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Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Le Gri-Gri International - Édition spéciale 11 avril 2011 - La chute de Gbagbo - 3 euros
Jérôme Reijasse n'a peut-être même pas 40 ans. Supporter du PSG, donc homme déçu. Écrivain (Parc). Journaliste chez Rock'n Folk. Traducteur pour les rockeurs à la télé. Rédacteur en chef d'une émission culturelle quotidienne. Lyrique. Exalté. Capable de trouver des raisons de vivre valables dans un groupe ou un artiste encore incontrôlé. Proposera chaque lundi (même si des fois ça tombe le mardi ou le mercredi) désormais ses 7 Jours loin du monde aux lecteurs du Gri-Gri.
Cette semaine, pas vraiment vécu.
Le travail dévore tout, ce connard.
J'ai croisé des gens médiatiques puants, des anonymes pas moins gerbants, j'ai dormi dans le métro, j'ai ri dans ses couloirs mais d'un rire inquiétant, d'un rire qui annonce des jours noirs.
J'ai quand même vu le PSG battre difficilement Auxerre au Parc en compagnie de Karim et Patrice. J'ai aimé ma femme et mon
fils. J'ai ri avec Arnaud, Pierre et Élodie, entre deux tâches ingrates cathodiques. On a passé notre semaine à imiter Patrick
Sébastien et Gilbert Bécaud. Les autres nous regardent comme si nous étions condamnés à la camisole. L'absurde nous sauvera. Peut-être...
Il faut fuir, bientôt. Il faut s'arracher à cette répétition débilitante. Il faut convoquer le peu de courage qui reste encore dans les veines. Surtout ne pas
craindre de manquer. Fuir, loin et vite, fuir avant de se transformer en une créature dégueulasse, aux mots vides et aux actes sales.
Dieu qu'ils me dégoûtent tous ces zombies aux désirs en béton armé et aux émotions soldées.
Je ne vaux certainement pas mieux qu'eux. Mais je les emmerde quand même, je les méprise, je les vomis, je les tue à chaque regard.
Vendredi, mon couple hurle. Un enfant, c'est une magie indiscutable et également une certitude de déchirure. Pour les faibles et les merdes surtout. Devenir
parents, c'est accepter la lutte. Il s'agit de se battre, d'être plus fort que le démon de l'égoïsme. Pas gagné au coeur d'une époque qui n'a rien fait pour que l'on célèbre la moindre dignité.
Se forcer à rester ensemble, se forcer à avancer, coûte que coûte. Renoncer tout de suite, maladie contemporaine, c'est véritablement détestable. Oublier le glamour, privilégier l'amour, le vrai,
celui qui a traversé des océans de doutes et de larmes et qui a vaincu. J'emmène donc Madame au restaurant et au cinéma. Comme un beauf. Comme un Homme. Le restaurant est chinois et ne casse pas
trois pattes à un canard laqué. Le film est touchant, parfois même magique. The Artist. Avec Jean Dujardin. Bien sûr, il n'est pas question de parler de
chef d'oeuvre. Qu'il gagne un Oscar ou autre chose, peu m'importe. Il suffit pourtant de se laisser aller, d'accepter d'être privé de mots (qui s'en plaindra vu l'indigence des dialogues
cinématographiques depuis 20 ans en France?) et de danser immobile devant cette histoire d'un acteur déchu muet qu'une actrice en vogue parlante va aimer. J'ai toujours eu un faible pour les
films naïfs, les comédies musicales américaines où l'on réglait ses comptes à coups de claquettes. Ma part de féminité sans doute... Nous sortons de la salle tendrement enlacés. Les
Champs-Élysées scintillent, un Noël de pacotille pour touristes-lapins gâche mon horizon. Ces décorations lumineuses, cercles vulgaires comme échoués dans les arbres, sont atroces. Il faudrait
qu'une neige méchante, Béréziniesque, écrase ce décor au rabais, dernière faute de goût coupable de l'autre Delanöé.
Et puis mardi, dans ma boîte aux lettres, un livre acheté sur un site marchand pour quatre euros. Panne de Sens de Mouss Benia. Quel titre ! Qui ça ? Un
écrivain français qui n'a pas eu droit aux honneurs des médias. Son nom peut-être, trop arabe, pas assez rive gauche. Quoique... Aujourd'hui, on vend des gens parce qu'ils sont issus de la
diversité. C'est même devenu un véritable business. Rires. En tout cas, jamais je n'en avais entendu parler. Mouss Benia, je le connais parce que je travaille avec lui. Gueule dense, regard pas
tout de suite sympathique, yeux perçants de celui à qui on ne la fait pas sans risquer quelque chose. Mouss est régisseur sur l'émission pour laquelle je trime. Régisseur, ça signifie s'occuper
des loges des invités, leur fournir boissons et friandises pour qu'ils patientent sans criser. Ça signifie courir à gauche et à droite pour parer à toute éventualité. Un jour, Mouss m'apprend
qu'il écrit, qu'il a été publié, que ses éditeurs ont foiré sa promo. Son sourire en coin mêlé à une distance salutaire ayant de quoi convaincre n'importe quel humain à l'écoute, j'ai acheté son
premier roman. Jilali est un adolescent aux poches vides et aux rêves pas encore morts et ce roman, c'est un long, beau et dur travelling, on navigue d'un camping hexagonal à une Algérie toujours
pas fixée. De la réalité au songe. Le style est brut, drôle, tendre, on pense peut-être à Romain Gary, on lit et des émotions jamais galvaudées traversent l'âme. Ce livre est
important parce qu'il raconte une histoire que personne ne veut entendre. La plume de Mouss Benia n'hésite pas entre haine et générosité, non, elle accepte de tout dire, loin des clichés qui
arrangent tout le monde. Convaincu, je viens de cliquer pour me procurer son autre ouvrage, Chiens de la Casse, encore un titre qui claque. Mouss Benia écrit toujours.
Il a raison.
Texte & Photo - Jérôme Reijasse
Bonus :
Communiqué - LE PCB PROTESTE CONTRE LA DEPORTATION DE LAURENT GBAGBO A LA HAYE
Selon le quotidien La Nation en date de ce jour 30 novembre 2011 rapportant l’AFP, « Le procureur a notifié un
mandat d’arrêt international au Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo. Il va s’agir de le transférer à la Haye, je ne sais pas quand, ça peut être aujourd’hui, demain au plus
tard » (sic). Ainsi, ce jour mercredi, deux jours après l’audition qui a débuté le lundi 28 novembre et dix jours avant les élections législatives auxquelles le parti de Laurent Gbagbo,
le FPI a décidé de ne pas participer, les puissances étrangères qui ont agressé la Côte d’Ivoire, bombardé le Palais présidentiel et ont réduit le pays en un protectorat, sous
mandat de l’ONU, transformée en agence de couverture des agressions et de recolonisation des pays pauvres, notamment ceux d’Afrique, les puissances étrangères déportent l’ex chef
d’Etat avec la complicité de celui qu’on ne peut pas ne pas qualifier de pantin des puissances étrangères, Alassane Ouattara.
Ainsi, sous nos yeux, se répète le scénario de déportation des rois et chefs de communautés qui ont, pour une raison ou une autre, résisté à la volonté des
colons. Que les auteurs des crimes qui ont endeuillé la Côte-d’Ivoire et semé la mort dans les populations doivent être jugés, il n’y a aucun doute là-dessus. Et le PCB
qui en appelle au jugement et au châtiment des criminels politiques l’a toujours exigé dans notre pays et partout. Mais cela doit l’être dans chaque pays, et en occurrence ici, en Côte-d’Ivoire
avec la législation ivoirienne afin qu’un terme soit mis à l’impunité par le peuple ivoirien et non par des puissances étrangères. Il y va de la souveraineté, de la dignité et de l’honneur de
chaque peuple et de l’Afrique.
C’est sur la base de ces principes que les Etats-Unis refusent le jugement de leurs citoyens en dehors de leur territoire et ont refusé de ratifier
jusqu’aujourd’hui le traité de la CPI. La France également joué des pieds et des mains pour ramener sur son territoire ses citoyens accusés de crimes comme on l’a vu dans la ténébreuse
affaire Arche de Zoé au Tchad. Ainsi les grandes puissances défendent leur dignité et s’acharnent à humilier les peuples africains et leurs dirigeants, à les traiter comme des
esclaves.
C’est inadmissible, inhumain. Le PCB élève une vive protestation contre l’humiliation de l’Afrique, de ses fils et dirigeants. Il répète qu’il n’appartient à aucune
puissance étrangère de juger les criminels politiques d’un autre pays. Il invite toutes les organisations démocratiques à protester contre les puissances étrangères et leur complice, Alassane
Ouattara au pouvoir en Côte-d’Ivoire. Gbagbo doit être ramené en Côte-d’Ivoire pour y être jugé pour ses crimes.
Cotonou, le 30 novembre 2011
PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)
01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)
Tél. :21 30 03 22/97 98 35 65 – Site :
www.la-flamme.info
Vendu en ligne (+ frais de port) sur www.nouveaucourrier.info
Vendu chez Présence Africaine, 25 bis rue des écoles 75 005 Paris
Vendu dans les marches et rassemblements politiques africains