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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 00:00
Paru initialement à Abidjan dans Le Nouveau Courrier n°1095 (21/08/2014)
Paru initialement à Abidjan dans Le Nouveau Courrier n°1095 (21/08/2014)

Laurent Akoun est victime d’une persécution politique orchestrée par le régime Ouattara. Sa convocation le 20 août devant le juge d’instruction a permis de le démontrer clairement.

Laurent Akoun, 5ème vice-président du Front populaire ivoirien (Fpi) a répondu hier mercredi 20 août 2014 à la convocation du juge du 10ème cabinet d’instruction Kra N’Dri. Ce premier face-à-face avec le juge n’a duré que 5 minutes. Laurent Akoun que Le Nouveau Courrier a joint hier après cette audience a donné ses impressions par rapport à cette nouvelle affaire concoctée contre lui par le régime Ouattara. « J’ai été reçu à la cellule spéciale d’enquête aux Deux-Plateaux. Ce n’était pas au tribunal du Plateau. Mais demandez à Me Bobré, je pense qu’il pourra vous donner plus d’éléments puisque je suis dans une procédure judiciaire maintenant. Je réserve mes commentaires pour un peu plus tard. Parce que l’audience n’a duré que 5 minutes. Elle a été renvoyée », a-t-il précisé.

Les faits qui enfoncent le régime Ouattara

Ça saute désormais aux yeux : le 5ème vice-président du Front populaire ivoirien (Fpi), Laurent Akoun, est victime d’une cabale politique maquillée sous la procédure judiciaire engagée à nouveau contre lui par le régime d’Alassane Ouattara. Plusieurs faits le démontrent nettement. D’abord, c’est à la cellule spéciale d’enquête et d’instruction située aux II-Plateaux que l’audience de Laurent Akoun s’est déroulée avec le juge d’instruction du 10ème cabinet Kra N’Dri. Cette cellule mise en place par le pouvoir s’occupe exclusivement des dossiers liés à la crise postélectorale. C’est connu, contrairement à plusieurs cadres du Fpi ou des pro-Gbagbo - dont des centaines sont encore en prison au nombre desquels Simone Gbagbo qui est injustement embastillée à Odienné ou plusieurs autres qui bénéficient de la liberté provisoire - qui font l’objet de poursuites judiciaires par rapport à la crise postélectorale, Laurent Akoun n’a jamais été concerné par ces procédures fantaisistes engagées par le régime d’Abidjan dès sa prise de pouvoir. Akoun a donc eu la chance d’être épargné par ces procédures profondément politiques dès le départ. Mais si le régime Ouattara devait le poursuivre comme ses camarades de parti à propos de la crise postélectorale, il l’aurait fait depuis belle lurette. Il n’aurait évidemment pas échappé à la justice des vainqueurs rampante particulièrement déroulée contre les pro-Gbagbo. Sinon pourquoi attendre plus de 3 ans pour décider d’initier une procédure contre quelqu’un à qui on reproche des faits liés à la crise qui a découlé des élections de 2010 ? Le camp Ouattara n’a donc rien contre l’ancien secrétaire général du Fpi, si ce n’est de la persécution politique vaine et gratuite par l’instrumentalisation de la justice comme c’est le cas depuis l’installation d’Alassane Ouattara au pouvoir en 2011 pour des règlements de compte.

Ensuite, regardons de près les faits qui sont reprochés à Akoun : attentat contre la défense nationale, complot contre la sûreté de l’Etat et autres. Même si comme l’a expliqué son conseil, Me Félix Bobré, le juge n’étant pas « rentré dans le fond du dossier », il est pour l’instant difficile de savoir si les faits reprochés à son client dans cette procédure sont liés à la procédure antérieure qui avait conduit à son arrestation en août 2012, l’on peut aisément penseer qu’il ne s’agit pas de la même affaire. En effet, Laurent Akoun avait été arrêté de manière tout à fait spectaculaire le 26 août 2012 à Adzopé (alors qu’il était en tournée politique dans la région) puis injustement condamné le 31 août à 6 mois de prison. Il a été libéré le 28 février 2013 après avoir inutilement passé tout ce temps à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Mais qu’est-ce qui a justifié son arrestation puis sa condamnation ? Le régime avait avancé comme prétexte l’infraction de « trouble à l’ordre public ». D’où viennent ces allégations d’« attentat contre la défense nationale, complot contre la sûreté de l’État » inventées de toutes pièces aujourd’hui si Akoun n’était pas initialement visé par les procédures de la crise postélectorale ? Quand les a-t-il commis ? C’est là que le régime se fourvoie, s’embrouille et est pris au piège de ses propres errements qui le démasquent clairement dans cabale politique intentée contre ce cadre du parti du président Laurent Gbagbo.

Le mystère reste entier sur cette procédure

Autre leçon que l’on peut tirer de cette convocation, c’est que les échanges entre le juge Kra N’Dri d’une part et Laurent Akoun et Me Félix Bobré d’autre part n’ont duré que 5 minutes. Le vice-président du Fpi a ensuite regagné son domicile. On pourrait dire une convocation pour rien ou pas grand-chose puisque rien de précis et de concret ne lui a été signifié afin que Akoun soit véritablement situé sur les motivations profondes de cette affaire. Le mystère reste entier sur cette procédure qui le vise. Seulement, l’avocat d’Akoun a révélé que son client attend que le juge le convoque pour une prochaine fois pour qu’il puisse se « présenter de nouveau devant lui ». Quand ? Mystère également sur l’agenda du juge qui n’est qu’un instrument ici. Manifestement, le régime Ouattara veut faire véhiculer un message qu’on pourrait résumer ainsi : ‘‘si tu ne te tiens pas tranquille, on va te remettre en prison. C’est pourquoi nous avons engagé cette procédure’’. L’épée de Damoclès est agitée par le pouvoir. « On a répondu à la convocation. Maintenant, quand à savoir si c’est un acharnement du pouvoir, je ne saurai le dire parce que ça c’est sur un autre terrain qui n’est pas le mien : le terrain politique », explique l’avocat. Même si Me Bobré, pour des raisons qu’on peut comprendre, utilise un discours voilé, tous ces faits démontrent que Laurent Akoun est effectivement victime d’une conspiration juridico-politique.

Surtout que ses ennuis judiciaires ont curieusement refait surface en début de semaine dernière, à la suite de la publication le 12 août dernier des conclusions du Comité de médiation qui ont mis fin à la crise au Fpi. Le régime a donc étiqueté Akoun comme quelqu’un qui affiche une fermeté inébranlable concernant les sujets qui occupent le dialogue politique opposition-gouvernement. Le camp Ouattara veut par conséquent l’intimider et le réduire au silence à travers cette procédure dénichée de nulle part contre lui.

C’est connu : lorsque le camp Ouattara est en difficulté ou voit ses intérêts en danger, il met en branle la justice aux ordres depuis son installation à la tête du pays. Alors qu’on lui demande de libérer les prisonniers politiques, de favoriser le retour des exilés, de dégeler les avoirs, en somme de restaurer l’état de droit, le régime continue de ruser avec la réconciliation nationale qui ne le préoccupe en réalité pas. À la place d’actes d’apaisement promis dans le cadre du dialogue politique, le pouvoir continue la persécution de l’opposition et aussi de démontrer sa duplicité.

Texte / Anderson Diédri

www.nouveaucourrier.net

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