gabon pour actualiser son papier.

Quant au sujet principal, les « .... Troublantes révélations en Libye » sur Jean Ping, le confrère ne s’est pas aperçu que le fils Kadhafi est assigné en résidence surveillé au Niger. Que sa sœur est en exil et lutte pour sa survie. Pas vraiment la tête à porter plainte contre quelqu’un. Quant à l’Etat libyen, il est totalement déstructuré, en proie à une guerre de fractions entre islamistes et modérés. Dans ces conditions, Jean Ping peut-il constituer le sujet prioritaire des gouvernants libyens ? Absolument pas.

Enfin, le confrère panafricain, dont le siège est 418 rue Louis à Libreville, n’a pas trouvé mieux que de consacrer l’essentiel de son actualité au Gabon. Tout comme les illustrations du chef de l’Etat transgressent les us de la profession. Tout ceci porte à croire que ce "journal" est fabriqué par une "écurie" liée directement ou indirectement à la présidence de la République.

Au cours de sa causerie, Jean Ping a dit ne pas se reconnaître dans tout ce qui est dit. Mettant même au défi les rédacteurs du papier, qui annonçaient que l’ancien président de la Commission de l’Union africaine était recherché par Interpol. « Je pars à New York demain soir, si je suis recherché, eh bien Interpol m’arrêtera. » Désormais aux abois, le pouvoir fait la démonstration qu’il est prêt à tout pour s’accrocher. Cette grossière opération de désinformation au sommet est un signal que tous les démocrates doivent prendre au sérieux.

Texte / JMS