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  • : Le Quotidien du Gri-Gri International, premier satirique africain francophone animé par la rédaction et son Ambassadrice Ma Solange Oussou.
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Dom-Tom, Caraïbes & Amériques

Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 08:44
PS : chanson extraite d'un disque et d'une comédie musicale, Sega Tremblad, dû au Vollard combo. L'argument du spectacle présenté il y a une dizaine d'années à Paris : le "Prince du Sega" quitte sa Réunion pour rallier la France et y triompher. Il finit en banlieue. Balayeur. Père de plusieurs enfants. La semaine, il balaye. Le dimanche, dans les fêtes culturelles des associations réunionnaises, il chante et oublie... Jusqu'à ce que son fils meure. Victime d'un accident, d'un chahut entre ados au bord de la ligne de chemin de fer. Happé par un train. Avec lui se trouvait un de ses copains, un Maghrébin, qui y laissera une main. La droite. Celui-ci porte-t-il une part de responsabilité ? Aurait-il pu sauver son pote ? L'a-t-il malheureusement précipité sous les roues du train ? La tête du Prince du Sega explose... Sa fille le poussera à remonter sur scène.
Pendant la promotion du spectacle à l'époque, à de multiples reprises et en plusieurs endroits, on a pu entendre dire que le jeune Maghrébin ayant perdu sa main droite était devenu un comique... un comique à très grand succès. Un comique qui jamais ne serait allé rendre la moindre visite aux parents du disparu. Un comique qui, lorsqu'il tourne dans les Dom-Tom, semble éviter la Réunion...

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Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 17:57

patrick-saint-eloi

 

 

 
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Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 13:11

Wyclef Jean dr www.legrigriinternational.com-1

 

  Wyclef Jean a annoncé s'être rendu en Haïti, y avoir déposé sa candidature au bureau du Conseil électoral et prononcé un discours (en anglais, puisqu'il ne parle ni créole ni français...). Depuis 2004 et la tempête Jeanne, qui ravagea les Gonaïves, Wyclef a mouillé le maillot, collectant des fonds, faisant venir d'autres vedettes sur son île natale. Encore plus après le séisme du début 2010. Vivant à New York depuis sa neuvième année, il n'en a pas moins fondé une association, Yélé Haïti qui lui permet d'entretenir des relations permanentes avec Haïti. Au point d'y être venu voter René Préval en 2005 - il n'a donc pas pu voter Obama, en 2008, en principe. Préval qui, en retour, fit de lui un "ambassadeur de bonne volonté". Des amis de trente ans, quoi. La rumeur dit que les deux ne s'aimeraient plus trop. La consitution haïtienne, elle, dit que Préval ne peut pas se représenter. Mais : "La candidature de celui qui ne cache pas son désir d'être le Bob Marley du XXIe siècle n'est pas sans embûches.", selon le quotidien de révérence, Le Monde, d'habitude plus subtil dans son paternalisme (Marley n'ayant jamais eu de mandat ni de velléité politique, on se demande bien d'où vient cette comparaison à cet instant précis... des locks, de la musique ?). Parmi les majeurs soucis techniques : la Constitution ne reconnaît pas la double nationalité et impose que les candidats aient résidé sur l'île au moins 5 ans avant l'élection. En bon américain, les frontières, les constitutions et usages des pays envahis, Wyclef s'en fout, il ira quand même ! Il a des dollars et la morale du coeur pour lui, il a donc tous les droits. (Parlant de dollars, l'acteur Sean Penn, s'il reconnaît l'activité du bonhomme, dénonce néanmoins le détournement de 400 000 $ sur les 9 millions levés par Yélé Haïti, et le chanteur d'admettre des déclarations fiscales fantaisistes). La présence, parmi les candidats déclarés, de l'oncle du musicien, Raymond Joseph, ambassadeur d'Haïti à Washington depuis 2005, ne semble pas déranger, fut-ce au nom de la morale, du népotisme ou de la contre-productivité, un Wyclef qui apparaît presque aussi ahuri, ivre de lui-même, de sa notoriété et de son argent que le pauvre George Weah, génial joueur de football, se ridiculisant lors des dernières présidentielles libériennes...

Bien entendu, et avec le cynisme d'un organe officiel d'ex puissance coloniale, Le Monde ne manque pas de le noter, la rue haïtienne (laquelle ?) n'a d'yeux que pour l'immigré de retour rempli de bagouzes, de bagnoles et de promesses de destins comparables au sien. Tout sera bon pour tuer de l'opposition le moindre embryon. Définition de l'impuissance en 2010 : être un honnête député haïtien. Un mis sous tutelle qui ne s'ignore même pas. Comment être de gauche ou de droite, proposer un modèle de société, un contrat social en face de Wyclef Jean ? Il est à conjecturer que, sur tous les modes, de l'ironie droitière à la compassion démocrate, les médias occidentaux vont entériner la candidature du gogol ménestrel. Les bénéfices sont évidents... pour le candidat d'en face. Vulgaires promoteurs de boxe, les Oncle Samiens, avec les Français, cutmen tragi-comiques, poussent un poulain surestimé, illégitime et incapable jusqu'au championnat. Sous les yeux ébaubis d'un sentimental public mondial. Weah, Wyclef Jean... et pourquoi pas Youssou Ndour à Dakar, (in)volontaire et très utile idiot des Wade fathers and son. Tiken Jah le "Ouattarien" en Côte d'Ivoire. On trouvera bien un bantoustan à refiler à Bob Geldof, au nom du passé. Et pour le vieux Renaud, l'Éthiopie... Il y a quarante ans, le mari de Christine Ockrent apportait sur le plateau occidental le colonialisme new age, avec ses dégueux french doctors. Wyclef finit le boulot. Comme en 1956 : la négrification des cadres.

 

Photo - Dr   Texte - Grégory Protche


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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 19:26
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Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 14:58

 

 

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Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 07:43

Une marche de protestation initiée par le Mouvement Paysan Papaye (MPP) a eu lieu le 4 juin. Pour protester contre les dons de semences de Monsanto, de Pioneer Hybrid et, plus globalement, la politique dévastatrice du projet Winner (sic) lancé par l'Agence américaine d'aide au développement international (USAID).
Sous couvert d'une action humanitaire, Monsanto et ses copines cherchent en fait
à implanter de force mais en douceur semences et modèle agricole industriel. Les paysans haïtiens ont encore peu recours aux hybrides F1 de Monsanto et Pioneer - dont ils ne peuvent utiliser la récolte comme semence -, et utilisent les semences paysannes locales, s'inscrivant "dans une démarche de promotion de la souveraineté alimentaire, de la priorité à la production et la consommation locales et traditionnelles". L'arrivée massive de semences hybrides et du paquet technologique qui les accompagnent concoureront moins à la reconstruction qu'à la déstabilisation, "d'autant qu'il est très prévisible qu'une vague OGM s'en suivra." Moralité : Haïti est dépendant alimentairement, mais  à l'origine de ce problème, ce sont moins les techniques agricoles qui sont évoquées que les politiques agricoles et le libéralisme économique auxquels elles sont soumises.


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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 19:07

Claude Ribbe devant le Châtelet 1 couv-Robinson-Haiti-Presse

 

Un jour peut être, un nouvel « oiseau » venu d’Afrique reconduira dans son pays celui qui n’aurait jamais du le quitter. Dans cet avion, le président Aristidesera accompagné de quelques amis américains : Danny Glover, Randall Robinson, Maxine Waters. Il y aura sûrement un Français aussi dans cet avion. Il se pourrait bien que ce soit moi. Régis Debray a écrit un livre sur la « fraternité ». Il s’apprête certainement à faire campagne pour l’élection de Villepin en 2012 avec l’espoir d’être nommé ministre de la Culture. (…) Je ne lui ai jamais administré la paire de gifles qu’il mériterait certainement de recevoir. Je préfère le laisser avec sa conscience et le souvenir des milliers de morts, des dizaines de milliers peut-être, qui suivirent le coup d’État donc il fut l’artisan. Sous le régime de Latortue, on enfermait les partisans d’Aristide dans des containers qu’on aller jeter ensuite dans la mer. Véronique de Villepin-Albanel continue d’animer l’aumônerie de Sciences po. Elle ne s’est jamais exprimée sur ces événements, mais comme c’est, paraît-il, une bonne chrétienne, je suppose qu’elle me pardonnera d’avoir dit la vérité et qu’elle priera pour le salut de mon âme. Villepin, devenu ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre, envoya l’année même du bicentenaire, un corps expéditionnaire de 1000 soldats français. On n’avait pas vu de soldats français en Haïti depuis la capitulation de 1803. Les soldats de Villepin firent sécher leurs slips, non pas sur la ligne Siegfried, mais sur les grilles du palais présidentiel. Ils baptisèrent l’opération « Rochambeau », du nom du général qui se servit de chiens dressés pour dévorer les nègres et qui entreprit l’extermination de tous les Haïtiens de plus de douze ans, en les faisant gazer au soufre dans les cales des bateaux. Le jour de leur départ, Paris Match publia l’interview d’une Haïtienne prétendant qu’elle avait assisté à une « messe noire » où le président Aristide avait « probablement » sacrifié un nouveau né en le coupant en morceaux. La seule accusation qui n’ait jamais été portée contre le président d’Haïti, c’est la pédophilie. Je m’étonne qu’ils n’y aient pas pensé. Burkard a pris sa retraite avec le traitement d’ambassadeur. (…) Il se pique à présent d’écrire. Des romans policiers régionalistes. Il est venu me voir au stand au salon du livre de Paris en 2009, un peu penaud, comme pour faire la paix. J’ai brandi le livre que je signais,  Le nègre vous emmerde. Il a fait demi-tour. Quant à Villepin, il m’a fait appeler par son secrétariat, en septembre 2005, pour me nommer membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) du fait de mon engagement pour les droits de l’homme. (…) Pour exprimer ma gratitude, j’ai publié, deux mois plus tard, un livre sur Haïti : Le crime de Napoléon. Je n’ai pas été renommé à la CNCDH au moment de son renouvellement. Au fait, l'aéroport de Cayenne s'appelle Rochambeau. Je m'étonne que Christiane Taubira, députée de la Guyane, n'ait jamais demandé qu'on le débaptise. Un livre de Randall Robinson, relatant dans le détail tous ces événements, est sous presse pour être publié le 18 février 2009 sous le titre Haïti, l'insupportable souffrance. J'aurai eu l'honneur de le publier et de le préfacer. Telle sera ma modeste contribution, avec le témoignage publié quotidiennement depuis dix jours sur ce blog, à la reconstruction d'Haïti. Je n'ai écrit que la vérité. L'histoire jugera.

 

Texte - www.claude-ribbe.com   Photo - GP

 

PS : retrouvez très bientôt l'ensemble du feuilleton publié par Claude Ribbe, sur son blog, puis ici même, sur la page spéciale qui lui sera consacrée.

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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 14:16


1 couv-Robinson-Haiti-Presse

 

Je ne reçus jamais d’explication de Fogiel, mais j’imagine que Villepin s’était opposé à cette diffusion en intervenant directement auprès de Marc Tessier, à l’époque président de France Télévisions. Néanmoins, en partie grâce aux interviews diffusées sur RTL et TF1, et qui firent beaucoup de bruit, le président centrafricain Bozizé fut obligé de laisser Aristide repartir lorsqu’un avion affrété par les amis démocrates du président (et où se trouvaient notamment Maxine Waters et Randall Robinson) se rendit, quelques jours plus tard, à Bangui. Au grand dam des Américains et des Français, Aristide put repartir en Jamaïque et y retrouver ses deux filles. Je devais apprendre plus tard qu’il avait été prévu que le président (…) trouve la mort dans sa prison de Bangui. Il m’est impossible d’affirmer que Villepin était impliqué dans la préparation de cet assassinat, mais, dans la mesure où j’ai pu avoir la confirmation et la preuve irréfutable qu’il était bel et bien programmé, j’imagine qu’il n’était pas difficile au ministre des Affaires étrangères d’être au moins informé de ce qui allait se passer.

Plusieurs semaines plus tard, je reçus un appel téléphonique de Jamaïque. C’était Aristide. Il me dit qu’un « grand oiseau » viendrait le prendre le soir même et qu’il allait retourner dans le pays originel sous la protection de l’homme que j’avais rencontré pour le bicentenaire. Cela voulait dire que Thabo Mbeki lui envoyait un avion à destination de Prétoria. A la faveur de ces évènements, Aristide et moi nous liâmes d’amitié. Depuis six ans, il vit à Prétoria, sous la protection des Etats africains et de la Caricom (c'est-à-dire de tous les états nègres de la planète, ceux qu'on ne désigne jamais comme faisant partie de la « communauté internationale ») avec, comme seul revenu, le salaire qui lui est versé pour les cours qu’il donne à l’université d’Afrique du sud. Je n'ai pu m'offrir qu'une fois le voyage pour aller le voir. J'en ai profité pour l'interviewer. Il ne s’est jamais écoulé un mois sans que nous nous téléphonions. Notre dernier entretien, c’était il y a trois jours. Aristide a tout enduré, ne s'est jamais plaint, n'a jamais plié. Une fois le président Aristide renversé, Villepin et Bush, violant impunément la constitution du pays, mirent en place une nouvelle dictature sous l’égide d’un Américain, Gérard Latortue, une crapule nommée par les anciens pays esclavagistes « Premier ministre de transition ». La première mesure de Latortue fut d’annuler la demande faite à la France de restitution des 21 milliards de dollars extorqués à partir de 1825.

Deux ans plus tard, les partisans d’Aristide élisaient René Préval à la présidence, dans l’espoir qu’il permette à Aristide de rentrer dans son pays. Le jour de cette élection, j’étais dans le bureau du ministre français du tourisme, Léon Bertrand. Il fut très étonné que je lui donne le nom nu président qui allait être élu, car ce n’était pas le candidat de la France. Aujourd’hui, Léon Bertrand, ami intime de Chirac (l'homme qui ne se « commet » pas avec n'importe qui) est en prison pour corruption. Ainsi va le monde. René Préval, depuis quatre ans, n’a pas pu, n’a pas voulu ou n’a pas osé faire rentrer son ex-ami. Les Haïtiens n’ont jamais cessé de manifester pour le retour de leur président, honteusement enlevé par les Américains et la France.

(Suite et…fin, demain)

 

Texte – www.claude-ribbe.com



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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 01:02

Haïti Trocadéro 16 01 2010 g

Manifestants haïtiens. Paris. 16 janvier 2010.

 

L’avion resta cinq heures stationné à Antigua. On refusa aux passagers de dire où ils se trouvaient ni ce qu’on allait faire d’eux. L’avion re-décolla et traversa l’Atlantique. Dominique de Villepin avait négocié avec Bongo pour que ce dernier serve d’intermédiaire auprès de François Bozizé, lequel venait de faire, avec l’aide de la France, un coup d’Etat en Centrafrique. Les Américains avaient reçu l’assurance qu’Aristide serait mis en détention dans une « prison militaire française». Cette prison militaire française était en fait le palais du « président » Bozizé, effectivement contrôlé par un important détachement français. L’« ami » qui m’avait fait rencontrer Mme Rossillon était aussi (le monde étant petit) un ami de Bozizé. Apprenant par la presse l’arrivée d’Aristide en Centrafrique, je suppliai cet « ami » de me mettre en contact avec le dictateur de Bangui. Je n’obtins qu’un numéro de télécopie qui me permit de faxer une lettre pour que Bozizé m’autorise à joindre Aristide. Après plusieurs jours d’efforts, je parvins à parler au lieutenant François, qui était le geôlier du président et finis par le convaincre de m’autoriser à lui parler. Aristide ne me dit que ces mots : « C’est le fort de Joux numéro 2 ! » C’était assez clair, puisque le fort de Joux était le lieu où les Français, après l’avoir enlevé, avaient mis en détention et exécuté Toussaint Louverture (officiellement mort de froid et de tristesse). Cette formule était un appel au secours. Je lui demandai s’il pouvait parler aux journalistes. Cela lui était impossible. Je donnai au président un rendez-vous téléphonique à 17 heures. Je me trouvais cette fois dans les studios de la radio RTL, dont il convient de saluer l’indépendance, et cette conversation fut enregistrée. Le président Aristide déclarait avoir été enlevé avec la complicité de Dominique de Villepin, de sa sœur, Véronique de Villepin-Albanel, de Régis Debray et de l’ambassadeur Thierry Burlkard. La conversation que j’avais eue avec le président Aristide fut diffusée le lendemain matin, sans aucune censure, au journal de sept heures. Le soir, je récidivais, mais sur TF1 cette fois, grâce à l’amicale complicité de Patrick Poivre d’Arvor, que je dois lui aussi remercier pour son courage, puisqu'il réussit, non sans mal, on peut l'imaginer, à imposer le sujet au journal de 20 heures. Une troisième rencontre fut organisée par mon entremise, chez Marc-Olivier Fogiel cette fois. Fogiel avait tenu à faire lui-même l’interview. Elle serait diffusée sur le plateau de France 3 en ma présence. Je fis confirmer ces dispositions par écrit. J’établis le contact et Fogiel fit son interview. Ses collaborateurs avaient préparé des questions du genre : « M. Aristide, vous êtes un dictateur, un trafiquant de drogue et un assassin, et vous avez pris la fuite pour échapper à la fureur du peuple que vous avez trahi, n’est-ce pas ? » Aristide répondit à Fogiel d’une manière si convaincante et avec un tel calme qu’il devenait évident qu’il avait été calomnié et enlevé. L’interview du président Aristide et ma présence étaient annoncées dans toute la presse pour l’émission en direct du dimanche soir. On avait prévu un taxi pour que je m’y rende. Une heure avant le rendez-vous fixé, le journaliste qui avait monté le sujet m’appela pour me dire que la diffusion et l'entretien exclusif avec le président, de même que ma présence sur le plateau, étaient « déprogrammés ». C'était un stagiaire qui avait encore des illusions. Il était écoeuré par ce qu'il appelait lui-même une censure, ayant travaillé tout le week-end.

(À suivre)

PS : www.claude-ribbe.com

Par claude ribbe Ma Solange Oussou www.legrigriinternational.com - Publié dans : Dom-Tom, Caraïbes & Amériques - Communauté : Afrique panafricaine
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 08:21

Claude Ribbe devant le Châtelet1 couv-Robinson-Haiti-Presse

 

Je quittai Port-au-Prince quelques jours après la cérémonie, non sans être allé saluer le président. Burkard, Villepin frère et soeur, Debray et tous les autres continuèrent leur travail de sape, en liaison constante avec les Américains. De prétendus rebelles, commandés par un assassin notoire, entrèrent dans le pays pour faire diversion dans le Nord. Une délégation fut envoyée à Paris par le président pour rencontrer Villepin et demander l’aide de la France contre ces mercenaires afin de sauver la démocratie haïtienne. Elle était composée du ministre des Affaires étrangères, de la ministre de la Culture et du directeur de cabinet du président Aristide. J’eus l’occasion de les voir tous trois avant leur rencontre avec Villepin, qui eut lieu dans l’après-midi du vendredi 27 février 2004. Villepin les reçut entre deux portes et leur fit comprendre que le sort du président Aristide était scellé. Il avoua en avoir eu confirmation de son homologue Colin Powell en personne. « Il vaudrait mieux qu’il démissionne. C’est toujours mieux que d’être obligé de monter dans un hélicoptère, la nuit, au fond d’un jardin. » (…) Villepin était donc parfaitement informé, au moins dès le 27 février, de l’enlèvement, en fait activement préparé par la France et les USA depuis plusieurs mois. Trois témoins peuvent l’attester. Dans la nuit du 28 au 29 février 2004, après une dernière réunion entre l’ambassadeur des USA, Foley, et son homologue français, Burkard, des troupes américaines (et probablement françaises aussi) pénétrèrent secrètement en Haïti. Au milieu de la nuit, Luis Moreno, chef de la CIA à Port-au-Prince, se présenta au domicile privé du président avec une vingtaine d’hommes des forces spéciales. Plusieurs dizaines de soldats, équipés d’armes à visée laser et de systèmes de vision de nuit, investirent la propriété. Les Américains obligèrent le président Aristide et sa femme à monter dans une voiture qui se dirigea vers l’aéroport. Ils n’avaient pas le choix, leurs deux filles se trouvant chez leurs grands-parents, aux USA, et servant d’otages. Un grand avion blanc attendait sur le tarmac. Il ne portait aucune marque d’immatriculation, sauf un drapeau américain peint sur la queue. Moreno obligea le couple à monter. L’avion décolla immédiatement pour se poser à Antigua. Aristide restait très digne. Sa femme pleurait en silence. Ils n’avaient pas de vêtements pour se changer et se doutaient que leur maison était déjà livrée au pillage. Peut-être allaient-ils mourir sans revoir leurs enfants. (À suivre)

Texte – www.claude-ribbe.com

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